Municipales : « On a fait sans La France insoumise dans 95% des endroits de ce pays », assure Pierre Jouvet (PS)

La stratégie d’alliance du Parti socialiste avec La France insoumise dans certaines grandes villes dans l’entre-deux tours des municipales divise au sein des troupes d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire est lui-même critiqué par plusieurs figures de la formation de gauche, comme François Hollande ou Boris Vallaud. « On a fait sans La France insoumise dans 95% des endroits de ce pays », tempère de son côté l'eurodéputé et secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, sur Public Sénat.
Théodore Azouze

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Début de tempête au Parti socialiste. Les membres du bureau national de la formation de gauche doivent se réunir ce mardi 24 mars, deux jours après le second tour des élections municipales, dans un contexte interne tendu. En cause ? De nombreuses critiques de plusieurs figures du PS envers la stratégie du Premier secrétaire Olivier Faure dans l’entre-deux tours des municipales. Après avoir promis qu’aucun accord n’interviendrait au niveau national avec La France insoumise, accusant notamment Jean-Luc Mélenchon de « propos antisémites », certains candidats socialistes ont tout de même fait alliance dans quelques villes françaises avec cette formation politique.

« Que les alliances aient été faites ou non, elles n’ont pas amplifié un résultat »

Toulouse, Nantes, Limoges, Brest, Agen, Clermont-Ferrand… Le choix fut plus ou moins payant selon les communes. Pour Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, ces quelques accords locaux n’ont pas influencé outre mesure le résultat global des socialistes à l’issue du scrutin. « Il y a une mécanique infernale en politique : (…) quand vous n’êtes pas en tête au premier tour de l’élection, c’est extrêmement compliqué de gagner au deuxième », a-t-il développé ce mardi, invité dans la matinale de Public Sénat. « Que les alliances aient été faites ou non, elles n’ont pas, de mon point de vue, amplifié un résultat. » 

Une analyse loin d’être partagée par l’ensemble des ténors du parti à la rose. « Oui, les alliances avec La France insoumise n’ont pas fonctionné. Oui, La France insoumise nous a fait perdre », a lancé le chef de file des députés socialistes, Boris Vallaud, lundi sur RTL. Après les résultats, l’ex-président de la République François Hollande a pour sa part dénoncé « l’échec de la méthode de la direction du PS ». « L’union pour l’union n’est pas une ligne », a ainsi déploré son entourage, là aussi auprès de RTL. « Un ancien président de la République, qui, au lendemain d’une élection municipale, n’est pas en capacité de reconnaître objectivement le bilan de situation qui a été fait, (…) franchement, les gens s’en moquent, et moi aussi », réagit ce mardi Pierre Jouvet. 

Olivier Faure dans une position inconfortable

L’eurodéputé PS a aussi tenu à relativiser le poids de LFI dans les rapports de forces de la gauche au niveau local. « On a fait sans La France insoumise dans 95% des endroits de ce pays », justifie-t-il. « Il n’y a pas eu un front anti-socialiste au deuxième tour : on est en capacité de battre la droite et l’extrême-droite. » Le responsable se félicite d’avoir « rassemblé ce qu’on a appelé l’arc de [François] Ruffin à [Raphaël] Glucksmann » lors de ce scrutin municipal. « Ce que nous devons porter, c’est la capacité dans le projet commun de la gauche à transformer la vie des gens », a-t-il poursuivi. « Il est temps de remettre du fond dans le débat public. »

Prévu dans la soirée, le bureau national du PS s’annonce animé. « Au-delà des postures de plateaux de télévision, les socialistes, quand vous les prenez de manière individuelle, ne sont pas éloignés les uns des autres », assure cependant Pierre Jouvet. Lundi, sur RMC/BFMTV, Olivier Faure, dans une position inconfortable, a tenté de justifier sa logique vis-à-vis des quelques alliances avec LFI. Le Premier secrétaire a évoqué des « maires qui, en conscience, ont fait des choix » qu’il a « compris ». Tout en critiquant dans le même temps Jean-Luc Mélenchon, qualifié de « boulet ». Selon lui, le chef de file insoumis « ferait perdre de manière absolue » la gauche à la prochaine élection présidentielle.

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