Paris: Weekly session of questions to the government at the french senate
Nathalie Delattre during the weekly session of questions to the government at the national senate. Paris-FRANCE-29/03/2023//01JACQUESWITT_senat082/Credit:Jacques Witt/SIPA/2303291759

Nathalie Delattre, ministre des relations avec le Parlement : « Elle a accepté une mission dont peu d’autres auraient voulue »

La sénatrice, seule figure du Parti radical à intégrer le gouvernement de Michel Barnier, devient ministre déléguée en charge des relations avec le Parlement. Un portefeuille extrêmement délicat, alors que plusieurs groupes menacent déjà l’exécutif de censure.
Rose-Amélie Bécel

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Dans un gouvernement à la légitimité fragile, la tâche qui attend Nathalie Delattre a tout de celle d’une équilibriste. La sénatrice de centre droit devient en effet ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement, mission qu’elle exercera directement sous la tutelle du Premier ministre Michel Barnier.

« Une élue de terrain, pragmatique, ouverte et constructive »

Avec une Assemblée nationale morcelée, Nathalie Delattre devra « mettre de l’huile dans les rouages » pour faire le lien entre le gouvernement et les deux chambres, observe la sénatrice Maryse Carrère. Mais pour la présidente du groupe RDSE, au sein duquel siège Nathalie Delattre, cette périlleuse mission « lui convient merveilleusement bien ».

« Cette capacité d’apaisement et d’équilibre, elle l’a déjà au sein du groupe RDSE, qui a la particularité de réunir des sénateurs de centre gauche et de centre droit. C’est une élue de terrain, pragmatique, ouverte et constructive, qui fait fi des querelles partisanes », salue Maryse Carrère.

En acceptant d’intégrer un gouvernement marqué par un virage à droite, la sénatrice de Gironde semble déjà montrer un certain sens du compromis. Elle est en effet la seule représentante du Parti radical, dont elle est par ailleurs la secrétaire générale, à figurer au sein de l’exécutif de Michel Barnier.

« À l’Assemblée, ça ne va pas être une partie de plaisir ! »

« Je pense qu’elle a accepté une mission dont peu d’autres auraient voulue », concède le sénateur Hervé Marseille. Selon un collègue du chef de file de l’Union centriste, le portefeuille ministériel aurait effectivement été « refusé par une dizaine de personnalités », avant que Nathalie Delattre accepte d’en prendre la charge.

Conseillère municipale de Bordeaux depuis plus de quinze ans, sénatrice de la Gironde depuis 2017, la nouvelle ministre déléguée « sera chez elle au Sénat » où elle connait bien « les hommes et les femmes en responsabilité », observe Hervé Marseille. « À l’Assemblée nationale, en revanche, ça ne va pas être une partie de plaisir ! Elle va devoir s’impliquer pleinement », note-t-il, plus réservé.

Une implication que Nathalie Delattre a immédiatement souhaité démontrer, au micro de France Bleu Gironde peu après sa nomination. « Je prends cette fonction avec humilité mais surtout beaucoup de disponibilité, d’ouverture d’esprit et de diplomatie, parce que je vais devoir trouver des majorités, texte après texte, jour après jour, avec les sénateurs et les députés, il va donc me falloir beaucoup de persuasion », a-t-elle confié.

De la persuasion, il va lui en falloir dès les prochains jours. À peine l’exécutif formé, des poids lourds des partis constituant le Nouveau Front populaire ont déjà appelé au vote d’une motion de censure, après la déclaration de politique générale de Michel Barnier prévue le 1er octobre.

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