Nicole Belloubet, juriste de haut vol et garde des Sceaux « inattendue »
Brillante juriste, "Sage" appréciée de ses pairs, mais aussi ancienne élue PS et haute fonctionnaire ayant revendiqué une certaine liberté de...

Nicole Belloubet, juriste de haut vol et garde des Sceaux « inattendue »

Brillante juriste, "Sage" appréciée de ses pairs, mais aussi ancienne élue PS et haute fonctionnaire ayant revendiqué une certaine liberté de...
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Par Aurélia END

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Brillante juriste, "Sage" appréciée de ses pairs, mais aussi ancienne élue PS et haute fonctionnaire ayant revendiqué une certaine liberté de parole, Nicole Belloubet hérite avec la Justice d'un ministère difficile, de manière "inattendue" comme elle l'a dit elle-même.

Jeudi, lors de la passation de pouvoirs Place Vendôme, cette femme de 62 ans a écouté son prédécesseur François Bayrou égrener, dans une longue allocution, les chantiers qui l'attendent: défendre au Parlement une loi sur la moralisation publique, gérer la surpopulation carcérale, batailler pour le budget, concilier libertés publiques et sécurité face à la menace terroriste...

Prenant la parole après le leader centriste parti du gouvernement sous la pression de l'enquête visant le MoDem, Nicole Belloubet remarque d'emblée que son titre de garde des Sceaux, littéralement celui ou celle qui "scelle" les textes de loi, s'inscrit dans le "temps long de notre République". Pus tard, elle note dans un sourire: "C'est très émouvant et très inattendu."

"Hier matin, je ne pensais pas que je me retrouverais ici aujourd'hui", ajoute celle dont le nom n'avait pas circulé avant l'annonce officielle du nouveau gouvernement.

Évoquant en 2013 sa nomination au Conseil constitutionnel, elle avait confié au journal Libération: "Il n'y avait pas de logique à ce que je devienne membre (...). Il y avait juste les conditions. Les circonstances ont fait le reste." Et ajouté: "Ce que la vie me donne, je le prends et je m'interroge après."

Ce qui lui est cette fois "donné", ce sont les clés d'un ministère qui a changé quatre fois de patron ou patronne depuis 2012, et d'une institution, la justice, dont l'ancien ministre Jean-Jacques Urvoas a pu dire qu'elle était en voie de "clochardisation".

- L'"illumination" Jaurès -

Assurer le financement de tribunaux débordés et de prisons surpeuplées sera un défi majeur de celle qui avait démissionné en 2005 de son poste de rectrice de l'académie de Toulouse en déplorant publiquement... un manque de moyens donnés par le gouvernement de droite.

Nicole Belloubet (C), nouvelle ministre de la Justice, le 22 juin 2017 à Paris au palais de l'Élysée
Nicole Belloubet (C), nouvelle ministre de la Justice, le 22 juin 2017 à Paris au palais de l'Élysée
AFP

Nommée rectrice en 1997, d'abord à Limoges, Nicole Belloubet a alors 42 ans, ce qui en fait l'une des plus jeunes personnes jamais nommées à ce type de poste.

Cette nomination parachève un parcours académique brillant: en 1992, elle finissait deuxième de l'agrégation de droit public.

Nicole Belloubet, qui a dit à France Bleu Toulouse que "certaines femmes consacrent toute leur vie au travail mais au prix d'une volonté, d'une énergie supérieures à celles des hommes", a au long de sa carrière porté une attention particulière aux sujets concernant les femmes.

Mère de trois enfants et veuve d'un professeur de droit, elle a piloté un comité interministériel "pour la promotion de l'égalité des sexes dans le système éducatif", et rédigé un rapport sur la "lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les établissements scolaires".

La juriste, née à Paris mais dont les racines familiales sont aveyronnaises, et dont la vie est intimement rattachée à la ville de Toulouse, a raconté dans des entretiens sa passion pour l'opéra mais aussi son goût de la conduite automobile sportive.

Auteur d'une thèse sur les "pouvoirs et relation hiérarchique dans l'administration française", cette juriste de haut vol à la longue chevelure blonde et à la silhouette élancée n'apprécierait certainement pas d'être réduite à une "vamp", comme elle a pu être décrite dans un article de presse locale.

La nouvelle ministre, qui dit avoir eu une "illumination" en lisant Jean Jaurès, a aussi derrière elle un parcours d'élue locale socialiste, à la mairie de Toulouse et au conseil régional de Midi-Pyrénées.

Il est plutôt d'usage en France de finir une carrière politique au Conseil constitutionnel, et les démissions y sont très rares. Ainsi de Georges Pompidou lorsqu'il a été nommé chef du gouvernement en 1962.

Nicole Belloubet prend elle aussi ce chemin inverse en quittant les "Sages". Dans l'institution de la rue Montpensier, elle laisse le souvenir d'une "bonne camarade", qui "aime la vie". Et qui laissait transparaître son envie de retrouver "l'action" politique.

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