« Non », Edouard Philippe ne sera finalement pas exclu des Républicains
« Il n’est pas question » d’exclure Edouard Philippe des Républicains, a affirmé le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, après la nomination du juppéiste à Matignon. François Baroin avait pourtant menacé d’exclure tous ceux qui rejoindraient Emmanuel Macron…

« Non », Edouard Philippe ne sera finalement pas exclu des Républicains

« Il n’est pas question » d’exclure Edouard Philippe des Républicains, a affirmé le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, après la nomination du juppéiste à Matignon. François Baroin avait pourtant menacé d’exclure tous ceux qui rejoindraient Emmanuel Macron…
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La menace était claire et nette. Elle tombe aujourd’hui à l’eau. Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a écarté l’idée d’une exclusion du parti après la nomination d’Edouard Philippe à Matignon. « Non, il n’en est pas question. Nous prenons acte de cette décision individuelle » a réagi devant la presse Bernard Accoyer. Il a cependant ajouté via Twitter qu’« il se met de lui-même en dehors de notre famille politique ». Mais le parti ne lance pas de procédure d’exclusion contre le premier ministre.

François Baroin, chef de file des LR pour les législatives, n’avait pourtant eu de cesse d’agiter la menace d’une sanction. « La règle va être très claire : tous ceux qui se rapprochent du Front national seront exclus, pour la présidentielle et pour les législatives », « j'ajoute que tous ceux qui se rapprochent de Macron avant les législatives : même tarif », avait déclaré le 3 mai le sénateur-maire de Troyes. Eric Woerth, chargé du projet LR pour les législatives, avait ajouté dans Le Parisien : « Ces ralliements opportunistes seraient l'illustration de pratiques profondément rejetées par les Français. Celles et ceux qui céderaient à ces tentations s'excluraient d'eux-mêmes ».

« Rejoindre le gouvernement » c’est « de fait quitter la famille »

Au soir du second tour de la présidentielle, François Baroin répète ses menaces suite à l’offre de services de Bruno Le Maire. « Si Bruno Le Maire rejoint le gouvernement dans une dizaine de jours, de fait il quitte la famille, de fait il appartient à En Marche! » avait mis en garde le sénateur-maire de Troyes sur France 2. Ceux qui rejoindront Macron, « la vérité, c’est qu’ils s’excluront tout seul de la famille » ajoutait-il.

Les juppéistes, mais pas seulement, s’étaient étonnés de ces menaces de sanctions. « Le premier mot dans ma famille politique, au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, ça doit être rassemblement, ça ne devrait pas être exclusion » avait réagi Christian Estrosi, qui vient de redevenir maire de Nice.

« Parler d’exclusion, c’est préfigurer la scission dont ils ne veulent pas »

Un parlementaire juppéiste remarque aujourd’hui que Bernard Accoyer est plus modéré que François Baroin sur ce point. « Parler d’exclusion, c’est préfigurer la scission dont ils ne veulent pas. C’est contradictoire » note l’élu. Alors que l’attitude face à Macron divise Les Républicains, la ligne modérée semble prendre le pas. Manière de garder tout le monde dans la famille, pour le moment. « Nous ne sommes absolument pas dans l’esprit de vouloir nous opposer de manière systématique. Il y a des points sur lesquels nous pouvons nous entendre avec le futur chef de l’Etat, notamment sur une réforme du marché du travail », a expliqué jeudi dernier au Monde Bernard Accoyer. « Nous ne serons pas dans une opposition frontale vis-à-vis d’Emmanuel Macron mais dans une attitude constructive car nous serons inévitablement amenés à travailler avec lui », confirmait le trésorier de LR, Daniel Fasquelle…

Si les LR oublient l’idée d’exclure, c’est peut-être pour ne pas perdre trop de troupes. Dans un communiqué publié après la nomination du député-maire du Havre, plusieurs élus LR, comme les juppéistes Benoist Apparu et Fabienne Keller, Christian Estrosi, ou les proches de Bruno Le Maire, Thierry Solère et Franck Riester, saluent « un acte politique de portée considérable ». « Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation politique de notre pays ». Et d’ajouter : « Nos familles politiques de la droite et du centre doivent répondre à la main tendue par le président de la République »…

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le