Nadine Morano : « Moi je ne suis pas atteinte de macronite aiguë »
Nadine Morano était ce matin l’invitée de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. La députée européenne affirme avoir fait le « choix de la clarté », contrairement à d’autres qui « se mettent en dehors de (leur) famille politique » en se disant prêts à participer au gouvernement Macron.

Nadine Morano : « Moi je ne suis pas atteinte de macronite aiguë »

Nadine Morano était ce matin l’invitée de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. La députée européenne affirme avoir fait le « choix de la clarté », contrairement à d’autres qui « se mettent en dehors de (leur) famille politique » en se disant prêts à participer au gouvernement Macron.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Je constate qu’il sait où il habite, je suis contente de l’avoir vu hier car effectivement il s’est souvenu de notre adresse », lance Nadine Morano au sujet de Xavier Bertrand, présent hier au bureau politique des Républicains. Le président du Conseil régional des Hauts-de-France a été pressenti comme un éventuel Premier ministre. Mais la députée européenne assure que cela n’est « pas la réalité ».

Bruno Le Maire, lui, bénéficie moins de son indulgence : « Il devrait se souvenir de ce qu’il a dit au mois de février ». Le député  avait en effet martelé au micro d’Europe 1 qu’Emmanuel Macron était « un homme sans projet ni conviction ». Pourtant, le soir de l’élection, il s’est dit prêt à « travailler dans une majorité de gouvernement ».

Nadine Morano ne prône pas ouvertement l’exclusion pour les Républicains En Marche vers le Président élu puisqu’elle estime qu’ « ils se mettent de facto en dehors de (leur) famille politique ». « Je ne suis pas de nature à retourner ma veste (…) Moi j’ai fait le choix de la clarté », conclut celle qui assure ne pas être atteinte de « macronite aiguë ». Une clarté qu’elle assume également lorsqu’il s’agit de parler de son vote au second tour : « Moi j’ai voté pour Macron. C’était très difficile car je n’adhère pas à son projet, mais Le Pen et Macron, ce n’est pas la même chose. » Une pique non dissimulée en direction  Éric Ciotti, qui a confié avoir voté blanc.

« Je constate qu’il sait où il habite, je suis contente de l’avoir vu hier car effectivement il s’est souvenu de notre adresse », lance Nadine Morano au sujet de Xavier Bertrand
01:27

« Gagner la majorité absolue à l’Assemblée nationale »

La députée européenne tient à faire savoir que bien qu’il y ait « un président élu grâce à nous parce que nous avons dans notre famille politique appelée à faire battre Marine Le Pen », son parti se place bel et bien dans l’opposition : « Nous n’attendons rien en retour. M. Macron ne veut absolument pas tendre la main. Il parle de coalition, j’entends qu’il veut choisir un Premier ministre de droite mais jamais il ne souhaite apporter des modifications sur son projet. » Objectif affiché : « Combattre son projet et gagner la majorité absolue à l’Assemblée nationale aux législatives qui approchent. »

Pour remporter les élections de juin prochain, Nadine Morano confirme que le projet porté par François Fillon est modifié et ajoute au passage que le candidat « est en partie responsable de la défaite » des LR à la présidentielle. « Nous remettrons en place le quotient familial à hauteur de ce qu’il était en 2012 et nous rétablirons l’universalité des allocations familiales », précise-t-elle. De même qu’elle estime nécessaire de mettre fin aux « incertitudes sur la santé » du projet filloniste.

En Marche est « le masque du Parti socialiste »

Selon elle, le quinquennat Macron aboutira à une « explosion de désespérance », comme « à chaque fois que la gauche est au pouvoir » : « 5 ans de Jospin et vous avez Jean-Marie Le Pen au second tour, cinq ans de Hollande et Macron et vous avez Marine Le Pen. » Car pour Nadine Morano, le Président élu est « profondément de gauche »  et son parti En Marche « le masque du parti socialiste ».

Morano : En Marche est "le masque du Parti socialiste"
00:28

Un  « homme de gauche », mais aussi un « monarque de la République ». Elle s’amuse de son arrivée sur l’esplanade du Louvre, du « décor digne de Donald Cardwell » et de la « mise en scène parfaite ». « Macron a du talent, c’est quelqu’un d’intelligent. Il est un peu solaire », admet-elle avant d’ajouter qu’ « il ne faut pas trop s’approcher du soleil ».

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Nadine Morano : « Moi je ne suis pas atteinte de macronite aiguë »
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le