« Ne pas voter la taxe sur les superprofits est une erreur politique », d’après Hervé Marseille (UC)
Invité de notre matinale, Hervé Marseille (UC) est revenu sur la taxe sur les superprofits, proposé par le groupe centriste au Sénat et refusé par la majorité. Le président du groupe compte sur les débats budgétaires de l’automne pour faire éviter « une erreur politique » à la majorité sénatoriale et au gouvernement.

« Ne pas voter la taxe sur les superprofits est une erreur politique », d’après Hervé Marseille (UC)

Invité de notre matinale, Hervé Marseille (UC) est revenu sur la taxe sur les superprofits, proposé par le groupe centriste au Sénat et refusé par la majorité. Le président du groupe compte sur les débats budgétaires de l’automne pour faire éviter « une erreur politique » à la majorité sénatoriale et au gouvernement.
Louis Mollier-Sabet

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Alors qu’Emmanuel Macron a temporisé en renvoyant le sujet au niveau européen, les débats autour de la taxe sur les superprofits continuent de faire leur chemin en France, notamment dans la perspective de l’examen du prochain budget à l’automne. Au Sénat, le groupe centriste, composante de la majorité sénatoriale, s’était déjà emparé du sujet à l’été lors de l’examen du budget rectificatif, avec le soutien de la gauche, mais sans arriver à convaincre les LR. Mais le président du groupe, Hervé Marseille, n’a pas encore renoncé, estimant que « de plus en plus de parlementaires se font à l’idée », et que les LR n’ont pas été convaincus « jusqu’à présent. » D’après lui c’est d’ailleurs « une erreur politique », notamment parce que « socialement, c’est compliqué de demander des efforts seulement à certains. »

« La fiscalité, c’est l’Etat »

Hervé Marseille n’en démord pas, taxer les superprofits, ce n’est que justice : « On ne peut pas aider les entreprises pendant la covid ou en 2008 comme l’a fait Nicolas Sarkozy avec les banques et, quand elles vont bien, dire qu’on va leur faire confiance, que ce sont des braves gens, et qu’ils vont sûrement augmenter les salaires et contribuer. » Finalement, c’est presque une question de philosophie politique : « La fiscalité c’est l’Etat, c’est à lui de dire comment payer l’impôt et qui le répartit et le Parlement vote. Ce n’est pas le ministre qui vient au Parlement pour dire qu’il va demander des efforts à la pompe. » Le groupe centriste reproposera d’ailleurs un dispositif lors de l’examen du budget et « ceux qui ne voteront pas, y compris le gouvernement, feront une erreur politique », d’après lui.

Les centristes tenteront ainsi de faire valoir ces arguments auprès du gouvernement dans les discussions en amont proposées par Gabriel Attal, a annoncé Hervé Marseille : « On ne peut pas à la fois dire que l’exécutif doit travailler avec le Parlement, et quand on nous propose d’échanger, ne pas y aller. C’est le dialogue normal entre le gouvernement et les parlementaires : il ne s’agit pas de coconstruire le budget, on n’est pas dans la majorité. Il s’agit d’échanger sur les orientations. » À cet égard, l’évocation par l’exécutif d’un potentiel 49.3 pour faire passer le budget en cas de refus des groupes d’opposition, n’est pas vraiment du goût du président du groupe centriste au Sénat : « Je suis gêné par le fait que l’on passe son temps à parler de dialogue et de concertation et la Première ministre vient dire que pour le budget c’est le 49.3. Dans ces cas-là, pour faire des économies d’énergie on peut peut-être fermer le Parlement pendant quelques semaines. »

Si Hervé Marseille comprend que « comme le débat budgétaire marque les majorités », il est « normal » que « LFI comme LR ne soient pas prêts à rentrer dans la majorité. » Le groupe centriste, en revanche, « regardera ce qu’il y a dans le budget » avant de se décider.

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