Nomination d’un Premier ministre : « Il faut aller vite pour rassurer les Français », appelle Aurore Bergé

Invitée de la matinale de Public Sénat ce lundi 9 décembre, Aurore Bergé appelle à nommer « rapidement » un Premier ministre pour remplacer Michel Barnier. De nombreux Français « sont très inquiets par la déstabilisation économique que la motion de censure engendre », pointe la députée EPR des Yvelines.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Trouver un nouveau locataire à Matignon dans les prochains jours. Aurore Bergé estime que le président de la République « doit aller vite » pour nommer un Premier ministre après la censure du précédent gouvernement de Michel Barnier, votée la semaine dernière à l’Assemblée nationale. Invitée de la matinale de Public Sénat ce lundi 9 décembre, la députée Ensemble pour la République des Yvelines appelle ainsi à « ne pas rester dans cette situation d’un gouvernement démissionnaire ». Selon elle, de nombreux Français « sont très inquiets par la déstabilisation économique que la motion de censure engendre ».

Emmanuel Macron reprendra donc ce lundi de nouvelles consultations à l’Élysée avec différentes personnalités politiques. Il recevra d’abord les députés du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) à l’Assemblée nationale, puis les responsables des Écologistes et du Parti communiste français. « Je crois que le président de la République a l’intention de nommer » un Nouveau Premier ministre « dans les heures qui viennent », pense savoir Aurore Bergé face à ces nouveaux rendez-vous prévus ce lundi.

François Bayrou ? « Il est extrêmement légitime »

Quelle pourrait être l’identité du nouveau chef du gouvernement ? Le nom du président du Modem, François Bayrou, est beaucoup revenu ces derniers jours. « En tout cas, il est extrêmement légitime, soutient la députée du camp macroniste. C’est un homme d’expérience, de rassemblement. […] Il a toujours gardé une indépendance de vue et d’esprit, ce qui est peut-être appréciable dans la période. » La parlementaire rappelle toutefois que « d’autres possibilités » sont aussi toujours envisagées quant au profil de ce nouveau Premier ministre.

La recherche d’un compromis gouvernemental pour obtenir une assise plus importante à l’Assemblée afin de faire voter les prochains textes de loi s’avère cependant compliquée. Les groupes du Nouveau Front populaire réclament un Premier ministre issu de la gauche, tandis que le président des députés LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, a dit dimanche dans Le Figaro avoir « une préférence pour un Premier ministre issu » de ses rangs.

Des demandes difficilement entendables par Aurore Bergé. « Si tout le monde avance de cette manière-là, personne n’avance », résume-t-elle, appelant « à un rassemblement » et « à faire des compromis ». Pour elle, les différents représentants politiques calculent trop en vue de la future course à l’Élysée dans un peu plus de deux ans. « Si chacun est obsédé par sa propre conquête du pouvoir en 2027, à la fin, ceux qui sont particulièrement obsédés n’y arriveront pas », soutient ainsi l’ex-cheffe de file des macronistes au Palais Bourbon.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le

La sélection de la rédaction

France Government
7min

Économie

Censure du gouvernement Barnier : quel avenir pour le budget de la Sécurité sociale ?

Après le vote d’une motion de censure à l’Assemblée nationale, Michel Barnier a remis sa démission au président de la République. Alors que le budget 2025 doit être bouclé avant la fin de l’année, des dispositions d’urgence existent pour mettre en œuvre un projet de loi de finances. Concernant le budget de la Sécurité sociale, en revanche, la procédure est beaucoup plus floue. Explications.

Le