Négociations sur le budget : « Il faut savoir être raisonnable dans ses exigences », demande Paul Christophe (Horizons) aux socialistes

Les sénateurs passeront au vote sur le budget ce jeudi après-midi. Malgré plusieurs concessions faites par le gouvernement aux socialistes, le groupe PS au Sénat s’opposera au texte. « À un moment, il faut être responsable : (...) notre pays a besoin d'un budget », regrette le nouveau président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale, Paul Christophe. Invité ce jeudi de la matinale de Public Sénat, le député du Nord estime qu’« énormément d’avancées » ont déjà été apportées à la gauche sur le budget.
Théodore Azouze

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Le gouvernement va-t-il enfin réussir à faire adopter un budget ? Le vote du projet de loi de finances est prévu ce jeudi au Sénat, avant la convocation d’une commission mixte paritaire (CMP) le 30 janvier prochain. Paul Christophe, tout juste élu président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale, espère qu’un compromis pourra être trouvé dans les prochains jours sur le texte, ainsi que celui sur le budget de la Sécurité sociale.

« À un moment, il faut être responsable : […] notre pays a besoin d’un budget », souligne le député du Nord, invité ce jeudi de la matinale de Public Sénat. Pour lui, il y a déjà eu « énormément d’avancées » négociées avec les socialistes pour pouvoir faire passer le budget. Le président du groupe du PS au Sénat, Patrick Kanner, a pourtant indiqué que ses troupes voteront contre le projet de loi ce jeudi. « Le compte n’y est toujours pas », a déploré ce dernier, lors des questions d’actualité au gouvernement, mercredi.

« On prône depuis le début la stabilité »

Une position difficile à entendre pour Paul Christophe. « Il faut savoir faire des concessions, mais aussi savoir être raisonnable dans ses exigences. Il faut savoir s’arrêter – ou dire clairement : ‘je veux empêcher le voter du budget et semer le chaos au niveau pays’ », expose l’ex-ministre des Solidarités du gouvernement de Michel Barnier. La situation des collectivités territoriales, liée à l’incertitude des débats budgétaires, l’inquiète. « On prône depuis le début la stabilité », assure Paul Christophe. « On voit aujourd’hui des maires pour qui c’est très difficile de se projeter, puisqu’ils n’ont aucune connaissance des financements qui vont leur être alloués. »

Le maintien de 4000 postes dans l’Éducation nationale – initialement supprimés dans le budget du gouvernement Barnier – était notamment l’une des revendications des parlementaires socialistes. Une demande à laquelle a accédé le Premier ministre François Bayrou, rappelant mercredi au Sénat « avoir abandonné » ce projet. « On n’érigera pas une ligne rouge sur cette question-là », réagit de son côté Paul Christophe. « Ça fait partie du compromis qu’on doit trouver. »

À l’inverse, les sénateurs ont aussi procédé ces derniers jours à de nombreux coups de rabot dans le budget de différents ministères. La réduction de l’enveloppe allouée aux Sports a ainsi fait l’objet d’une tribune signée par 425 athlètes, qui dénoncent « un désastre annoncé » en cette année post-Jeux olympiques et paralympiques. « Nous refusons que les engagements pris lors des Jeux de Paris ne soient que des jolis mots et des paroles en l’air », déplorent-ils dans ce texte. « Le sport est un vecteur de sociabilisation, d’émancipation, de lutte contre les discriminations », soulève pour sa part Paul Christophe. « Je suis plutôt un défenseur de ce budget, donc je ne soutiendrai pas une baisse. »

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