Notre-Dame-des-Landes: un futur projet agricole encore incertain
L'élaboration du projet agricole sur l'ex-ZAD de Notre-Dame-des-Landes, deux mois après l'abandon du projet d'aéroport, prendra ...

Notre-Dame-des-Landes: un futur projet agricole encore incertain

L'élaboration du projet agricole sur l'ex-ZAD de Notre-Dame-des-Landes, deux mois après l'abandon du projet d'aéroport, prendra ...
Public Sénat

Par Anne-Sophie LASSERRE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L'élaboration du projet agricole sur l'ex-ZAD de Notre-Dame-des-Landes, deux mois après l'abandon du projet d'aéroport, prendra "du temps", a reconnu jeudi la préfète de la région Pays de la Loire, beaucoup d'interrogations n'étant pas levées, notamment sur l'identité des futurs propriétaires des terres.

La préfète de région, Nicole Klein, réunit le 19 mars élus, syndicats agricoles et associations pour le premier comité de pilotage destiné à construire le projet agricole sur les 1.650 hectares de l'ancienne emprise aéroportuaire, aux contours encore très flous.

Qui restera, qui partira, qui retrouvera la propriété des terres et qui en assumera la gestion ? A trois semaines de l'expiration de l'ultimatum fixé par l'exécutif aux 150 à 200 occupants de la ZAD, la préfète a réaffirmé que tous ceux qui "refusent de s'inscrire dans l'état de droit seront expulsés".

D'éventuelles expulsions n'interviendront qu'après le 31 mars, date à laquelle prend fin la trêve hivernale.

Pour les occupants qui seraient "d'accord sur les règles à respecter", en payant notamment "le gaz, l'électricité, un fermage" ou en cotisant à la sécurité sociale agricole, la MSA, tout dépendra de l'arbitrage décidé après le processus de rétrocession des terrains, dont l’État est actuellement le seul propriétaire.

Sur la répartition du foncier, que l’État veut céder, "il y a des sujets simples et des sujets compliqués", a reconnu Mme Klein.

"Les sujets simples, c'est les agriculteurs historiques, qui sont quatre, qui ont été expropriés, qui sont restés sur place et qui souhaitent récupérer leurs terres, soit sous forme de propriété, soit sous forme de fermage", a expliqué la représentante de l’État.

"On laissera a priori, et tous les syndicats agricoles sont d'accord, les historiques où ils sont", a-t-elle assuré à l'AFP.

- 'Pas à pas' -

"Après, il y a le sujet très complexe du conseil départemental", qui a demandé à l’État la rétrocession de 895 hectares de parcelles sur l'ex-emprise aéroportuaire, a souligné Mme Klein. Le département de Loire-Atlantique avait commencé à acquérir ces terrains en 1974, avant de les vendre en 2012 à l’État et au concessionnaire de la plateforme aéroportuaire, Aéroports du Grand Ouest, filiale du groupe de BTP Vinci.

Sur ce point, rien n'est tranché, car "la moitié des juristes pense que la demande est légitime et la moitié pense qu'elle ne l'est pas", a indiqué la préfète.

Le président (PS) du conseil départemental, Philippe Grosvalet, fervent défenseur du transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, a signé le 22 février un protocole d'accord avec la Chambre d'agriculture pour que celle-ci gère les terrains acquis par le département, "en vue d'un retour à une occupation agricole et naturelle pérenne et apaisée".

La position du département "ne simplifie pas les choses parce que le président du conseil départemental veut confier la gestion à la chambre d'agriculture", pointe la préfère de région. "Ça rend je pense la position de certains agriculteurs très difficile (...) Est-ce que c'est un facteur d'apaisement?"

La démarche de la Chambre d'agriculture est soutenue par la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale. La Confédération paysanne, membre d'un collectif d'organisations agricoles opposées à l'ex-projet d'aéroport, défend elle la prise en charge de l'usage des terres par le mouvement anti-NDDL.

Un premier point de consensus entre les divers syndicats agricoles pourrait être trouvé dès le 19 mars, tous demandant un gel temporaire de l'attribution des terres, via le maintien de conventions d'occupation annuelles.

"Alors que les positions sur le fond sont assez différentes, tout le monde est d'accord pour dire qu'il va falloir du temps. Il ne faut pas oublier que la situation est gelée depuis des années", a rappelé la préfète Nicole Klein, qui souhaite aller "pas à pas" sur ce dossier, et dans une volonté d'"apaisement".

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
2min

Politique

Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet, mais éligible en 2027, elle pourrait être candidate à la présidentielle

Coup de théâtre dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la Cour d’appel n’a pas suivi les réquisitions du parquet et a réduit la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen de 5 ans à 45 mois dont 30 mois avec sursis et à une peine de trois ans de prison ferme dont un an sous bracelet électronique. Elle pourrait donc être candidate à l’élection présidentielle.

Le

Paris : Session of questions to the government at the National Assembly
11min

Politique

Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet électronique, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis : le fil de la journée et les réactions politiques

A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.

Le