Nicolas Sarkozy: un ancien président rattrapé par les affaires judiciaires
Renvoyé en procès dans l'affaire Bygmalion, menacé d'un autre dans l'affaire des "écoutes", et maintenant mis en examen dans le...

Nicolas Sarkozy: un ancien président rattrapé par les affaires judiciaires

Renvoyé en procès dans l'affaire Bygmalion, menacé d'un autre dans l'affaire des "écoutes", et maintenant mis en examen dans le...
Public Sénat

Par Nathalie ALONSO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Renvoyé en procès dans l'affaire Bygmalion, menacé d'un autre dans l'affaire des "écoutes", et maintenant mis en examen dans le dossier de l'argent libyen: à 63 ans, Nicolas Sarkozy est un ancien président sous pression judiciaire.

- LES AFFAIRES QUI LE MENACENT DIRECTEMENT

. Dossier "libyen": soupçonné

Après cinq ans d'enquête, le juge Serge Tournaire a décidé de mettre en examen mercredi Nicolas Sarkozy pour "corruption passive", "recel de fonds libyens" et "financement illégal de campagne", des faits qu'il conteste farouchement. Les juges mènent des investigations d'envergure sur des accusations graves de financement de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 avec de l'argent libyen, lancées par d'anciens dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi et des opérations suspectes accréditant cette hypothèse. L'affaire avait rebondi en novembre 2016, avec les déclarations explosives de Ziad Takieddine quand il avait affirmé avoir lui-même remis 5 millions d'euros d'argent libyen au camp Sarkozy quelques mois avant son élection à la présidence.

Dans ce dossier, son camp est aussi directement visé: son ex-bras-droit Claude Guéant a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, notamment en raison d'un virement suspect de 500.000 euros qu'il a justifié par la vente de deux tableaux.

. Comptes de campagne 2012: renvoyé en procès

Nicolas Sarkozy connaîtra sans doute son prochain rendez-vous judiciaire dans ce dossier plus connu comme "l'affaire Bygmalion". La justice doit en effet prochainement examiner son appel contre son renvoi devant le tribunal pour "financement illégal de campagne électorale", ordonné en février 2017 par le juge Serge Tournaire. La justice lui reproche d'avoir dépassé sciemment - ce qu'il conteste - à hauteur de 20 millions d'euros le plafond autorisé des dépenses de sa campagne présidentielle de 2012. Treize autres protagonistes sont eux aussi poursuivis devant le tribunal pour un vaste système de fausses factures destiné à cacher le dépassement du plafond des dépenses. M. Sarkozy n'a pas été mis en cause pour les fausses factures.

. Affaire des "écoutes" : menacé d'un procès

M. Sarkozy est soupçonné d'avoir tenté, début 2014, via son avocat Thierry Herzog, d'obtenir d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations secrètes dans une procédure judiciaire. L'affaire avait été révélée par des écoutes téléphoniques, âprement contestées par sa défense, mais finalement validées en mars 2016 par la Cour de cassation. Le Parquet national financier a requis début octobre 2017 le renvoi devant le tribunal correctionnel des trois mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, pour "corruption" et "trafic d’influence", allant jusqu'à comparer ses méthodes à celles d'un "délinquant chevronné". Les juges d'instruction doivent désormais se prononcer sur la perspective d'un procès.

- CITE DANS D'AUTRES AFFAIRES

. Affaire Karachi : témoin

Le nom de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque, apparaît dans cette enquête sur des soupçons de rétrocommissions en faveur de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur en marge de ventes d'armes au Pakistan dans les années 90. Il a été entendu en juin 2017 comme simple témoin dans le volet ministériel de cette affaire. M. Balladur est mis en examen pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" et son ministre de la Défense François Léotard pour "complicité d'abus de biens sociaux".

. Sondages de l'Elysée: son entourage visé

Les juges ont terminé en mai 2017 leur enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution des sondages de la présidence sous le quinquennat Sarkozy (2007-2012). Personnage-clé du dossier, son ancien conseiller Patrick Buisson est soupçonné d'avoir profité de sa position pour réaliser d'importants bénéfices sur des sondages qu'il commandait au nom de sa société et qu'il revendait à l'Élysée. Il a été mis en examen, tout comme deux anciens proches collaborateurs de M. Sarkozy, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant. Nicolas Sarkozy, couvert par l'immunité présidentielle, avait refusé de se rendre à la convocation du juge. Le Parquet national financier doit désormais prendre ses réquisitions dans ce dossier avant la décision finale des juges.

. Les autres affaires soldées par un non-lieu

Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu dans plusieurs autres dossiers: ses voyages en jet privé facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit ; l'enquête sur ses pénalités réglées par l'UMP pour le dépassement de son plafond de dépenses de campagne en 2012 ou encore l'affaire des dons octroyés à l'UMP par la richissime héritière du groupe L'Oréal Liliane Bettencourt.

Partager cet article

Dans la même thématique

2026 Municipal Elections – Vote Counting – Lyon
6min

Politique

Election présidentielle : pourquoi les dates choisies font débat ?

Raphaël Glucksmann s’interroge à son tour sur les dates de l’élection présidentielle, fixées les 18 avril et 2 mai, soit le lendemain du 1er mai, où les syndicats défilent. Il rejoint les critiques déjà formulées par le candidat LR, Bruno Retailleau, et Louis Aliot, vice-président du RN. Mais le gouvernement n’entend pas changer le calendrier.

Le

Rochette
6min

Politique

« Je n’ai jamais signé chez Edouard Philippe » : le sénateur Pierre-Jean Rochette quitte le groupe Les Indépendants, à majorité Horizons

« Je pars en amitié, sans amertume », assure le sénateur de la Loire, Pierre-Jean Rochette, qui ne voulait pas paraître affilié à Edouard Philippe, à l’approche de la présidentielle, en restant dans un groupe à majorité Horizons. Il siège maintenant chez les non-inscrits, aux côtés du seul sénateur LFI.

Le

The petition calling for the closure of CNews has surpassed 500,000 signatures—a first step toward a potential debate on the floor of the National Assembly.
8min

Politique

Pétition : la chaîne CNews peut-elle disparaître de la TNT ?

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale demandant la suppression de CNews de « l’audiovisuel français » a dépassé, mardi, les 700 000 signatures. Le texte, qui décrit CNews comme « une machine de propagande » de l’extrême droite, demande à l’Arcom de retirer la convention TNT de la chaîne de la galaxie Bolloré. En septembre, un recours en ce sens a été déposé devant le Conseil d’État par 71 professeurs d’université.

Le