BORDEAUX : second round of mayoral elections
Crédits : UGO AMEZ/SIPA

Municipales : les enjeux détaillés, parti par parti

Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.
François Vignal

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Dernière ligne droite, avant les municipales des 15 et 22 mars. Ce scrutin local se retrouve être en quelque sorte le négatif des scrutins nationaux. Les LR et le PS, affaiblis nationalement, bénéficient encore d’un fort ancrage local. A eux deux, ils détiennent la majorité des villes moyennes et des grandes villes, dirigées aussi par Les Ecologistes. Mais après la vague verte de 2020, les écolos pourraient reculer. Quant au RN et LFI, c’est l’inverse : fort voire dominant au plan national, ce sont souvent des nains politiques localement, du fait d’un faible ancrage territorial, tout comme Renaissance, dont les ambitions sont très mesurées. On fait le point, parti par parti.

  • Les LR visent la stabilité et rêvent de gagner Paris

Pour les LR, les municipales restent plutôt une valeur sûre. Si la présidentielle est devenue synonyme d’échec, les LR ont encore de beaux restes, avec un solide ancrage territorial. Leur implantation reste forte dans les petites villes et villes moyennes. Dans les grandes villes, où la gauche a pris le dessus, grâce à l’évolution de la sociologie, c’est plus compliqué. Mais au soir de sa victoire qui l’a mené à la tête des LR, Bruno Retailleau n’en espérait pas moins « faire se lever en France une vague bleue » aux municipales.

Avec cette forte implantation, LR a en réalité plus à perdre qu’à gagner. C’est pourquoi le président de la commission nationale d’investiture (CNI), le sénateur LR Roger Karoutchi, qui fait preuve d’une certaine prudence, ne parle pas de vague bleue aujourd’hui. « Quand vous êtes à la tête de pratiquement 60 % des communes de plus de 30.000 habitants, la marge de progression est forcément faible. On ne présente pas de liste contre Horizons ou Renaissance, ou très peu (avec qui le parti a multiplié les accords locaux, ndlr). La marge de progression est sur la gauche », explique le sénateur LR des Hauts-de-Seine. C’est pourquoi Roger Karoutchi vise une stabilité, avec quelques gains : « Pour le moment, le souhait réel, c’est évidemment de préserver les communes qu’on a et, éventuellement, d’en gagner quelques-unes ».

Le parti dispose de chiffres pour les communes de plus de 30.000 habitants, sur lesquelles la CNI a tranché. Pour les plus petites, de 10.000 à 30.000 personnes, ce sont les fédérations départementales qui s’en chargent. « Sur les 500 communes de plus 30.000 habitants, nous en avons pratiquement 140 conduites par un LR. Et sur les listes conduites par un UDI, Horizons ou divers droite auxquelles nous participons, il y a pratiquement 430 listes, en comptant celles menées par un LR », détaille Roger Karoutchi. Sur ce total, « nous avons à peu près 260 maires sortants, qui sont soit LR, soit divers droite proches de LR », précise le sénateur président de la CNI.

A Toulouse, détenu par Jean-Luc Moudenc, ex-LR qui reste soutenu par le parti, « il y a un petit risque » de perdre la ville, reconnaît le sénateur. Pour conserver la ville, les LR devront mobiliser, entre une gauche qui menace et la présence du RN. Risques aussi à Nîmes, plus grosse ville détenue actuellement par le parti de droite.

Côté gains, les LR ont « quelques espoirs » à Besançon, ville détenue par les écologistes, ainsi qu’à Nantes, dirigé par la socialiste Johanna Rolland, qui serait une plus grosse prise et une heureuse surprise pour les LR.

Mais le gros coup pour les LR, ce serait évidemment Paris, ainsi que Lyon. « Le souhait absolu, c’est la victoire à Paris, avec Rachida Dati. D’un coup, vous avez une ville de 2 millions d’habitants. Par définition, ce sera forcément plus visible, politiquement plus remarqué », souligne le responsable LR. Il ajoute :

 Si nous gagnons Paris, et si avec nos alliés, nous gagnons Lyon avec Jean-Michel Aulas, ça écrase le match. Dans ce cas, si on gagne Paris et Lyon, on pourra reparler de vague bleue. 

Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, président de la CNI des LR.

Reste que les municipales auront aussi valeur de test pour LR, sur leur capacité à résister à la pression du RN, avec des digues face à l’extrême droite qui cèdent, ici ou là, à l’image de Bourg-en-Bresse. « Dans cette commune, où nous n’avions pas de liste, on a un cas avec un avocat Reconquête, très connu localement, qui fait une liste où des LR sont allés », minimise Roger Karoutchi. Mais le président de la CNI assure qu’il n’y a « quasiment pas » de LR qui font de liste commune avec des candidats d’extrême droite. Et si la situation arrive, le parti n’en donne pas son imprimatur.

  • Horizons tente de garder ses grandes villes… et son candidat à la présidentielle, Edouard Philippe

Pour l’autoproclamé « parti des maires », les élections municipales sont forcément un enjeu majeur. Mais chez Horizons, le scrutin des 15 et 22 mars ne s’annonce pas forcément évident. Créé en 2021 par l’ancien premier ministre, Edouard Philippe, Horizons a su attirer 3400 élus locaux revendiqués, dont près de 600 maires. Au Sénat, il dispose en conséquence d’un petit groupe, Les Indépendants (à majorité Horizons), présidé par Claude Malhuret.

A l’image du président du parti, nombre de ces élus sont en réalité des transfuges des LR, qui lui permettent d’afficher quatre villes de plus de 100.000 habitants. Outre Le Havre, détenu par Edouard Philippe depuis 2010, le parti dirige Angers, avec Christophe Bechu, Reims, avec Arnaud Robinet et Nice, avec Christian Estrosi.

Mais pour le parti de celui qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle, les municipales font figure de crash test. Car le parti pourrait y perdre ses plumes, comme à Nice, où Eric Ciotti, soutenu par le RN, pourrait l’emporter, voire plus, si Edouard Philippe échoue au Havre. Là, c’en serait fini des ambitions élyséennes de l’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron.

Or un sondage Opinion Way, commandé par « Hexagone », structure financée par le milliardaire d’extrême droite, Pierre-Edouard Sterin, le donne au coude-à-coude avec le candidat communiste au premier tour et même perdant, au second. Mais attention : les scores se situent dans la marge d’erreur et pour les municipales, plus la commune est petite, plus les sondeurs se retrouvent confrontés à des difficultés pour réaliser une bonne photographie de l’état des rapports de force (lire notre article sur le sujet).

L’autre enjeu de taille pour Horizons, c’est Paris. Pierre-Yves Bournazel, responsable des élections du mouvement, est candidat, soutenu par Renaissance. Avec la candidature de Rachida Dati (LR), la droite et le centre droit se retrouvent divisés. Selon les sondages, il semble distancé par le duo de tête, mais il pourrait être en capacité de se maintenir. Au soir du premier tour, la pression sera énorme pour fusionner avec la liste de l’ancienne ministre de la Culture, ce qui serait le plus cohérent politiquement. Mais logique et politique ne font pas toujours bon ménage… Jusqu’ici, Pierre-Yves Bournazel affirme qu’il ne rejoindra « ni Grégoire, ni Dati ».

  • Pour Renaissance, qui « part de loin », les municipales restent un scrutin difficile

Les noms changent, mais les élections municipales semblent se suivre et se ressembler pour Renaissance. En 2020, le parti, qui s’appelait encore La République En Marche, n’avait remporté aucune victoire dans les grandes villes. Après cette débâcle, le parti a révisé sa stratégie pour ce scrutin. Si Gabriel Attal, à la tête du parti, a communiqué très en amont, un an avant, c’était pour afficher une ambition très mesurée, revendiquant son « humilité ». « L’enracinement local, ça prend du temps », insistait celui qui vise aujourd’hui 2027.

Toutes communes confondues, Renaissance revendique 300 maires et 2500 conseillers municipaux. Dans cette élection, Renaissance « part de très loin », reconnaissait en juin dernier Franck Riester, secrétaire général délégué, chargé des élections. Gabriel Attal se montre d’ailleurs aujourd’hui très discret dans la campagne.

Plutôt que partir seul et aller au casse-pipe, Renaissance a désigné peu de têtes de liste et a plutôt misé sur les alliances locales, que le parti a multiplié. Naturellement avec Horizons et le Modem, mais aussi avec les LR, avec qui, nationalement, les choses sont pourtant devenues parfois très tendues. Si l’ambition était à l’origine de « rassembler large », des « LR » jusqu’à certains « PS », ces alliances sont pour l’essentiel nouées du côté droit de l’échiquier politique. Le « en même temps » a vécu, ou presque. Cette présence, certes diluée, sur des listes d’union, permettra cependant à Renaissance de faire élire des conseillers municipaux et de renforcer son ancrage local.

A Bordeaux, l’ancien ministre et député Thomas Cazenave, fort d’une liste d’union (Renaissance, Horizons, Parti Radical, LR) retente sa chance face au maire écologiste, Pierre Hurmic. Mais il doit faire face à la liste de l’économiste Philippe Dessertine. A Lille, la députée Violette Spillebout est elle aussi à nouveau candidate, mais avec ici une liste LR, les chances de victoire de la députée semblent très minces, dans cette ville ancrée à gauche.

  • Pour le PS, parti bien implanté localement, l’enjeu majeur de conserver Paris

Comme pour les LR, les municipales restent pour le PS un scrutin favorable. Lui aussi peut miser sur une prime aux sortants. Si le Parti socialiste n’est plus ce qu’il a été au plan national, localement, les socialistes détiennent de nombreuses grandes villes, notamment aux côtés de leurs alliés écologistes. Preuve de l’importance du scrutin pour le PS : le parti présente environ « 2000 candidats, têtes de liste, aux élections municipales », avait indiqué fin janvier Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste. Le numéro 2 du PS revendiquait ainsi être « la force politique qui va présenter le plus de candidats pour être maire dans toutes les villes du pays ».

Le PS va bien évidemment tenter de conserver Paris. Le candidat PS, Emmanuel Gregoire, fort de l’union de toute la gauche hors LFI, dès le premier tour, avec Les Ecologistes et le PCF, espère conserver la ville, après le règne d’Anne Hidalgo, qui ne se représente pas. Mais rien n’est acquis, alors que les opposants multiplient les critiques contre la gestion de la gauche. Rachida Dati, candidate LR, se maintient dans les sondages et la candidate LFI, Sofia Chikirou, rêve de faire mordre la poussière aux socialistes. Elle pourrait être en capacité de se maintenir au second tour. Perdre Paris serait une déflagration à gauche et un mauvais signal, à un an de la présidentielle.

La situation s’annonce également compliquée à Marseille, où Benoît Payan, le maire sortant ex-PS, mais soutenu par les socialistes, doit faire face au candidat RN, le député Franck Allisio. Les deux sont au coude-à-coude au premier tour.

Parmi les espoirs de conquête pour le PS, figurent Saint-Etienne, après les déboires judiciaires de l’ex-maire LR Gaël Perdriau, Limoges ou Amiens. A Toulouse, la ville est gagnable par la gauche, mais surtout en cas d’alliance avec LFI, au second tour. Or on touche ici aux débats intenses qui ont marqué la campagne sur le sujet.

Au plan national, le PS a coupé les ponts avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, dénonçant ses propos antisémites lors d’un meeting. Mais fin janvier, avant la dernière polémique, Pierre Jouvet avait affirmé qu’il y aurait « peut-être » des accords de second tour avec LFI « dans certains endroits ». Interrogé la semaine dernière sur notre antenne, le responsable du PS ne fermait pas la porte à une alliance à Toulouse entre les listes de François Briançon (PS) et celles de François Piquemal (LFI), mais il y apportait une condition : que ce dernier « se désolidarise des propos de Jean-Luc Mélenchon ». L’eurodéputé appelait aussi « les militants et les élus insoumis qui sont abasourdis par les propos de leur leader politique à se désolidariser et à en tirer les conséquences ». Demander à des militants Insoumis de lâcher Jean-Luc Mélenchon, bon courage…

  • Pour Les Ecologistes, après la vague verte de 2020, contenir le reflux qui s’annonce

Les écologistes jouent gros pour ces élections municipales. Après la vague verte de 2020, le parti de Marine Tondelier risque de faire face à reflux, plus ou moins prononcé. EELV, renommé depuis Les Ecologistes, avait enregistré plusieurs victoires historiques dans des grandes villes emblématiques, lors du précédent scrutin, à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, ou encore Grenoble qui avait été conservé.

Les écolos avaient alors profité d’un climat favorable aux enjeux climatiques, après une série de manifestations sur le thème du climat et du réchauffement, sujets qui avaient pris une place certaine dans l’agenda médiatique. Sans oublier le bon score aux européennes de 2019, avec les 13,48 % de la liste de Yannick Jadot. Depuis, le « backlash » écolo est passé par là, entre pression d’un contre discours des partis politiques de droite et d’extrême droite et l’activisme des lobbys industriels. Au plan européen, les coups de boutoir sur le Pacte vert en sont la traduction. Et l’écologie a quasi disparu des enjeux, en dépit des effets du réchauffement, entre canicules et inondations.

Dans ce contexte, Gregory Doucet, maire de Lyon, devrait se retrouver en difficulté pour conserver son siège, face à l’ancien patron de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas. A Bordeaux, Pierre Hurmic tentera de conserver ce qui est à l’origine un fief historique de la droite, face à la candidature de l’ex-ministre macroniste, Thomas Cazenave, qui a fait l’union du centre droit et de la droite (il est le candidat Renaissance/LR/Parti radical/Horizons/UDI). A Strasbourg, c’est avec la gauche que la maire écolo sortante, Jeanne Barseghian, doit batailler. Elle est sérieusement concurrencée par la socialiste Catherine Trautmann, en tête des sondages.

  • LFI, qui tient tête au reste de la gauche, veut renforcer son ancrage local

La France Insoumise, fort de son leader Jean-Luc Mélenchon, pèse lors des scrutins nationaux au point d’être devenu la première force politique à gauche. Mais localement, c’est un nain politique. Tout l’enjeu de ces municipales, pour LFI, sera de réussir un ancrage local, qui lui manque cruellement. C’est pourquoi le parti n’a, en toute logique, actuellement aucun sénateur, qui sont essentiellement, à 95 %, élus par les conseillers municipaux.

Avec plus de 500 listes présentées pour ce scrutin – cinq fois plus qu’en 2020 – le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère ainsi contrecarrer cette faiblesse territoriale et développer son maillage d’élus locaux, brique indispensable pour tout parti politique.

Sauf exception, LFI joue solo pour ces municipales. Alors que PS, écologistes et communistes font alliance dans de nombreuses villes – mais pas partout – LFI fait directement face au reste de la gauche dans de nombreuses villes, y compris les grandes villes détenues par le PS ou les écologistes. Une stratégie de concurrence à gauche assumée, à l’image de Sofia Chikirou, à Paris, qui ne cesse d’attaquer le candidat PS, Emmanuel Gregoire. Le parti compte notamment sur ses députés pour mener ses listes.

Si gagner risque d’être difficile, à l’exception de Roubaix, avec le député LFI David Guiraud, qui peut espérer l’emporter, le parti mise aussi sur les municipales pour tenter d’arracher quelques sièges à la Haute assemblée. « C’est important parce que beaucoup de choses se jouent aujourd’hui au Sénat. Dans ce moment de crise de la Ve République, cette assemblée concentre des pouvoirs », soulignait en novembre le député Paul Vannier, le Monsieur élections de LFI. Mais là aussi, sans union à gauche, faire des sièges lors des sénatoriales de septembre prochain risque d’être compliqué.

A noter cependant que LFI fait liste commune avec le PS, dans une soixantaine de communes. Autre signe d’ouverture, à l’approche du scrutin : le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a appelé dimanche à « un front antifasciste » et à des « fusions techniques » des listes de gauche au second tour des élections municipales, s’il s’avère nécessaire d’empêcher la victoire de candidats de la droite et du RN.

Pour LFI, les municipales peuvent aussi avoir valeur de test, en vue de la présidentielle. Si elle permet de mobiliser la base électorale, la stratégie radicale de Jean-Luc Mélenchon, qui cherche à cliver sur tous les sujets, peut aussi avoir ses limites et se retourner contre lui. Mais comme pour toutes municipales, il sera difficile de tirer des enseignements définitifs pour un scrutin national, de ce qui reste un scrutin avant tout local.

  • Le RN, un colosse aux pieds d’argile qui veut renforcer son implantation locale

Un colosse aux pieds d’argile. Au plus haut au niveau national, le Rassemblement national reste très peu implanté au niveau local. Pour preuve, sa présence quasi anecdotique au Sénat, dont la composition est la conséquence directe du poids de chaque formation dans les communes. Le parti d’extrême droite n’a aujourd’hui que trois sénateurs. C’est pourquoi les municipales constituent d’abord pour le parti de Jordan Bardella un enjeu d’implantation. Et le cru 2026 du scrutin pourrait se traduire, de ce point de vue, comme un succès pour le RN. Le parti caresse même l’espoir de constituer à la Haute assemblée un groupe, après les sénatoriales de septembre 2026, en atteignant la barre fatidique des dix sénateurs.

Au total, le parti présente 601 listes avec l’étiquette RN aux municipales. Le président du mouvement, Jordan Bardella, affichait en janvier une ambition de « plusieurs dizaines de communes » à remporter, le 22 mars prochain. Si les victoires sont en rendez-vous, le scrutin municipal peut aussi jouer le rôle de marche pied pour le parti d’extrême droite en 2027. S’il est déjà au plus haut dans les sondages, les municipales pourront entretenir voire amplifier la dynamique du RN.

La principale ville que vise le parti est Toulon, dans le Var, et ses près de 180.000 habitants, avec la députée RN Laure Lavalette, une proche de Marine Le Pen. Le RN mise aussi sur Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, avec le député de la circonscription, le jeune Bryan Masson ou encore Menton. Dans la ville que brigue Louis Sarkozy, le fils de l’ancien chef de l’Etat, le RN envoie là encore la députée locale, avec Alexandra Masson.

Mais le RN espère aussi prendre Marseille, avec le député Franck Allisio. La bascule de la deuxième ville de France à l’extrême droite serait une déflagration, surtout à un an de la présidentielle. Dans les sondages, au premier tour, Franck Allisio est donné au coude-à-coude avec le maire de gauche, Benoît Payan. Tout dépendra du maintien au pas de Martine Vassal (LR) et de Sébastien Delogu (LFI).

Le RN espère évidemment conserver ses fiefs d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Beaucaire (Gard), garder Perpignan (Pyrénées-Orientales), remporter par Louis Alliot en 2020. A Fréjus (Var), où le maire sortant et ancien sénateur, David Rachline, se représente, il faudra voir l’impact de ses ennuis judiciaires. L’ancien directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, en 2017, a été relaxé dans un dossier de prise illégale d’intérêts, mais il sera jugé en septembre pour favoritisme dans une autre affaire.

A noter qu’à Paris, le candidat Thierry Mariani se voit sérieusement concurrencé par Sarah Knafo, candidate Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, qui avait déjà fait de l’ombre au RN à la présidentielle 2022.

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