Norme antipollution Euro 7 : la voiture bientôt un produit de « luxe » ?
Si la fin des moteurs thermiques est prévue en 2035 en Europe, d’ici là, une nouvelle norme doit entrer en vigueur et durcir les seuils d’émissions de polluants des véhicules neufs. La norme Euro 7, en cours d’écriture, divise les pays et les parlementaires. A Bruxelles, les lobbys pro automobiles et les défenseurs du climat tentent de peser dans la balance.

Norme antipollution Euro 7 : la voiture bientôt un produit de « luxe » ?

Si la fin des moteurs thermiques est prévue en 2035 en Europe, d’ici là, une nouvelle norme doit entrer en vigueur et durcir les seuils d’émissions de polluants des véhicules neufs. La norme Euro 7, en cours d’écriture, divise les pays et les parlementaires. A Bruxelles, les lobbys pro automobiles et les défenseurs du climat tentent de peser dans la balance.
Public Sénat

Par Marie Brémeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« La pollution de l’air au niveau européen c’est 400 000 morts prématurés par an ». Pour la députée européenne écologiste Karima Delli, même si d’ici 15 ans les moteurs thermiques ne seront plus commercialisés, il y a urgence à limiter les émissions polluantes des voitures. Et ce d’autant plus qu’elles continueront de rouler encore longtemps sur les routes après cette date. Une bataille nécessaire mais difficile à mener au niveau du Parlement européen pour la présidente de la commission transports tant les obstacles sont nombreux sur le chemin de la nouvelle norme européenne antipollution.

La prise en compte de nouveaux polluants

« La norme que nous avons actuellement ; la norme euro 6, ne prenait pas en compte certaines particules, par exemple, certaines particules venant des freins. Aujourd’hui dans la nouvelle norme on prendra en compte toutes ces particules fines qui ont un impact sur la santé des gens. » Dans le viseur des défenseurs de l’environnement, des particules ultrafines comme le protoxyde d’azote, ou encore le méthane, des polluants qui jusqu’à présent n’étaient pas pris en compte.

Si tout va bien la norme Euro 7 devrait entrer en vigueur en 2027. Mais d’ici là, la route est encore longue. La Commission européenne va soumettre son texte au Parlement européen en décembre ou au plus tard en janvier 2022, un texte qui sera également discuté en parallèle par les chefs d’Etat européens.

L’Allemagne et la France veulent une norme moins contraignante

Et cela risque de coincer du côté des pays constructeurs automobiles, comme l’Italie, l’Allemagne ou encore la France… « Je ne crois pas que cette proposition va passer au Parlement et au Conseil sans être modifiée. Parce qu’à mon avis la France a peur que la couleur des gilets change de jaune à orange…, prédit Marian-Jean Marinescu, député européen (PPE) et sensible aux arguments de l’industrie automobile qui dénonce des contraintes trop importantes et trop coûteuses. Avec le risque que la voiture devienne un produit de luxe, « c’est clair que le coût va devenir plus élevé » affirme l’élu roumain.

« La Norme Euro 7 c’est moins cher que l’option peinture d’une Golf »

Des arguments que balaie Karima Delli. « La norme Euro 7, techniquement, on peut la faire. On sait le faire, c’est faisable. En termes de coût, la Commission a présenté combien cela représentait, cela représente entre 100 et 500 euros par véhicule. Et en fait, c’est moins cher que l’option peinture d’une Golf. Maintenant la véritable question qui est en jeu, c’est quelle politique industrielle pour l’automobile de demain. » Un point de vue que ne partage pas ministre de l’économie française. Bruno Le Maire redoute que la norme Euro 7 présentée par la Commission soit impossible à suivre pour les constructeurs et destructrice pour l’industrie automobile.

Revoir l’émission en intégralité https://www.publicsenat.fr/emission/ici-l-europe

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le