NDDL abandonné : « Soulagement » des opposants, « manque de courage » selon les pro-aéroports

NDDL abandonné : « Soulagement » des opposants, « manque de courage » selon les pro-aéroports

« Le gouvernement rentre vraiment dans la modernité du XXIe siècle » en abandonnant l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, salue l’écologiste Ronan Dantec. « Grande victoire des zadistes » dénonce Bruno Retailleau. Une décision contraire « à l’intérêt général » selon Philippe Bas.
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Après 50 ans de tergiversations, il n’y aura finalement pas d’aéroport à Notre-Dame-de-Landes (NDDL). Edouard Philippe a annoncé ce mercredi la décision du gouvernement de renoncer à la construction de ce nouvel aéroport nantais : « Le projet de Notre-Dame-des-Landes sera abandonné ».

« Le gouvernement rentre vraiment dans la modernité du XXIe siècle »

Le sénateur écologiste de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, opposant de longue date de NDDL, a d’abord appris en direct sur le plateau de Public Sénat l’information, révélée par Ouest-France. « On est encore un peu dans l’émotion. (…) Je suis dans le soulagement » a salué Ronan Dantec. « Si le projet avait été confirmé, je ne vois pas comment Nicolas Hulot pouvait rester au gouvernement. (…) On va consommer des terres agricoles à tire-larigot et en termes d’effet de serre, ça émet plus. Mais ce n’est pas une victoire politicienne. C’est une victoire de l’intérêt général. Ça coûte 350 millions d’euros de moins pour le même service. (…) Dans ce dossier, le gouvernement rentre vraiment dans la modernité du XXIe siècle » lance le sénateur écologiste.

« On allait vers des drames humains et il fallait les éviter » ajoute Ronan Dantec, qui appelle maintenant à « revenir à l’état de droit », « mais il n’y a pas d’enjeux d’évacuation immédiate ». « Déloger par la force embraserait le pays, avec des affrontements, de la violence et peut-être des morts. Mais il ne faut pas que ce soit ça qui ait arrêté le gouvernement. C’est une logique de cohérence par rapport aux questions environnementales et de climat » ajoute Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan. Il souligne au passage que « les expulsions sont interdites sur le plan national jusqu’au 31 mars (date de la fin de la trêve hivernale, ndlr). Le gouvernement pourrait dire, jusqu’au 31 mars, c’est le statut quo ». Même affirmation hier à publicsenat.fr d’un ministre, en marge des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, selon qui il ne peut y avoir d’expulsion pendant la trêve hivernale.

Sans évoquer cette trêve, Edouard Philippe a affirmé que « les occupants illégaux devront partir d’eux-mêmes d’ici le printemps prochain ou en seront expulsés ». Les trois routes qui traversent le site devront en revanche être libérées et les squats qui débordent sur cette route être évacués.

Pour l’eurodéputé José Bové, « l’abandon du projet de NDDL signe la victoire du bon sens contre un choix du passé ». Il « salue la décision courageuse du Président Macron pour la planète et les territoires ruraux ».

Le président du groupe LREM du Sénat, François Patriat, salue une « victoire du bon sens », même si « à titre personnel, (il) étai(t) plutôt favorable à faire l’aéroport ». « J’ai entendu le premier ministre ce matin avancer des arguments d’apaisement et de perspective pour ce territoire. Et je les soutiens » ajoute François Patriat.

NNDL : François Patriat salue une « victoire du bon sens »
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« Trahison du grand ouest »

Les opposants ne cachent pas leur déception, évidemment. Selon le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau, ancien président de la région Loire-Atlantique, l’abandon de Notre-Dame-des-Landes est une « grande victoire des zadistes ».

La maire PS de Nantes parle de « trahison du grand ouest et (de) déni de démocratie ».

« Pour des considérations politiques, on renonce et c’est vraiment une perte d’opportunité pour le grand ouest » pointe Guillaume Chevrollier, sénateur LR de la Mayenne. Selon Philippe Bas, président LR de la commission des lois du Sénat, « c’est une décision qui dévoile un grand manque de courage politique. Il y a eu un référendum, des dizaines de procès gagnés. Il y a l’exigence de la desserte internationale de l’ouest français, (…) les dangers qu’on fait courir à la population de Nantes d’une zone trop proche de Nantes ». Pour le sénateur de la Manche, « c’est une décision qui n’est pas conforme à l’intérêt général et qui ne reflète pas un grand esprit de responsabilité ». Sur l’évacuation de la ZAD, il ajoute qu’« il n’y a plus besoin de mobiliser les forces de l’ordre pour évacuer une ZAD qui s’évacuerait d’elle-même. Il y une très grande incohérence entre l’image de fermeté qu’on veut donner en évacuant par la force la ZAD (…) et le renoncement à assumer les décisions de l’Etat ». Comme a dit Edouard Philippe en annonçant la nouvelle, « Notre-Dame-des-Landes, c’est l’aéroport de la division ».

Abandon de NNDL : Philippe Bas dénonce un « grand manque de courage politique »
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