Nouveau bac, nouveau casse-tête ?
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent du nouveau bac, qui sera mis en place en 2021.

Nouveau bac, nouveau casse-tête ?

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent du nouveau bac, qui sera mis en place en 2021.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Mercredi 14 février, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a présenté une nouvelle formule du baccalauréat. Celui-ci sera réduit à quatre épreuves en terminale, dont un grand oral, qui fait déjà énormément débat.

Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du syndicat d'enseignants SNES-FSU, estime que ce nouveau bac va creuser les inégalités : « Nous pensons que le contrôle continu est trop dépendant de l’établissement dans lequel l’élève étudie (…) Passer de rien du tout pour le bac, à 40%  de contrôles continus, c’est trop (…) Supprimer les épreuves terminales du baccalauréat (…) ça devient un bac d’établissement et ça va mettre en difficulté les élèves des milieux populaires. »

« L’inégalité (…) existe aujourd’hui » rétorque Jean-Claude Carle, sénateur (LR) de la Haute-Savoie. « Un fils d’ouvrier a 17 fois moins de chance de préparer une grande école qu’un fils d’enseignant et de cadre supérieur. Donc je ne pense pas que la réforme qui est proposée aggrave encore ces inégalités parce que ça serait effectivement dramatique. Moi, au contraire, je pense qu’elle les corrige parce qu’elle mixe à la fois le contrôle continu et l’examen lui-même. C'est-à-dire qu’il met en condition le jeune (…) Je souhaite d’ailleurs que ce jury [du grand oral] (…) ne soit pas uniquement composé d’enseignants du secondaire mais qu’il y ait des universitaires, des représentants du monde socio-économique et des élus locaux » ajoute-t-il.

Sophie de Tarlé, rédactrice en chef au Figaro Etudiant est très critique concernant le baccalauréat actuel : « C’est devenu une usine à gaz (…) Il y a une quinzaine de matières, il y a énormément d’erreurs pendant les épreuves (…), ça coûte très très cher, ça mobilise les gens pendant un mois. Il n’y a pas cours au lycée [et] il n’y a pas cours parfois au collège. »

Concernant le grand oral, qui fera partie du bac nouvelle formule, Thomas Le Corre, porte-parole du syndicat général des lycéens  (SGL), n’est pas contre, sur le principe : « Dans notre société, c’est très important d’apprendre à parler. »

Mais en pratique, les choses risquent de se gâter, estime-t-il : « Le problème, c’est l’application. Aujourd’hui, quels sont les élèves qui sont amenés à s’exprimer bien à l’oral ? C’est (…) toujours les meilleurs élèves. Aujourd’hui de la 6e à la terminale, on entraîne les élèves à écrire (…) à faire des dissertations. On ne les entraîne pas à parler (…) Est-ce que vous voyez un temps horaire qui va être accordé à la préparation de ce grand oral ? Est-ce qu’on va donner justement la possibilité à tous les élèves de préparer ce grand oral ? Pour l’instant, non. »

 

Vous pouvez voir le débat d’OVPL, en intégralité :

Nouveau bac, nouveau casse-tête ?
26:42

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le

Nouveau bac, nouveau casse-tête ?
3min

Politique

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

Le

Paris : Proces Joel Guerriau et Sandrine Josso
2min

Politique

Condamnation de Joel Guerriau : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher, ce mercredi à 18h30

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher va recevoir l’élue, ce mercredi. La députée avait fait part de son regret de ne pas avoir reçu de marque de soutien de la part du président du Sénat.

Le