Édouard Philippe a prédit vendredi "une élection difficile", tant "humainement" que "politiquement" dans un contexte social tendu, mais affirmé qu'"on n'abdique pas l'honneur d'être une cible", lors du lancement de sa campagne municipale au Havre.
"Je sais que l'élection qui se présente sera une élection difficile", a déclaré le Premier ministre devant plusieurs centaines de ses soutiens massés dans une petite salle de la cité normande.
Le scrutin du 15 et 22 mars sera "humainement difficile au sens où je dois faire la part entre le candidat que je suis au Havre et le Premier ministre que je suis tout le temps", a-t-il poursuivi.
"Et politiquement difficile car certains voudront faire de cette élection un test national. Certains essayeront peut-être de tendre le débat, voire de l'empêcher", a-t-il fait valoir, alors qu'à l'extérieur retentissaient des bruits de détonations et sirènes provenant de quelques centaines de manifestants.
"Mais tout bien pesé j'ai décidé d'y aller", a martelé M. Philippe.
Edouard Philippe, maire du Havre de 2010 jusqu'à son accession à Matignon en 2017, a officialisé vendredi matin sa candidature comme tête de liste dans son port d'attache, "la seule ville où je peux envisager de me présenter au suffrage universel".
"C'est un choix à la fois longuement mûri et évident", a-t-il plaidé.
Pour l'expliquer, M. Philippe a souligné que "quand on a un bilan, la moindre des choses c'est d'être au rendez-vous des engagements qu'on a pris".
Jean-Baptiste Gastinne, actuel maire du Havre, le 4 janvier 2015 à Rouen
AFP/Archives
Et puis, "on n'abdique pas l'honneur d'être une cible", a-t-il insisté, paraphrasant le Cyrano d'Edmond Rostand. "Personne n'aurait compris que je ne sois pas celui qui conduit la liste, assume le bilan et présente le projet", a-t-il observé.
S'il était élu, M. Philippe a répété qu'il cèderait le fauteuil au maire sortant (LR) Jean-Baptiste Gastinne, le temps de son bail à Matignon.
"Ma seule ambition politique, c'est d'être maire du Havre quand cette mission s'achèvera", a-t-il souligné. "J'ai connu des Premiers ministre qui ont eu d'autres ambitions politiques, pas moi", a-t-il encore promis, écartant ainsi de nouveau toute velléité de se présenter à l'élection présidentielle de 2022.
Concernant son programme, qu'il détaillera dans les prochaines semaines, il sera "fait pour beaucoup de continuité, de cohérence, mais aussi d'ambition". Sa liste sera marquée du sceau du "rassemblement, de l'ouverture et du renouvellement": "les appartenances partisanes me sont assez largement indifférentes", a glissé M. Philippe, élu en 2014 sous l'étiquette UMP (désormais LR), un parti qu'il avait "contribué à fonder" et qu'il a désormais quitté.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».