L'irruption d'Agnès Buzyn à la tête de la liste macroniste chamboule la campagne des élections municipales à Paris, où aucun candidat n'a pris...
Municipales: nouvelle donne à Paris pour une campagne express
L'irruption d'Agnès Buzyn à la tête de la liste macroniste chamboule la campagne des élections municipales à Paris, où aucun candidat n'a pris...
Par Dominique CHABROL
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L'irruption d'Agnès Buzyn à la tête de la liste macroniste chamboule la campagne des élections municipales à Paris, où aucun candidat n'a pris le dessus à moins de quatre semaines du 1er tour.
Exit Benjamin Griveaux ! La chute de l'ex-candidat La République en Marche après un scandale sexuel ouvre la voie à une campagne express, avec les trois listes en tête des intentions de vote désormais conduites par des femmes: la maire sortante Anne Hidalgo (PS), Rachida Dati (LR) en hausse, et Agnès Buzyn pour LREM.
Huit candidats sont désormais en lice après le ralliement jeudi de l'ancien communicant de François Hollande, Gaspard Gantzer, à Mme Buzyn, et tout le monde scrute les sondages.
- Nouvelle candidate, nouvelle campagne. A peine intronisée, la candidate LREM s'est débarrassée des promesses-phare de l'ère Griveaux, le déplacement de la gare de l'Est pour créer un "Central park" parisien et l'apport de 100.000 euros pour permettre l'achat d'un appartement. Pour sa première expérience électorale, l'ex-ministre de la Santé veut convaincre les Parisiens avec des projets ancrés dans le quotidien pour décoller des quelque 16% d'intentions de vote dont était crédité son prédécesseur. "Son enjeu est de repasser devant Rachida Dati et de s'imposer comme l'opposante numéro 1 à Anne Hidalgo. Elle doit recréer une dynamique qui s'était enrayée", analyse Bernard Sananès, président de l'institut Elabe.
Déambulation d'Agnès Buzyn dans les rues du 5ème arrondissement de Paris, le 18 février 2020
AFP
- La candidature Griveaux en perte de vitesse convenait à Anne Hidalgo et son équipe raille aujourd'hui l'inexpérience d'Agnès Buzyn. La maire socialiste multiplie les propositions et martèle son engagement écologique: 100% des rues cyclables d'ici 2024, un milliard d'euros par an pour la propreté, rénovation de 30.000 logements sociaux... Avec 23% d'intentions de vote au 1er tour dans les sondages parus depuis l'annonce de la candidature Buzyn, elle bénéficie de la prime au sortant. Mais son bilan est très contesté et 37% seulement des Parisiens souhaitent sa réélection.
Rachida Dati (G) et Anne Hidalgo le 6 octobre 2014 à Paris
AFP/Archives
- Rare surprise de la campagne avant l'explosion du candidat macroniste, la tenace Rachida Dati a redonné confiance à la droite, battue depuis 2001 à Paris. En hausse dans les sondages, elle devancerait même Anne Hidalgo avec 25% d'intentions de vote, selon une enquête Odoxa parue mercredi. Déterminée, "agressive" selon certains dans son propre camp, l'ancienne Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy axe sa campagne sur la propreté et la sécurité. Avec une difficulté: la candidate LR devra faire face à une forte concurrence à droite dans plusieurs arrondissements et risque de manquer de réserves de voix pour le second tour.
- David Belliard (EELV) entend quant à lui capitaliser sur la prise de conscience de l'urgence écologique qui pousse les candidats à verdir leurs programmes. Crédité de 13% à 14%, il veut être "en tête au premier tour" avant toute discussion avec Anne Hidalgo, Cédric Villani, voire la candidate LREM, en vue du second tour. "Si les jeunes votent beaucoup, les écolos seront haut", avertit Bernard Sananès. Mais les municipales sont justement le scrutin où ils votent le moins, contrairement aux classes relativement âgées qui se déplacent massivement.
Le candidat dissident LREM aux élections municipales de Paris, et mathématicien, Cédric Villani, à Paris le 6 septembre 2019
AFP/Archives
- Quid de la candidature Villani ? Le bras-de-fer du mathématicien avec LREM et l'exécutif a animé le début de la campagne. Changement de ton avec l'arrivée d'Agnès Buzyn. Un dialogue courtois a repris entre le candidat dissident, exclu de LREM, et la tête de liste macroniste pour préparer un éventuel rapprochement. Mais bien qu'en baisse continue, avec 7% à 10% d'intentions de vote, Cédric Villani s'accroche et prévient qu'il discute "avec les uns et les autres".
- Loin derrière le quinté de tête, Danielle Simonnet (LFI) et Serge Federbusch (soutenu par le RN) devront s'accrocher pour atteindre 5% des voix. Et la candidature du forain Marcel Campion est anecdotique.
Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.
La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.
Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.
La délégation aux droits des Femmes du Sénat a lancé fin novembre un cycle d’auditions sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes. Un mouvement dangereux pour la société, selon la présidente de la délégation, Dominique Vérien car « il prône une forme d’anti-féminisme ».