L’exfiltration d’Amine Kessaci d’un meeting politique, le véhicule de fonction de la maire d’Echirolles incendié, le déménagement en panique d’Orange sur fond d’insécurité à Marseille… Tous ces évènements récents sont reliés au narcotrafic qui sévit depuis plusieurs années en France. Le phénomène s’est hissé au rang de débat national, en témoigne la loi contre le narcotrafic votée en avril 2025.
Les narcotrafiquants oseront-ils s’immiscer jusque dans la politique ? « La crainte est bien réelle », rapporte le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, invité sur le plateau de Public Sénat ce mardi 10 février. Une crainte amplifiée à l’aube des élections municipales, les 15 et 22 mars prochains. A écouter, le patron de la Place Beauvau, la tentation de l’ingérence politique est probable « quand on voit l’emprise du narcotrafic sur certains territoires, la pression faite sur certains commerçants, le racket… ».
« Pas de faits concrets »
Laurent Nunez a déjà convoqué les préfets pour informer du risque potentiel. Potentiel car pour l’instant, « il n’y a pas de faits concrets ». « On est au stade de l’inquiétude », relativise-t-il, mais demeure préoccupé par la présence dans des listes municipales de « certains individus impliqués dans le trafic et dans l’islamisme politique ».
La lutte contre le narcotrafic jouirait « de bons résultats ». « Il y a 50 % de points de deals en moins qu’il y a cinq ans », se félicite le ministre de l’Intérieur. Il se réjouit « des nouvelles armes » acquises grâce à la loi contre le narcotrafic, cruciales « pour gagner des batailles ». « On ne perdra pas le combat », insiste un Laurent Nunez combatif. « On va être extrêmement vigilants ».
Sur la question de la minorité des narcotrafiquants, Laurent Nunez exclut toute excuse liée à l’âge : « Quand vous avez un mineur qui en agresse un autre avec un couteau, on l’interpelle ». Hier, il avait pourtant déclaré sur BFMTV « se questionner » sur l’excuse de minorité, un principe juridique énonçant qu’une peine de prison prononcée contre un mineur doit être inférieure ou égale à la moitié de celle que risque un majeur. Un débat qui fait référence à l’ouverture du procès de « Pépito » ce mardi, un adolescent de 14 ans soupçonné d’avoir abattu un chauffeur VTC à Marseille.