Narchomicides à Marseille : le garde des Sceaux Didier Migaud lance une inspection à la prison d’Aix-Luynes

Interrogé sur les deux assassinats survenus à Marseille sur fond de guerre des gangs, le ministre de la Justice a annoncé une enquête administrative sur les conditions de détention, puisque le commanditaire agissait depuis sa cellule. Didier Migaud a également donné rendez-vous à la fin de l’année pour les débats sur la proposition de loi sénatoriale de lutte contre le narcotrafic.
Guillaume Jacquot

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Les deux récents meurtres à Marseille causés par le narcotrafic continuent de faire réagir au Parlement. La première victime, un adolescent de 15 ans, « lardé de 50 coups de couteau » et « brûlé vif », avait été recruté par un homme de 23 ans, détenu du centre pénitentiaire de Luynes, près d’Aix-en-Provence. Ce même prisonnier avait recruté un garçon de 14 ans, pour venger la mort du premier adolescent. Le règlement de compte a fait une victime collatérale : un chauffeur VTC de 36 ans a perdu la vie dans cette vendetta.

« Nos prisons sont des passoires, c’est depuis leurs cellules que les narcotrafiquants dirigent leur business. Il est urgent d’agir », a imploré la sénatrice PS de Marseille Marie-Arlette Carlotti, au moment des questions au gouvernement ce 9 septembre. Le garde des Sceaux Didier Migaud a annoncé qu’il avait confié une enquête à « l’Inspection générale de la justice concernant le fonctionnement de ce centre pénitentiaire ». « Je souhaite savoir pourquoi tout cela s’est passé », a-t-il indiqué. Il a souligné que la « sécurisation des prisons » était une « priorité absolue » de son ministère.

La mission rappelle celle ordonnée par son prédécesseur Éric Dupond-Moretti, après l’évasion de Mohamed Amra au péage d’Incarville (Eure), au cours de laquelle deux agents pénitentiaires ont été abattus. Le ministère voulait faire la lumière sur ses conditions de détention. Ce même individu continuait à gérer ses affaires à adresser des ordres depuis sa cellule.

Didier Migaud a également annoncé son intention de se « rendre prochainement » dans la cité phocéenne, aux côtés du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. « Nous travaillons ensemble », a-t-il ajouté avec un sourire, alors que les dissensions entre le garde des Sceaux et son collègue de la place Beauvau ont marqué les débuts du gouvernement Barnier.

Interrogé sur le sort des propositions formulées par le Sénat à l’issue d’une commission d’enquête sur le narcotrafic, Didier Migaud a assuré que l’examen de ce texte déposé en juillet était « seulement reporté ». « Nous souhaitons, nous aussi, avancer sur ce sujet, et ce, dans les meilleurs délais. Je souhaite, comme vous, que nous puissions, avant la fin de l’année, débattre de cette proposition », a-t-il assuré, précisant que ce temps lui permettra d’ « expertiser » toutes les mesures prévues par le texte.

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