« Ne pas voter la taxe sur les superprofits est une erreur politique », d’après Hervé Marseille (UC)
Invité de notre matinale, Hervé Marseille (UC) est revenu sur la taxe sur les superprofits, proposé par le groupe centriste au Sénat et refusé par la majorité. Le président du groupe compte sur les débats budgétaires de l’automne pour faire éviter « une erreur politique » à la majorité sénatoriale et au gouvernement.

« Ne pas voter la taxe sur les superprofits est une erreur politique », d’après Hervé Marseille (UC)

Invité de notre matinale, Hervé Marseille (UC) est revenu sur la taxe sur les superprofits, proposé par le groupe centriste au Sénat et refusé par la majorité. Le président du groupe compte sur les débats budgétaires de l’automne pour faire éviter « une erreur politique » à la majorité sénatoriale et au gouvernement.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors qu’Emmanuel Macron a temporisé en renvoyant le sujet au niveau européen, les débats autour de la taxe sur les superprofits continuent de faire leur chemin en France, notamment dans la perspective de l’examen du prochain budget à l’automne. Au Sénat, le groupe centriste, composante de la majorité sénatoriale, s’était déjà emparé du sujet à l’été lors de l’examen du budget rectificatif, avec le soutien de la gauche, mais sans arriver à convaincre les LR. Mais le président du groupe, Hervé Marseille, n’a pas encore renoncé, estimant que « de plus en plus de parlementaires se font à l’idée », et que les LR n’ont pas été convaincus « jusqu’à présent. » D’après lui c’est d’ailleurs « une erreur politique », notamment parce que « socialement, c’est compliqué de demander des efforts seulement à certains. »

« La fiscalité, c’est l’Etat »

Hervé Marseille n’en démord pas, taxer les superprofits, ce n’est que justice : « On ne peut pas aider les entreprises pendant la covid ou en 2008 comme l’a fait Nicolas Sarkozy avec les banques et, quand elles vont bien, dire qu’on va leur faire confiance, que ce sont des braves gens, et qu’ils vont sûrement augmenter les salaires et contribuer. » Finalement, c’est presque une question de philosophie politique : « La fiscalité c’est l’Etat, c’est à lui de dire comment payer l’impôt et qui le répartit et le Parlement vote. Ce n’est pas le ministre qui vient au Parlement pour dire qu’il va demander des efforts à la pompe. » Le groupe centriste reproposera d’ailleurs un dispositif lors de l’examen du budget et « ceux qui ne voteront pas, y compris le gouvernement, feront une erreur politique », d’après lui.

Les centristes tenteront ainsi de faire valoir ces arguments auprès du gouvernement dans les discussions en amont proposées par Gabriel Attal, a annoncé Hervé Marseille : « On ne peut pas à la fois dire que l’exécutif doit travailler avec le Parlement, et quand on nous propose d’échanger, ne pas y aller. C’est le dialogue normal entre le gouvernement et les parlementaires : il ne s’agit pas de coconstruire le budget, on n’est pas dans la majorité. Il s’agit d’échanger sur les orientations. » À cet égard, l’évocation par l’exécutif d’un potentiel 49.3 pour faire passer le budget en cas de refus des groupes d’opposition, n’est pas vraiment du goût du président du groupe centriste au Sénat : « Je suis gêné par le fait que l’on passe son temps à parler de dialogue et de concertation et la Première ministre vient dire que pour le budget c’est le 49.3. Dans ces cas-là, pour faire des économies d’énergie on peut peut-être fermer le Parlement pendant quelques semaines. »

Si Hervé Marseille comprend que « comme le débat budgétaire marque les majorités », il est « normal » que « LFI comme LR ne soient pas prêts à rentrer dans la majorité. » Le groupe centriste, en revanche, « regardera ce qu’il y a dans le budget » avant de se décider.

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting de Gregory Doucet pour les municipales a Lyon
6min

Politique

Lyon : derrière le duel Aulas - Doucet, vers une métropole sans majorité ?

La bataille pour la Métropole de Lyon attire moins les projecteurs que le duel entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, pourtant les enjeux peuvent être plus importants encore, et le scrutin plus serré. À cause d’un mode de scrutin opaque, les résultats sont plus difficiles à déchiffrer, mais une issue sans majorité stable au conseil métropolitain est tout à fait envisageable.

Le

CORRECTION France Municipal Elections
7min

Politique

Réforme du scrutin Paris-Lyon-Marseille : Rachida Dati battue à son propre jeu ?

La réforme du mode de scrutin instaurée par la loi Paris Lyon Marseille (PLM), longtemps défendue par Rachida Dati, devait rebattre les cartes des élections municipales dans la capitale. Pourtant, les premiers résultats du scrutin de 2026 indiquent que cette évolution institutionnelle ne modifie pas, dans l’immédiat, les équilibres politiques parisiens, même si des écarts peuvent apparaître entre les votes dans les arrondissements et celui pour la mairie centrale. Si la maire du 7ᵉ arrondissement remporte aisément son fief, les rapports de force à l’échelle de l’Hôtel de Ville demeurent, pour l’heure, défavorables à la droite.

Le

Saint-Denis : Meeting LFI-PCF avec Bally Bagayoko et Jean-Luc Melenchon
5min

Politique

Municipales 2026 : derrière les succès de LFI à Roubaix et Saint-Denis, les sortants PS et PCF font la course en tête dans les banlieues populaires

La France insoumise a réussi à convertir ses résultats nationaux en ancrage local dans des proportions inattendues au premier tour, sécurisant déjà la victoire à Saint-Denis et Roubaix. Deux prises spectaculaires qui consacrent sa stratégie de conquête des quartiers populaires. Mais qui masquent des résultats plus contrastés par ailleurs en banlieue face aux sortants PS et PCF, souvent installés confortablement en tête avant le second tour.

Le