Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate LR aux législatives à Paris, a été confrontée samedi à l'homme soupçonné de l'avoir agressée sur un marché parisien mais l'intéressé, maire d'un village normand, a nié toute violence devant la police et sa garde a vue a été prolongée dans la soirée.
A la veille du second tour des législatives, Vincent Debraize, 55 ans, s'est rendu de lui-même samedi matin à la convocation des policiers chargés de l'enquête sur cette agression qui avait provoqué la chute et l'évanouissement de l'ancienne ministre, a-t-on appris de source proche du dossier.
Placé en garde en vue à 8H30 "pour des faits de violences volontaires sur personne chargée d'une mission de service public", ce maire (sans étiquette) de Champignolles, un petit village de l'Eure, a été confronté à l'ex-ministre dans l'après-midi "mais il nie les faits" de violences et les accusations d'agression verbales, a déclaré à l'AFP Xavier Autain, l'avocat de NKM.
"C'est une agression grave sur une élue de la République et j'espère une réponse de l'institution judiciaire à la hauteur", a-t-il ajouté.
Samedi soir, la garde à vue du maire a été prolongée "pour permettre la poursuite des investigations", a indiqué une source proche du dossier. Des auditions de témoins sont notamment prévues dimanche, a-t-on appris dans l'entourage de la candidate.
Nathalie Kosciusko-Morizet, 44 ans, en ballottage défavorable face au candidat de la République en marche Gilles Le Gendre, distribuait des tracts jeudi sur le marché de la place Maubert dans le Ve arrondissement lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années les lui a pris pour les lui envoyer au visage, la traitant de "bobo de merde", selon une journaliste de l'AFP.
"A ce moment-là, elle se protège, elle met sa main devant son visage pour se protéger et les tracts heurtant sa main de manière assez violente, elle reçoit sa propre main dans sa figure", a précisé Geoffroy Van der Hasselt, photographe qui couvrait la campagne pour l'AFP.
- Témoignages et vidéo-surveillance -
L'ancienne ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy a chuté et perdu connaissance plusieurs minutes, sous une forte chaleur. Revenue à elle, elle avait été conduite, pour subir des examens, à l'hôpital Cochin où le Premier ministre Edouard Philippe lui avait rendu visite dans la journée.
Les réactions politiques avaient rapidement afflué, de tous bords.
Manifestation de soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet, le 16 juin 2017 à Paris
AFP
"Je vais mieux. J'ai besoin encore de quelque temps pour récupérer", a déclaré NKM le lendemain en quittant l'hôpital.
Après cette agression, l'élu avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche. Photographié, son visage avait été diffusé dans les médias et le parquet de Paris avait ouvert une enquête immédiatement pour "violences volontaires".
"Il a été identifié après des témoignages et grâce à l'exploitation de la vidéo-surveillance", a expliqué une source policière.
Vincent Debraize fait partie des 33 maires à avoir parrainé la candidature à la présidentielle d'Henri Guaino, l'ex-"plume" de Nicolas Sarkozy qui se présentait aux législatives face à NKM dans cette 2e circonscription de la capitale.
Eliminé au premier tour, M. Guaino faisait partie des deux dissidents LR à défier l'ancienne ministre, considérée comme "Macron-compatible" et qui espérait ne pas affronter un candidat REM.
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