Dans une soixantaine de communes, le Parti socialiste et La France insoumise ont fait le choix de s’allier dès le premier tous des municipales, en dépit des tensions croissantes entre Jean-Luc Mélenchon et le reste des formations de gauche. Alors que cette élection pourrait voir un nombre record de listes qualifiées au second tour, en raison de la forte fragmentation politique, la question d’une fusion des candidatures LFI et PS pour faire barrage à la poussée de l’extrême droite reste en suspens, en l’absence de consignes claires de la part des états-majors.
« Je ne tire pas un trait d’égalité entre les situations à Limoges, Toulouse, Roubaix d’une part, et l’autre Paris ou même la Seine-Saint-Denis où il y a de l’agressivité, du harcèlement numérique, et des provocations permanentes, a commenté au micro de Bonjour chez vous, la matinale de Public Sénat, Stéphane Troussel, le porte-parole du Parti socialiste. Il cible notamment le comportement de Sophia Chikirou, candidate LFI à Paris, récemment épinglée pour ses sorties sur les ex-insoumises Clémentine Autain et Raquel Garrido.
« Jean-Luc Mélenchon veut régner sur un champ de ruine »
« Je distingue les provocations, les dérapages, les invectives, les outrances de Jean-Luc Mélenchon et d’un certain nombre d’insoumis qui mènent la gauche à l’impasse, de la base militante et de leurs électeurs qui veulent le rassemblement de la gauche », explique encore Stéphane Troussel. Les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon sur le pédocriminel américain Jeffrey Epstein ou encore l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, lors de différents rassemblements publics ces derniers jours, lui valent aujourd’hui des accusations d’antisémitisme. Par ailleurs, cette nouvelle polémique s’inscrit dans la foulée de l’agression mortelle du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, dans laquelle plusieurs membres de la Jeune Garde, un groupe antifasciste proche de LFI, seraient impliqués. Une situation qui nourrit de vives condamnations au sein de la classe politique, y compris à gauche.
« La stratégie et les invectives répétées de Jean-Luc Mélenchon n’ont qu’un seul objectif : se rendre infréquentable pour empêcher le rassemblement de la gauche permettant de battre la droite et l’extrême droite. Il veut régner sur un champ de ruines pour être seul face au chaos », accuse encore Stéphane Troussel. Celui qui préside également le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis appelle désormais « les électeurs insoumis qui veulent l’union de la gauche à sanctionner cette stratégie de la division permanente ».
Pour 2027, « une grande primaire » de la gauche
Alors que les municipales devraient permettre aux formations politiques de tester leur poids dans les territoires avant l’échéance présidentielle, Stéphane Troussel appelle à une candidature de rassemblement à gauche pour 2027. « Je ne veux pas d’une petite primaire entre chefs de partis, mais une grande primaire qui permette de rassembler largement la société civile », martèle-t-il. « Il faut un mouvement puissant et dynamique », enjoint l’élu. Fin janvier, le Parti socialiste, les écologistes, plusieurs dissidents « insoumis » et François Ruffin se sont entendus sur la mise en œuvre d’un « primaire de la gauche unitaire », prévue le 11 octobre 2026. Pour l’heure, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, n’ont pas prévu d’y participer, quand bien même ils restent les mieux placés à gauche dans les enquêtes d’opinions.