Au soir du premier tour des municipales, le Parti socialiste arrive en tête dans de nombreuses villes. Mais beaucoup reste à faire. En prenant la parole, peu avant 21 heures, le premier secrétaire du PS n’a pas hésité à faire la liste des grandes villes où le PS sort premier, histoire de rappeler le poids local du PS, qui reste bien implanté.
« Faire face à la convergence brutale de l’extrême droite et une part croissante de la droite »
« A Paris, Marseille, Toulouse, Nantes, Rennes, Rouen, Montpellier, Nancy, Lille, Villeurbanne, Le Mans, Saint-Etienne, Amiens, Avignon, Blois, Dijon, Saint-Denis et tant d’autres, nous sommes en tête et en mesure de l’emporter au second tour », se félicite Olivier Faure, qui salue aussi « la victoire des 350 maires socialistes qui ont été réélus, de Saint-Denis de La Réunion à Lens ». Mais avant de se réjouir, le PS devra attendre le second tour.
Conformément à la ligne mise en avant depuis quelques semaines, le numéro 1 du PS entend placer son parti comme le rempart face au RN. « Ce soir, l’extrême droite continue de progresser très fortement, et instille son poison jusqu’au cœur d’une droite de moins en moins républicaine. Le macronisme n’existe plus comme force national. Seul le rassemblement de la gauche démocratique et des écologistes a désormais la capacité de faire face à la convergence brutale de l’extrême droite et une part croissante de la droite », dénonce Olivier Faure.
« La marche de l’extrême droite vers l’Elysée n’a rien d’inéluctable. Seule la résignation est fatale », lance encore le député de Seine-et-Marne. Celui qui pourrait caresser quelques espoirs pour la présidentielle ajoute :
Mais avec des listes LFI en capacité de se maintenir dans plusieurs villes, voire qui réaliste de très hauts scores surprises, le PS n’a pas de quoi voir toute la vie en rose, ce soir. A Lille, la liste LFI de Lahouaria Addouche talonne le maire PS Arnaud Deslandes, arrivé de peu en tête – la liste écolo de Stéphane Baly et ses 16,5 % détenant la clef du second tour – ou Toulouse, où le candidat LFI, François Piquemal (28,3 %), devance même largement le candidat PS François Briançon (24,1 %). Si bien que rien n’est encore fait dans certaines grandes villes. Dans la lignée de la stratégie arrêtée par la direction LFI, à Lyon, la candidate insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi (10,9 %), propose une « fusion technique » avec le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, où les socialistes sont dans la majorité. Ils auront à se prononcer.
« Jean-Luc Mélenchon n’a pas la capacité de mener la gauche vers la victoire et de barrer la route à l’extrême droite »
Semblant ne pas voir certains bons scores insoumis, et alors que la campagne a été marquée par les tensions avec LFI et son leader, le premier secrétaire du PS soutient qu’« à gauche, la stratégie de conflictualisation de Jean-Luc Mélenchon a montré ses limites. Il n’a pas la capacité de mener la gauche vers la victoire et de barrer la route à l’extrême droite ».
« En conséquence, au premier comme au second tour, il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI », soutient Olivier Faure, comme l’a fixé le bureau national durant la campagne. « Je demande aux socialistes de rassembler dans la clarté et de veiller au respect de nos principes et de nos valeurs », ajoute le numéro 1 du PS, qui n’évoque pas la possibilité d’accord, au cas par cas, entre listes PS et LFI. Fin janvier, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un proche d’Olivier Faure, avait affirmé qu’il y aurait « peut-être » des accords de second tour avec LFI « dans certains endroits ». Mais après que le PS a dénoncé des propos « antisémites » de Jean-Luc Mélenchon, ce cadre socialiste avait apporté une condition à d’éventuels accords locaux avec LFI : que les militants insoumis « se désolidarisent des propos de Jean-Luc Mélenchon ». Si des listes désirent fusionner, elles ont jusqu’à mardi, 18 heures, pour déposer la nouvelle liste en préfecture. Les 48 prochaines heures risquent d’être tendues.