« Ne dites pas que la police est raciste », échange tendu entre Darmanin et les écologistes au Sénat
Lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), Gérald Darmanin n’a pas aimé les propos du sénateur écologiste, Guy Benarroche sur les contrôles d’identité. De quoi alimenter un échange tendu entre les sénateurs du groupe et le ministre.

« Ne dites pas que la police est raciste », échange tendu entre Darmanin et les écologistes au Sénat

Lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), Gérald Darmanin n’a pas aimé les propos du sénateur écologiste, Guy Benarroche sur les contrôles d’identité. De quoi alimenter un échange tendu entre les sénateurs du groupe et le ministre.
Simon Barbarit

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Alors qu’on se dirigeait tranquillement vers la suspension de séance, les débats se sont subitement envenimés au Sénat où est examiné le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi). En cause ? Un amendement du groupe écologiste demandant « par souci de transparence et d’exemplarité » la publication par Beauvau des « statistiques relatives aux opérations de contrôle de la population, notamment par zone géographique et par classe d’âge ».

« Ces contrôles ne sont pas faits d’une manière cohérente entre les différentes couches sociales, raciales »

Avis défavorable du ministre et du rapporteur LR, Marc-Philippe Daubresse. « Des statistiques qui vont une fois de plus encombrer la lourdeur administrative alors que nous attendons que nos policiers soient au maximum sur le terrain », justifie-t-il. L’amendement n’a pas été adopté.

Le sénateur écologiste, Guy Benarroche ne s’en laisse pas conter et prend la parole pour une explication de vote. « Aujourd’hui, il n’y a aucun critère qui nous permette d’évaluer si ces contrôles d’identité sont faits de manière homogène et circonstanciée […] C’est une des raisons de la perte de confiance d’un grand nombre de citoyens. On pense que ces contrôles ne sont pas faits d’une manière cohérente entre les différentes couches sociales, raciales… etc. Disons-le ». Des mots qui lui ont valu des protestations dans les rangs de la droite et une admonestation du ministre.

« Les discours bien-pensants. Ça suffit ! »

« Je pense que vos propos ont dépassé votre pensée. Parce que ce que vous dites clairement, c’est qu’une partie de la police de la République est raciste […] Ces propos sont profondément blessants et insultants pour les policiers de la République. Vous ne devez pas en voir beaucoup pour imaginer qu’il n’y a qu’un type de policier dans la police nationale. C’est une insulte pour tous ceux qui sont issus eux-mêmes de l’immigration ».

Le ministre monte ensuite d’un ton. « Ne me faites pas le discours des quartiers populaires. J’en viens. J’ai dirigé une commune. Vous n’avez aucune leçon d’embourgeoisement à me donner et vous n’avez, me semble-t-il, pas l’expérience ni humaine et ni politique que j’ai pu avoir dans ma commune où je suis toujours élu. Les discours bien-pensants. Ça suffit ! […] Et c’est tout à fait conforme à ce que dit M. Mélenchon. Il y a bien une filiation dans ce domaine ».

Guillaume Gontard, le président du groupe écologiste a fini par prendre la défense de son collègue. « Ce que vous avez dit est profondément blessant aussi. Qu’est-ce qu’on demande ? C’est d’évaluer pour être dans l’apaisement. L’apaisement, ce n’est pas ce qui vous caractérise et c’est bien dommage ».

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