Paris : Gabriel ATTAL, reunion de travail avec les membres du Gouvernement
Eric Dupond-Moretti, Garde des Sceaux, ministre de la Justice quitte la reunion de travail avec les membres du Gouvernement a Matignon Paris, France 31/07/2024 Eric Dupond-Moretti, Keeper of the Seals, Minister of Justice leaves the working meeting with members of the Government at Matignon Paris, France 07/31/2024//04SIPA_sipa0033/Credit:DORIAN DELETTRE/SIPA/2408011121

Ne pas respecter la loi de programmation de la Justice serait « une trahison et un signal dévastateur » prévient Éric Dupond-Moretti

Emu, l’ex-garde des Sceaux a transmis le témoin à Didier Migaud, seul ministre issu de la gauche du nouveau gouvernement. Sur le perron de l’Hôtel de Bourvallais, Éric Dupond-Moretti a évoqué ses réussites et ses regrets. Son remplaçant souhaite renforcer la confiance des Français envers l’institution judiciaire.
Quentin Gérard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Didier Migaud a officiellement pris ses fonctions. Après la passation de pouvoir place Vendôme, la « caution de gauche » du gouvernement est devenue le nouveau ministre de la Justice. Éric Dupond-Moretti lui a souhaité tous ses « vœux » et « pleins de succès ».

Après quatre ans à la chancellerie, Éric Dupond-Moretti quitte cette fonction avec « beaucoup d’émotion » et « le cœur serré ». Lors de la passation de pouvoir, il a expliqué ne « jamais avoir eu d’ambition politique ». L’ancien avocat pénaliste n’était pas là « pour faire carrière ». Il avait « une vie avant et en aura une après ».

Éric Dupond-Moretti se réjouit « d’avoir donné des moyens inédits à la Justice »

L’ex-garde des Sceaux a d’abord évoqué ses fiertés. Il se réjouit « d’avoir donné des moyens inédits à la Justice ». Le budget du ministère était de 7,6 milliards d’euros en 2020, il avoisine maintenant les 10 milliards. Celui qui est cité pour la présidence du Conseil constitutionnel a demandé à son successeur de respecter la loi de programmation de la justice, qu’il a portée en octobre dernier. Sinon, ça serait sinon « une trahison et un signal dévastateur ». Il se dit fier d’avoir soutenu une soixantaine de textes. De la création de pôles spécialisés en passant par la possibilité de changer de nom de famille à la constitutionnalisation de l’IVG.

« Je souhaitais une mémoire allergique au regret, mais les choses ne sont pas ainsi faites », a poursuivi Éric Dupond-Moretti. Il est déçu ne pas avoir eu le temps de porter une loi sur le narco trafic. Selon les convenances, Didier Migaud le trouvera sur son bureau. L’ancien garde des Sceaux est attristé d’avoir été « trop souvent seul à défendre la justice », affirmant que certains ne la respectent pas en visant des « commentateurs » et « politiques ». Et de regretter « qu’une bonne partie de nos concitoyens pensent que la justice est laxiste ».

« Faire progresser la justice pour la rendre plus proche des citoyens »

« Qui aurait dit que nous nous retrouverions là, à nous passer le relais sur le perron de l’Hôtel de Bourvallais », ironise Didier Migaud faisait référence à la HATVP qu’il présidait et qui avait fait basculer le sort judiciaire de Dupond-Moretti devant la Cour de Justice de la République. L’ancien Premier président de la Cour des comptes dit comprendre l’émotion de l’ex-garde des Sceaux en quittant ce ministère. Il se dit fier de lui succéder et de succéder à de grands noms, citant Robert Schumann, François Mitterrand ou Robert Badinter.

Son principal défi sera de renforcer la confiance des citoyens envers la Justice. « La défiance dans nos institutions est un mal réel qui ronge le vivre ensemble et l’intérêt général », indique celui qui est deuxième sur l’ordre protocolaire. Il espère « faire progresser la justice pour la rendre plus proche des citoyens, plus juste et plus rapide ». A l’heure ou la situation des comptes publics est critique, la justice « n’est pas seulement une question de moyens. C’est une question de volonté et d’adhésion collective », déclare l’ancien député socialiste. Didier Migaud souhaite « clarifier la politique judiciaire. La rendre plus lisible, plus transparente même si je peux connaître vos réserves vis-à-vis de la transparence », glisse-t-il à Éric Dupond-Moretti. Et de conclure : « Au travail et aux actes ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le