La campagne officielle pour les élections municipales 2026 s’est ouverte ce lundi 2 mars. Désormais, le recours à la propagande électorale et les temps de parole des candidats sont encadrés par des règles strictes jusqu’aux scrutins des dimanches 15 et 22 mars. L’occasion, pour cette ultime étape, de faire le point sur les derniers sondages dans plusieurs grandes villes : Paris, Marseille, Nantes, Nice et Lyon.
Paris, un scénario favorable à Emmanuel Grégoire
Le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, ancien adjoint d’Anne Hidalgo, continue de faire la course en tête avec 34 % des intentions de vote au premier tour, dans un sondage OpinionWay-Hexagone pour Le Journal du Dimanche, publié ce lundi 2 mars. Sur la deuxième marche du podium, la candidate LR Rachida Dati, avec 27 % des voix. La désormais ex-ministre de la Culture pâtit vraisemblablement de l’éparpillement des voix à droite, avec deux autres candidatures : celle de Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Horizons et Renaissance, crédité de 12 % des intentions de vote, et celle de la zemmouriste Sarah Knafo, également à 12 %. Sur la cinquième marche du podium : la candidate insoumise Sophia Chikirou, à 11 %. Le Rassemblement national Thierry Mariani ferme la marche, à seulement 4 % des intentions de vote dans cette enquête.
Dans la mesure où les candidats ayant récolté au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour des municipales sont autorisés à se présenter au second tour, cette configuration laisse présager d’une éventuelle quinquangulaire à Paris, configuration inédite dans la capitale. Sans retrait de Pierre-Yves Bournazel et de Sarah Knafo au second tour, il apparaît difficile pour Rachida Dati, à ce stade, de pouvoir rattraper son retard sur Emmanuel Grégoire.
Marseille, la majorité sortante et le Rassemblement national au coude à coude
À Marseille, le maire PS sortant Benoît Payan (PS) est talonné par le candidat du RN Franck Allisio, les deux étant respectivement crédités de 35 et 32 % des intentions de vote au premier tour. Le duo de tête creuse largement l’écart avec la candidate LR Martine Vassal, qui plafonne à 18 %, selon une enquête Ifop-Fiducial pour La Provence, LCI et Sud Radio, publiée dimanche. La présidente de la métropole d’Aix-Marseille-Provence a suscité une vive polémique lors d’un débat organisé par La Provence et BFM TV le 19 février, en se revendiquant des « valeurs » de la devise pétainiste « Travail, famille, patrie ».
Plus largement, les difficultés de la droite à inquiéter les deux candidats en tête signent la bascule des équilibres politiques dans la cité phocéenne, qui a longtemps été un bastion de droite. Avec 13 % des intentions de vote, le LFI Sébastien Delogu a quant à lui toutes les chances de se qualifier au second tour, ouvrant la voie à une quadrangulaire.
Nantes sur le point de basculer à droite ?
Faut-il s’attendre à un coup de tonnerre dans la capitale des Pays de la Loire ? Un sondage Odoxa publié par Le Point ce lundi, et réalisé pour le compte du candidat LR Foulques Chombart de Lauwe, annonce ce dernier sur le fil avec la maire PS sortante Johanna Rolland. Le conseiller d’opposition, également soutenu par les partis du bloc présidentiel, glanerait 34 % des voix au premier tour, juste derrière les 35 % de l’édile, candidate à un troisième mandat. De quoi esquisser le scénario d’un changement de majorité à Nantes, pourtant aux mains des socialistes depuis 1989.
À moins que la liste LFI de William Aucant, crédité de 12,5 % des intentions de vote, ne rallie la socialiste au second tour. Sur la quatrième marche du podium, le RN Jean-Claude Hulot, ancien conseiller de Marine Le Pen, à 7,5 %.
À Nice, la très large avance d’Éric Ciotti
À Nice, les nuages s’amoncellent sur l’avenir du maire sortant Christian Estrosi, sur fond de batailles de sondages. Plusieurs enquêtes publiées ces derniers jours créditent d’une large avance son adversaire Éric Ciotti, le patron de l’UDR. Publié samedi, un sondage OpinionWay fait état d’un écart de 18 points entre les deux frères ennemis au premier tour : 45 % pour Éric Ciotti contre 27 % pour Christian Estrosi, en poste depuis 2008, et pourtant soutenu par Renaissance, Horizons et Les Républicains.
Un sondage Ifop commandé par le camp Estrosi, et publié par France 3, est moins sévère pour l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy : à 32 %, mais toujours derrière Éric Ciotti, crédité de 38 % des intentions de vote. Suivent les deux candidates de gauche : Juliette Chesnel-Le Roux (Les Écologistes-PS-PCF) à 12 %, et Mireille Damiano (LFI) à 11 %. Une fois de plus, c’est le scénario d’une quadrangulaire qui se dessine pour le second tour.
Lyon : Jean-Michel Aulas écrase la concurrence
Dans la capitale des Gaules, le candidat de centre-droit Jean-Michel Aulas conserve une confortable avance sur le maire sortant écologiste Grégory Doucet : 47 % d’intentions de vote au premier tour pour l’ancien président de l’Olympique lyonnais, contre 30 % pour l’édile, qui opère néanmoins une remontée de cinq points dans ce dernier sondage OpinionWay pour LyonMag et Radio Espace.
Loin derrière : le candidat RN Alexandre Dupalais, à 9 %, à égalité avec la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi.