Notre-Dame : le Sénat adopte le projet de loi en le modifiant largement
Dans la nuit de lundi à mardi, la Haute chambre a voté le texte encadrant la restauration de Notre dame. Largement modifié, celui-ci vise désormais une reconstruction à l’identique de la cathédrale.

Notre-Dame : le Sénat adopte le projet de loi en le modifiant largement

Dans la nuit de lundi à mardi, la Haute chambre a voté le texte encadrant la restauration de Notre dame. Largement modifié, celui-ci vise désormais une reconstruction à l’identique de la cathédrale.
Public Sénat

Par Public Sénat (avec AFP)

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat dominé par l'opposition de droite a adopté à main levée, dans la nuit de lundi à mardi, en première lecture, le texte encadrant la restauration de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, après l'avoir largement modifié, la quasi-totalité des groupes mettant en garde contre un chantier qui serait mené dans la précipitation. Députés et sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d'accord sur une version commune du texte.

Les sénateurs se sont montrés très critiques à propos de la durée de cinq ans pour le chantier, réaffirmée par le ministre e la Culture Franck Riester. « La parole présidentielle ne fait pas loi », a lancé Olivier Paccaud (LR), soulignant « qu'une reconstruction ne peut pas être une course de vitesse ». « Le chantier durera ce qu'il doit durer », a appuyé la présidente de la commission de la Culture Catherine Morin-Desailly (centriste).

Un article 9 controversé

Notre-Dame : « Le chantier qui s’annonce est ambitieux et unique », explique Franck Riester
00:25

La partie du projet de loi la plus controversée habilite le gouvernement à créer par ordonnance un établissement public destiné à assurer la conduite des études et travaux. Les sénateurs l'ont caractérisé en établissement public à caractère administratif et l'ont placé sous la tutelle du ministère de la Culture.

Tout aussi controversé, l'article 9, habilitant le gouvernement à déroger à certaines règles (urbanisme, environnement, construction, préservation du patrimoine, commande publique) a été supprimé par les sénateurs dès l'examen en commission, avec l'assentiment de quasiment tous les groupes. Certains y ont vu une loi d’exception, une façon de contourner l’État de droit alors que ce chantier devrait être exemplaire selon les sénateurs.

« Le chantier qui s’annonce est ambitieux et unique. Pour le mener au mieux, nous voulons nous donner la possibilité d’assouplir certaines dispositions, essentiellement de procédures. Il va de soi que les assouplissements seront proportionnés aux besoins du chantier. Il n’est pas question de se servir de la restauration de Notre-Dame-de-Paris pour piétiner le droit français et européen », leur a répondu le ministre de la Culture Franck Riester.

Vers une reconstruction à l’identique

Retailleau : « Vouloir reconstruire Notre-Dame, « plus belle encore », pour reprendre les mots du président de la République, c’est faire preuve d’une ambition qui confine à la prétention »
00:26

Contre l'avis du gouvernement, le Sénat a inscrit dans le texte que la restauration devra être fidèle au « dernier état visuel connu » du monument avant le sinistre, y compris la flèche, précisant même que l'emploi de matériaux différents de ceux d'origine devra être justifié. Ce point a rencontré l'opposition du PS, pour qui il « interdirait tout geste architectural ultérieur ».

« Vouloir reconstruire Notre-Dame, « plus belle encore » pour reprendre les mots du président de la République, c’est faire preuve d’une ambition qui confine à la prétention », a expliqué le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau. « Aucune indignité ne doit peser sur le XIXe siècle ni sur Viollet-le-Duc », a-t-il plaidé.

« Il s'agit d'une loi pour reconstruire Notre-Dame de Paris, pas Notre-Dame de l'Élysée », a lui attaqué David Assouline (PS).

Mais pour d’autres comme le sénateur LREM André Gattolin, le patrimoine n’est pas figé. « Non, Paris n’est pas Rome et le culte magnifié des ruines n’appartient pas à notre culture, n’en déplaise à quelques esprits romantiques », a lancé le Sénateur.

Notre-Dame : Le patrimoine n’est pas figé pour André Gattolin (LREM)
00:18

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes
5min

Politique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes

LR réalise une série de prises dans les petites et moyennes villes, reconduisant un nombre important de sortants dès le premier tour. Selon Bruno Retailleau, le parti « s’est renforcé », mais le parti réalise des scores décevants à Paris et Marseille. Une autre campagne commence désormais, avec les stratégies complexes d’entre-deux-tours.

Le

Beaucaire: Jordan Bardella comes to support Nelson Chaudon, who has been re elected as mayor
4min

Politique

Municipales 2026 : la montée notable du Rassemblement national dès le premier tour

Réélections dès le premier tour à Perpignan, Hénin-Beaumont ou Fréjus, percées à Toulon et Nice, et duel serré à Marseille : le Rassemblement national confirme sa progression lors du premier tour des municipales 2026. Porté par ses récents succès électoraux, le parti à la flamme cherche désormais à transformer cette dynamique en conquêtes locales durables, à un an de la présidentielle de 2027.

Le

Depouillement votes municipales 15 mars 2026. Premier tour, Paris.
7min

Politique

Résultat du premier tour des municipales : quels sont les enseignements du scrutin ?

Percée de LFI, dilemme des alliances pour le PS et les écologistes, le RN bien placé à Marseille et Toulon, la droite résiste dans les villes moyennes, Edouard Philippe bien parti pour conserver le Havre et maintenir sa candidature à la présidentielle… On fait le point sur les enseignements du premier tour des élections municipales.

Le

Lyon
7min

Politique

Municipales 2026 : Paris, Lyon, Marseille, Lille… Ce que disent les résultats dans les grandes villes

Au soir du premier tour des municipales 2026, le paysage politique des grandes métropoles françaises oscille entre continuité et secousses majeures. Si la plupart des maires sortants résistent, beaucoup sont désormais talonnés par leur challenger. Dans de nombreux cas, LFI s’impose comme la troisième force. De Paris à Marseille, en passant par Nice, Lyon ou Bordeaux, tour d’horizon des résultats et des rapports de force avec les estimations Ipsos-BVA pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.

Le