NDDL: des heurts plus violents au deuxième jour des expulsions
Des heurts violents ont éclaté mardi matin entre les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et les forces de l'ordre qui ont entamé la...

NDDL: des heurts plus violents au deuxième jour des expulsions

Des heurts violents ont éclaté mardi matin entre les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et les forces de l'ordre qui ont entamé la...
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Par Antoine AGASSE, Anne-Sophie LASSERRE

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Des heurts violents ont éclaté mardi matin entre les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et les forces de l'ordre qui ont entamé la destruction de lieux de vie ou de projets agricoles parfois implantés de longue date sur le site.

Lundi, au premier jour de l'opération, "ils (les gendarmes, ndlr) ont détruit la bergerie des 100 noms. Aujourd'hui, ils sont en train d'attaquer d'autres lieux agricoles, ils attaquent tous les projets agricoles contrairement à ce qu'ils avaient dit", a déclaré lors d'un point presse Sarah, expulsée lundi du lieu-dit "Les 100 noms".

"Ils nous ont eus, on a cru dans le dialogue, dans l'apaisement et aujourd'hui ils nous répondent par la violence", a souligné Willem, éleveur laitier installé légalement depuis deux ans sur la ZAD.

"Si ce soir la préfecture ne retire pas ses troupes, c'est la mobilisation générale", a également annoncé l'agriculteur "historique" Julien Durand, porte-parole de la principale association d'opposants à l'ex-projet d'aéroport.

Au deuxième jour d'une opération massive destinée à déloger les occupants, près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport, six opposants ont été blessés par des projectiles, selon l'équipe médicale des zadistes, dont cinq aux jambes et un à la tête.

Côté forces de l'ordre, quatre gendarmes ont également été blessés par des projectiles, selon le ministère de l'Intérieur.

Les gendarmes chargent des manifestants avec des gaz lacrymogènes à Notre-Dame-des-Landes, le 10 avril 2018
Les gendarmes chargent des manifestants avec des gaz lacrymogènes à Notre-Dame-des-Landes, le 10 avril 2018
AFP

Les heurts ont commencé vers 07H30, un peu plus d'une heure après la reprise des opérations. Les gendarmes ont lancé plusieurs grenades assourdissantes et tiré des gaz lacrymogènes. "Cassez-vous, cassez-vous!", hurlaient à leur adresse les opposants qui ont riposté par des jets de projectiles, des cocktails Molotov et des tirs de fusées.

Les gendarmes ont riposté sur les lanceurs de cocktails Molotov, notamment avec cinq tirs de lanceurs de balle de défense, selon une source proche du dossier.

Un hélicoptère de la gendarmerie qui survolait la zone a été visé par des tirs de fusée qui ne l'ont pas atteint. A ce sujet, le parquet de Nantes a ouvert une enquête de flagrance du chef de "violences aggravées".

En milieu d'après-midi des affrontements continuaient encore près de la D28, aux Fosses noires, avec des tirs massifs de grenades lacrymogènes pour repousser les opposants aux expulsions, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'intervention pourrait "durer jusqu'à la fin de la semaine", a indiqué le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en évoquant une journée de mardi "forcément cruciale".

"L'opération de déconstruction se poursuit. A midi, dix squats ont été totalement déconstruits et cinq sont en cours de déconstruction", selon un porte-parole de Beauveau.

"Il est certain que c'est un sujet qui ne va pas être réglé en un ou deux jours", a confirmé le patron de la gendarmerie, le général Richard Lizurey.

Un manifestant au milieu des destructions du camp des zadistes à Notre-Dame-des-Landes, le 10 avril 2018
Un manifestant au milieu des destructions du camp des zadistes à Notre-Dame-des-Landes, le 10 avril 2018
AFP

"Nous procédons avec ordre et méthode, squats après squats, de manière à ce que le niveau de violence et le niveau des dégâts collatéraux soient les moins élevés possibles", a déclaré sur RTL le général.

Le ministre de l'Intérieur a rappelé avoir donné pour consigne aux forces de l'ordre "la plus grande retenue". "Nous ne voulons pas d'un Rémi Fraisse (un jeune tué par une grenade offensive lors d'affrontements à Sivens en 2014, ndlr)", a-t-il affirmé.

- "Tout détruire" -

"Plus ça va aller, plus ça va être compliqué", avait jugé la préfète des Pays de la Loire Nicole Klein à la fin de la première journée de l'intervention qui mobilise 2.500 gendarmes.

Cette opération répond à l'engagement pris par Édouard Philippe d'éradiquer cette "zone de non droit" le 17 janvier, lorsqu'il a mis fin au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

En début d'après-midi mardi, une quinzaine de tracteurs "vigilants" sont arrivés sur la zone pour encercler les Fosses noires, lieu emblématique de la ZAD où plusieurs projets agricoles se sont installés, dont des activités de boulanger et de brasseur déclarées à la MSA (la sécurité sociale agricole) comme paysans céréaliers.

"Ils (les gendarmes) continuent à vouloir tout détruire. Les tracteurs vigilants sont là pour protéger tous les lieux de vie", a déclaré à l'AFP Cyril Bouligand, membre de Copain 44, collectif d'organisations agricoles.

L'opération de grande ampleur lancée lundi matin prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels.

Les forces de l'ordre seront déployées "le temps de s'assurer que la phase de stabilisation soit bien entamée", que "la déconstruction ait lieu et que le déblaiement de cette zone soit mis en œuvre", a insisté le général Lizurey.

alh-asl-aag-pta/mcl/gvy/sd

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