Municipales : les sénateurs LR dénoncent le « comportement de flibustier et de pirate » du gouvernement
Alors que Gérard Larcher s’apprête à lancer le « chantier de la reconstruction » de la droite et du centre, chez les sénateurs LR on refuse de céder à la fatalité. À neuf mois des municipales, ils veulent croire « à la démarche de proximité » du président de la chambre haute.  

Municipales : les sénateurs LR dénoncent le « comportement de flibustier et de pirate » du gouvernement

Alors que Gérard Larcher s’apprête à lancer le « chantier de la reconstruction » de la droite et du centre, chez les sénateurs LR on refuse de céder à la fatalité. À neuf mois des municipales, ils veulent croire « à la démarche de proximité » du président de la chambre haute.  
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« Ça va beaucoup mieux que la semaine dernière » souffle un sénateur LR à la sortie de la réunion de groupe où des applaudissements ont fusé à plusieurs reprises dans la matinée. La démission de Laurent Wauquiez, dimanche, en a visiblement soulagé plus d’un. Surtout, l’initiative de Gérard Larcher qui souhaite désormais rassembler la droite et le centre, redonne un peu de baume au cœur, aux élus LR de la Haute Assemblée, chambre des territoires. « Gérard Larcher a été extrêmement confiant et il a dit qu’il faisait une différence entre l’avenir des Républicains et cet appel au rassemblement de tous les responsables des territoires. Ça peut être le début de ce qu’il a appelé une alliance qui pourrait aller au-delà de notre famille politique (…) c’est aussi la possibilité de donner un socle de propositions à nos élus locaux qui vont partir en campagne » rapporte Laure Darcos, sénatrice de l’Essonne.

En effet, la semaine dernière, Gérard Larcher expliquait vouloir « reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre », et qui sera « l'émanation de la diversité et de la richesse de nos territoires, de nos élus et de nos mouvements politiques ». Ce sera l’objet de la réunion intitulée « chantier de la reconstruction » organisée en fin d’après-midi dans un hôtel parisien. Ont répondu à son appel les présidents des groupes parlementaires LR Christian Jacob (Assemblée) et Bruno Retailleau (Sénat) ainsi que des groupes centristes Philippe Vigier (Libertés et Territoires, Assemblée) et Hervé Marseille (Union centriste, Sénat), les patrons des trois grandes associations d'élus François Baroin (maires, LR), Dominique Bussereau (départements, ex-LR) et Hervé Morin (régions, Centristes) ainsi que les présidents de régions de la droite et du centre comme Laurent Wauquiez ou Valérie Pécresse. Le président du groupe UDI-Agir-Indépendants Jean-Christophe Lagarde n'a, lui, pas donné suite à l'invitation, tout comme Xavier Bertrand. Le président de la région Hauts-de-France rencontrera néanmoins Gérard Larcher au Sénat demain.

« Tous ceux qui sont issus du gaullisme et qui sont par nature des résistants »

Quant au fiasco des élections européennes, il faut les « déconnecter », d’après Philippe Mouiller sénateur des Deux-Sèvres, des élections municipales qui arrivent dans neuf mois. « Dès lors qu’on revient sur une démarche de proximité, Il y a l’importance des maires sortants qui ont un bilan (…) et on voit bien ce qui ressort des messages qu’on a eu depuis plusieurs mois, notamment avec la crise des gilets jaunes, c’est plus de proximité avec les élus locaux » veut croire l’élu des Deux-Sèvres. « Paradoxalement, le moral est bon (…) Nous sommes dans une situation difficile, c’est incontestable. Mais faut-il renoncer pour autant ? Surement pas. Nous avons des choses à dire, des idées à défendre et une utilité démocratique forte dans l’organisation politique de notre pays (…) Tous ceux qui sont issus du gaullisme et qui sont par nature des résistants ne peuvent renoncer un seul instant » complète, François-Noël Buffet, vice-président de la commission des Lois.

« Je suis fier d’appartenir à un groupe où on se respecte, où on peut dire les choses malgré nos diversités et nos différences » s’est félicité le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau.

« Les menaces avec le pistolet sur la tempe » de LREM

Il n’empêche, les appels du pied, de plusieurs cadres de La République en Marche et du gouvernement, à destination des maires LR, en agacent plus d’un au palais du Luxembourg. « On a tous eu une réaction un extrêmement vive aux propos de Gilles Boyer (eurodéputé LREM) qui nous a traité d’ennemis (d’Emmanuel Macron NDLR) ou à ceux de Stanislas Guerini qui a dit qu’il allait punir les maires qui auraient voté pour notre liste. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique, les menaces avec le pistolet sur la tempe… » tance Laure Darcos. Dans le Figaro, le délégué général d’En Marche a précisément déclaré au sujet des maires LR qui souhaiteraient rejoindre LREM en vue des municipales : « Ceux qui ont soutenu pendant les Européennes de façon très active une liste qui portait une ligne d’une droite dure se sont mis hors-jeu ». Le ministre chargé des Collectivités Territoriales, Sébastien Lecornu a enjoint les maires LR « à faire preuve de clarté ». « Et la plus grande preuve de clarté, pour ces maires de droite, c’est de quitter LR » a-t-il déclaré dans le JDD ce week-end.

« La manière utilisée par le gouvernement pour débaucher (des maires LR) est proprement scandaleuse, politiquement inadmissible. C’est un comportement de flibustier, de pirate » surenchérit François-Noël Buffet.

François Noel Buffet dénonce le « comportement de flibustier et de pirate » du gouvernement
00:37

Le futur patron de LR ne devra pas penser à la présidentielle de 2022

En ce qui concerne la succession de Laurent Wauquiez à la tête de LR, aucune solution ne fait pour le moment l’unanimité. Jean Leonetti, président par intérim des Républicains (LR), a indiqué vouloir organiser une élection du nouveau président du parti en septembre-octobre. À l’instar de l’ex-président de l’UMP, Jean-François Copé, la secrétaire générale de LR, Annie Genevard plaide, elle, pour une direction collégiale jusqu’aux municipales. Quant aux sénateurs LR ? « Ce qui est ressorti, c’est qu’il fallait trouver une personne consensuelle, qui ne pense pas à la présidentielle de 2022, de façon à réconcilier tout le monde. » explique Laure Darcos plutôt « sceptique » quant à l’existence d’un tel profil.

 

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