Nicolas Hulot, l’aiguillon vert des présidents
Nicolas Hulot, 62 ans, nommé mercredi ministre de la Transition écologique et solidaire, est aux avant-postes de la défense de l...

Nicolas Hulot, l’aiguillon vert des présidents

Nicolas Hulot, 62 ans, nommé mercredi ministre de la Transition écologique et solidaire, est aux avant-postes de la défense de l...
Public Sénat

Par Céline SERRAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Nicolas Hulot, 62 ans, nommé mercredi ministre de la Transition écologique et solidaire, est aux avant-postes de la défense de l'environnement depuis près de 30 ans avec sa fondation mais aussi en côtoyant de près les locataires de l’Élysée, sensibles à son inoxydable popularité et son message non partisan.

Sur l'environnement, "il faut casser les clivages traditionnels", pense celui qui a eu l'oreille des présidents Chirac, Sarkozy et Hollande et désormais de Macron dont il disait récemment : "il faut regarder si la conversion (à l'écologie) est cohérente, sincère, crédible ou pas".

C'est la première fois que l'ex-présentateur de l'émission "Ushuaïa", candidat malheureux à la primaire écologiste de 2012 et maintes fois sollicité, accepte d'entrer dans un gouvernement.

"Dans une logique transpartisane, il est la bonne personne au bon moment", estime Matthieu Orphelin, son ex-bras droit à la Fondation Hulot et candidat de la République en marche pour les législatives.

Pendant la campagne présidentielle, il n'avait soutenu aucun candidat, estimant que son rôle était "plutôt de faire avancer des idées".

"Ce qui le guide, c'est toujours de se demander où il peut être le plus utile", affirme le député européen EELV Pascal Durand, un proche.

Figure de proue de la cause environnementale, Nicolas Hulot était crédité de 10% des voix dans les sondages avant de renoncer en juin 2016 à la course présidentielle.

- "Envoyé spécial pour la planète" -

L'écologiste au physique de jeune homme et au caractère secret confiait "ne pas être fait pour la politique telle qu'elle se pratique aujourd'hui", "un monde où les violences et les tensions sont énormes". Électron libre - "Mon plus grand trésor, c'est mon indépendance" - il a à l'évidence surmonté sa méfiance vis-à-vis de l'exercice du pouvoir.

"Sa force, c'est d'être le porte-parole de la société civile", estime Matthieu Orphelin en misant sur "sa force de conviction" et "sa liberté".

En janvier 2016, sollicité par François Hollande pour entrer au gouvernement, Hulot avait décliné l'offre, faute d'assurances suffisantes sur l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la renégociation du traité de libre échange avec le Canada (Ceta) et une réforme de la fiscalité. Autant de sujets toujours à l'ordre du jour.

Dans la perspective de la COP21, il avait été pendant trois ans son "envoyé spécial pour la planète", avec un bureau à l’Élysée.

Ce compagnonnage au plus haut sommet de l'État a débuté avec Jacques Chirac, croisé à la fin des années des 90. Au sommet de la Terre de Rio (2002), les deux hommes rencontrent ensemble Nelson Mandela et Hulot devient un visiteur régulier à l’Élysée.

En 2007, il hésite - déjà - à se présenter à la présidentielle avant d'imposer son "Pacte écologique" aux candidats. Nicolas Sarkozy le signe et, aussitôt élu, lance le Grenelle de l'Environnement, une concertation inédite qui débouche sur deux lois importantes.

- Lecture et kite-surf -

Mais l'abandon du projet de taxe carbone refroidit ses relations entre Hulot et Sarkozy, avant même la déclaration de ce dernier sur l'écologie qui "commence à bien faire".

En 2009, l'échec commercial de son film "Le syndrome du Titanic", critiqué pour son catastrophisme, l'affecte et le plonge dans le doute.

La crise écologique s'aggravant, en 2011, il franchit le pas en se présentant à la primaire des Verts, un parti pas toujours tendre avec lui. Les militants lui préfèrent Eva Joly. Certains lui reprochent d'être financé par de grandes entreprises (L'Oréal, EDF, TF1, etc.) et d'être pro-nucléaire.

L'ex-animateur télé assume "le dialogue avec le monde économique" et le besoin d'avoir "les moyens de se battre" tout en prônant plus clairement, depuis l'accident de Fukushima, une sortie progressive de l'atome.

Comme à chaque déconvenue, le natif de Lille, élevé à Paris, se replie dans sa maison en Bretagne, où il vit avec sa femme et leurs deux garçons.

La lecture et le kite-surf aident le "commandant couche-tôt" à se ressourcer et il ne tarde jamais à reprendre son bâton de pèlerin vert.

Au fil des ans, son discours insiste davantage sur les liens entre écologie et solidarité, à l'image de la campagne lancée en mars avec une centaine d'associations (Emmaüs, etc.) et dont il déplore le peu d'échos dans les médias et chez les politiques.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le