« Nous n’appelons pas à la démission d’Emmanuel Macron », affirme Julien Odoul porte-parole du RN

Ce mercredi, Julien Odoul, député de l’Yonne et porte-parole du Rassemblement national était l’invité de la matinale de Public Sénat. A quelques heures du vote des motions de censure déposées par les députés du Nouveau Front populaire et du Rassemblement national, il est revenu sur la très certaine censure du gouvernement de Michel Barnier et l’éventualité de la démission d’Emmanuel Macron.
Camille Gasnier

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Le gouvernement de Michel Barnier sera-t-il censuré ce soir ? Les motions de censure déposées par le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire seront examinées à partir de 16 heures à l’Assemblée nationale. En déplacement en Arabie saoudite, Emmanuel Macron s’est exprimé sur la censure et sa démission, réclamée par la gauche et le Rassemblement national. S’il a assuré qu’il ne croyait pas que « le Rassemblement national vote la motion de censure », il a également balayé l’éventualité de sa démission : « Je serai président jusqu’à la dernière seconde ». Ce matin, Julien Odoul a clarifié la position de son groupe sur la question de la démission du président de la République : « Nous n’appelons pas Emmanuel Macron à démissionner ». Le député de l’Yonne explique que cette décision relève « de son choix, nous n’avons pas à interférer dans sa décision […], c’est à lui de prendre sa décision, ce n’est pas à nous de l’orienter, s’il part demain je ne vais pas pleurer, des millions de Français ne vont pas pleurer, mais c’est la décision souveraine du président de la République ».

« L’ensemble du groupe Rassemblement national votera la censure »

Hier soir, sur TF1, Michel Barnier s’est également prononcé sur les motions de censure déposées à l’encontre de son gouvernement. Le Premier ministre a déclaré qu’il était « possible » que son gouvernement ne soit pas censuré : « Les députés ont chacun leur part de responsabilité. Il est possible qu’il y ait ce réflexe de responsabilité. L’intérêt supérieur du pays veut dire quelque chose ». Néanmoins, Julien Odoul l’assure : « L’ensemble du groupe Rassemblement national votera la censure ». Le porte-parole du Rassemblement national a qualifié l’intervention de Michel Barnier « de discours larmoyant », faisant ainsi penser « au capitaine du Titanic, qui voyant l’iceberg, se dit que cela peut toujours passer et que le navire ne coulera jamais ». Le Premier ministre a fustigé l’alliance faite entre le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire, désignant la coalition « d’extrême gauche ». Le député RN de l’Yonne dénonce ses propos, considérant qu’« il n’y a pas d’alliance [du Rassemblement national] avec l’extrême gauche ».

« La France aura toujours un budget quoi qu’il arrive »

Que va-t-il se passer en cas de censure du gouvernement ? Budgétairement parlant, rien n’est certain. « La France aura toujours un budget quoi qu’il arrive », rappelle Julien Odoul. Le gouvernement et les députés du socle commun alertent sur les conséquences d’une censure, notamment sur les impôts. Pour le porte-parole, les électeurs « sont protégés par cette censure », évitant ainsi « un budget qui allait une nouvelle fois faire peser le prix de l’incompétence et de l’incurie des politiques qui ont été menées sur leur pouvoir d’achat ». Estimant que le projet de loi de finances pour 2025 « était du macronisme, en pire », il juge le budget précédent « moins pire » que celui de cette année.

En cas de non-adoption du budget d’ici le 31 décembre 2024, plusieurs scénarios sont envisagés pour la suite, dont l’adoption d’une « loi spéciale ». Prévue à l’article 45 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), elle permet d’autoriser l’Etat à percevoir les impôts autorisés dans la loi de finances de l’année passée. Le porte-parole du Rassemblement national n’a pas garanti que le groupe voterait un tel texte.

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