Les Républicains ont tranché mercredi sur l'épineux cas de Marseille en choisissant Martine Vassal pour les élections municipales, plutôt que son rival Bruno Gilles qui a immédiatement fait savoir qu'il continuerait sa campagne.
La Commission nationale d'investiture (CNI) a apporté son soutien à Mme Vassal, 57 ans, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône, par 27 voix contre 11 à M. Gilles, 58 ans, sénateur et président de l'influente fédération des Bouches-du-Rhône des Républicains, a-t-on appris auprès du parti.
Dans un communiqué M. Gilles a immédiatement fait part de sa "déception", voire d'"un crève-cœur": "Je poursuivrai ma campagne" pour être "ce maire à plein temps que la population réclame", a-t-il ajouté, en regrettant que "le poids du système" l'ait emporté.
Mme Vassal, adoubée par le maire sortant Jean-Claude Gaudin, resté un quart de siècle aux manettes de la cité phocéenne, était soutenue par quelque 90 élus locaux et donnée devant son rival dans les sondages. Elle avait déjà reçu dans la matinée le soutien du mouvement Libres! de Valérie Pécresse.
"Je ne me résous pas à ce que (Bruno Gilles) porte une candidature dissidente de celle de notre famille politique et (je) l'appelle à me rejoindre pour associer nos forces et nos idées au service des Marseillaises et des Marseillais", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié mercredi soir.
"J'ai toujours fait preuve d'ouverture et appelle au rassemblement pour faire réussir Marseille. L'avenir de Marseille exige la mobilisation de tous, dans l'union, seule garante du succès pour donner un nouvel élan à notre ville", a insisté Mme Vassal.
Le sénateur et président de la fédération des Bouches-du-Rhône des Républicains Bruno Gillesà Marseille le 27 septembre 2019
AFP/Archives
"C'est une décision de sagesse qui s'imposait", a commenté Jean-Claude Gaudin qui a appelé Bruno Gilles "à respecter la décision de (sa) famille politique". "Je ne doute pas que la raison et la sagesse l'emporteront, une fois passée sa légitime déception".
"Bruno, s'il le souhaite, sera notre tête de liste pour les Bouches-du-Rhône" pour les sénatoriales de 2020, avait proposé M. Gaudin mardi, dans les colonnes du Figaro, en réaffirmant son soutien à Mme Vassal: "Avec elle, nous pouvons récupérer les électeurs de M. Macron", avait-il plaidé.
Le président LR Christian Jacob avait reçu courant novembre les deux prétendants, tous deux membres de la majorité municipale depuis plus de 15 ans, pour tenter de dénouer leur rivalité risquée dans ce bastion de la droite depuis 1995.
Les négociations butaient sur le partage des investitures de la métropole et de la ville, M. Gilles défendant cette idée de "maire à plein temps" tandis que Mme Vassal refusait de dissocier les deux présidences au nom de l'imbrication des compétences.
Pour les municipales des 15 et 22 mars, plusieurs candidats font déjà campagne pour succéder à Jean-Claude Gaudin, 80 ans, qui ne se représentera pas après quatre mandats: Sébastien Barles pour EELV, le sénateur RN Stéphane Ravier et le patron de l'UDE Christophe Madrolle.
Les discussions n'ont pas encore abouti pour une éventuelle candidature commune associant à gauche le PS, LFI et des représentants de collectifs citoyens. Du côté de LREM, aucun candidat n'a encore été désigné mais le député En Marche de Marseille Saïd Ahamada assure qu'il briguera la mairie.
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