Au troisième jour de l'opération d'expulsion de Notre-Dame-des-Landes, les tensions s'accroissent sur le terrain face à l'ampleur des destructions, amenant des opposants historiques à battre le rappel de leurs soutiens et laissant craindre un durcissement des affrontements.
Mardi, les heurts ont été plus violents que la veille. Dix gendarmes et un opposant ont été blessés, selon la préfète de la région Pays de la Loire Nicole Klein. Selon l'équipe médicale des zadistes, une trentaine d'opposants ont été blessés, dont deux blessés graves hospitalisés.
L'importance de l'opération a amené les opposants à appeler à la mobilisation. "Si ce soir (mardi), la préfecture ne retire pas ses troupes, c'est la mobilisation générale", a annoncé Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants à l'ex-projet d'aéroport.
En détruisant les lieux de vie installés autour de la D281, l'ex-route "des chicanes" qui traverse la Zad et où se cristallisaient les tensions depuis l'abandon du projet d'aéroport en janvier dernier, les gendarmes on détruit au passage des projets agricoles collectifs.
Notre-Dame-des-Landes
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D'où la colère de l'Acipa et un sentiment de trahison exprimé mardi par des zadistes comme Sarah, qui vivait au lieu-dit "Les 100 noms" dont la bergerie a été détruite lundi malgré des discussions ces dernières semaines avec les autorités: "On a joué le jeu (avec la préfecture) et on a été floué".
Après les "100 Noms", les gendarmes mobiles ont ciblé un potager collectif, situé lui aussi à plus d'une centaine de mètres de la route départementale 281.
Selon le bilan de la préfecture, 16 sites ont été évacués lundi et mardi. Sur ces 16, 15 ont été démolis, dont neuf mardi. L'objectif annoncé est "de 30 à 40" sites à démanteler, a indiqué mardi en fin de journée la préfète de région "On ira jusque-là, sauf s'il y a un changement d'objectif", a-t-elle indiqué.
- "Stratégie de tri" -
Les gendarmes chargent des manifestants avec des gaz lacrymogènes à Notre-Dame-des-Landes, le 10 avril 2018
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L'intervention pourrait "durer jusqu'à la fin de la semaine", selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qui a mobilisé près de 2.500 gendarmes pour cette opération.
Malgré les tensions liées à l'opération massive des deux derniers jours, mardi soir Mme Klein a assuré que "le dialogue n'est absolument pas interrompu. Il reprendra, je l'espère, aussi vite que ce sera possible".
Le Premier ministre Édouard Philippe a lui insisté mardi sur l'enjeu des terres agricoles: "Nous voulons récupérer les terrains pour que des projets agricoles puissent s'y développer, nous le faisons avec beaucoup de maîtrise dans l'emploi de la force mais aussi avec beaucoup de résolution, beaucoup de fermeté", a-t-il dit.
Le 17 janvier, lorsqu'il a mis fin au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il s'était engagé à éradiquer la "zone de non droit" que constituait la Zad.
Nicole Klein a cependant assuré qu'il n'y aurait "pas d'évacuation totale" de la Zad, précisant: "on ne touche pas au bâti". "On ne s'est occupé que des squats, qui étaient des planches".
Cette opération de grande ampleur prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels.
"L'intervention des forces de l'ordre avait été présentée comme ciblée, ne concernant que les personnes refusant toute tentative de légalisation de leur présence: la réalité démontre qu'il s'agit d'une attaque contre toutes ces alternatives locales, collectives et de défense d'une agriculture paysanne et durable", a dénoncé dans un communiqué, Europe Écologie les Verts (EELV).
"Le gouvernement, avec cette opération militaire, est dans une stratégie de tri, de chantage et de nettoyage de la zone que nous refusons", ont martelé les occupants de la Zad qui ont appelé à un pique-nique mercredi midi dans l'attente d'une mobilisation élargie.
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Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
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