« Nous ne sommes pas brisés » : les ex-otages en Iran Cécile Kohler et Jacques Paris affichent leur « espoir » après trois ans et demi d’ « horreur »

Reçus à l’Elysée après avoir quitté l’Iran hier, les deux ex-détenus Jacques Paris et Cécile Kohler ont dénoncé ce mercredi l’ « enfer » de la prison d’Evin, où ils ont été soumis à des « conditions de détention inhumaines » pendant trois ans et demi. « Nous ne sommes pas brisés, nous allons témoigner », a assuré Jacques Paris.
Christian Mouly

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Mardi, ils quittaient l’Iran après près de quatre ans de détention puis d’assignation à résidence. Moins de 48 heures plus tard, « après deux jours sans dormir », Jacques Paris et Cécile Kohler ont été reçus par Emmanuel Macron à l’Elysée ce mercredi. Au terme d’une entrevue d’une heure avec le Président, les deux ex-détenus en Iran ont pris la parole devant la presse réunie dans les jardins de l’Élysée.

« Bonheur immense »

Cécile Kohler a d’abord exprimé son « bonheur immense » de retrouver les siens, « qui se sont battus dès le début pour que nous sortions de cet enfer ». Elle a également manifesté sa « reconnaissance » vis-à-vis de son comité de soutien, du président et du ministre des affaires étrangères.

« Nous l’avons échappé belle, car cela aurait pu être bien pire encore », a-t-elle ajouté, évoquant notamment ses quelques mois d’assignation à résidence au sein de l’ambassade de France à Téhéran, après trois ans et demi de détention au sein de la terrible prison d’Evin, réputée comme la plus dure du pays. Le couple d’enseignants avait été condamné à respectivement 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage, avant d’être remis en liberté le 4 novembre dernier.

« Nous étions des otages d’État »

« Nous étions des otages d’État », a prolongé Jacques Paris, dénonçant « les conditions de détention inhumaines » qu’ils ont vécues. « Nous n’avions que des contacts épisodiques et brefs avec nos familles, pas le droit de lire ni d’écrire. Dès que nous sortions de notre cellule, nous avions les yeux bandés », a précisé l’homme de 71 ans, professeur de mathématiques à la retraite, qui s’était rendu en Iran pour un voyage touristique avec sa compagne en mai 2022. « L’objectif était de nous briser, de nous ôter toute énergie », a-t-il insisté.

Malgré cet « enfer », Jacques Paris a affiché sa détermination et son espoir pour l’avenir : « C’est un nouveau départ, nous ne sommes pas brisés. Nous allons témoigner, nous allons expliquer et profiter de la vie avec nos proches. » Les deux ex-otages ont affirmé qu’ils s’exprimeront ultérieurement plus en détail sur leur douloureuse expérience en Iran.

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron, qui avait annoncé leur sortie d’Iran mardi, s’est dit « extrêmement heureux » de leur retour, qui marque « la fin d’une terrible épreuve de trois ans et demi », et remercié notamment « les autorités omanaises pour leurs efforts de médiation ».

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