France : Conference de presse Nouveau Front Populaire
The Socialist Party, La France insoumise, Les Ecologistes and the French Communist Party held a joint press conference after joining forces around the New Popular Front. Paris, 14/06/2024. Le Parti socialiste, La France insoumise, Les Ecologistes et le Parti communiste francais ont tenu une conference de presse commune apres s etre allies autour du Nouveau Front Populaire. Paris, le 14/06/2024.//CEZARDGABRIELLE_GC_frontpopulaire_55/Credit:Gabrielle CEZARD/SIPA/2406141638

Nouveau Front populaire : la répartition des circonscriptions est bouclée, les partis désignent leurs candidats

Dans la soirée de jeudi, le Parti socialiste, la France insoumise, le Parti communiste et les Ecologistes, ainsi que plusieurs autres petits partis de gauche, ont scellé leur accord, actant la naissance du Nouveau Front populaire pour faire face au Rassemblement National. Dépassées, donc, les querelles sur les répartitions des circonscriptions. Pourtant, plusieurs cas posaient problème.
Mathilde Nutarelli

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L’accord a été scellé dans la soirée hier. Les partis de gauche se sont mis d’accord sur un programme commun pour leurs éventuels cent premiers jours de gouvernement ainsi que sur les circonscriptions. Un seul candidat ou candidate sera estampillé « Front populaire » dans toutes les circonscriptions de France. C’est ce dernier point, souvent sensible, qui a mis un coup de frein aux négociations hier après-midi, avant qu’elles ne reprennent et n’aboutissent vers 21 heures.

Un rééquilibrage après les résultats des européennes

La répartition a été largement revue par rapport à l’accord de 2022. La France Insoumise a négocié 229 circonscriptions, quand elle en avait plus de 300 en 2022. 175 circonscriptions sont attribuées au Parti socialiste et à son allié Place Publique, quand le premier en avait 70 en 2022. Le Parti communiste reste stable avec 50 circonscriptions et les écologistes ont vu leur nombre d’investitures baisser de 100 en 2022 à 92 en 2024. Le scrutin européen de dimanche dernier a rebattu les cartes : le Parti socialiste a devancé ses autres partenaires, modifiant les équilibres.

Après la ventilation du nombre de circonscriptions en fonction des partis politiques, est arrivé le moment de déterminer les couleurs des circonscriptions territoire par territoire. Et c’est à ce niveau-là que les choses ont pu être plus tendues, sans pour autant fracturer l’alliance. « Les débats ont été très ouverts et constructifs », résume-t-on du côté des socialistes. Plusieurs cas ont pourtant posé problème. Mais la main quant à l’investiture des candidats reste aux partis en interne, alors que l’horloge tourne : la date limite de dépôt des candidatures est ce dimanche 16 juin.

A Paris, les socialistes héritent de quatre circonscriptions

L’un des points de difficulté a été la répartition des sièges à Paris. La fédération parisienne du Parti socialiste, dirigée par Lamia El Aaraje, proche d’Anne Hidalgo et traditionnellement opposée à la Nupes, a dès le 11 juin pris position. Ils promettaient de présenter des candidatures sur « l’ensemble des circonscriptions parisiennes ». Finalement, les socialistes héritent de quatre circonscriptions parisiennes. Parmi elles, la septième, la circonscription de Clément Beaune, était convoitée par Emmanuel Grégoire, actuel premier adjoint à la mairie de Paris, et la présidente de la fédération, Lamia El Aaraje. Ce matin, un conseil national du PS a décidé d’investir Emmanuel Grégoire.

A Paris, un autre cas crispait : Julien Bayou. Le député écologiste sortant, ancien coprésident du groupe à l’Assemblée, a été exclu du parti et du groupe car il est visé par une plainte pour harcèlement par une ex-compagne. Il s’était déclaré candidat à sa succession, sans le soutien des Ecologistes. Ce matin, il a finalement retiré sa candidature au profit du candidat ou de la candidate du Front populaire. Cette circonscription, la cinquième de Paris, a été attribuée à un candidat de la société civile, malgré des candidatures internes, comme celle de Raphaëlle Rémy-Leleu, élue parisienne.

Dans la capitale, la France Insoumise a récolté huit circonscriptions, parmi lesquelles celle de Sophia Chikirou, de Danièle Obono ou encore d’Aymeric Caron, des personnalités qui ne font pas consensus à gauche.

« On ne fera pas d’ingérence dans les choix des partis »

Dans le Nord, le cas du député sortant LFI Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales, constituait un point sensible des négociations. Chez les partenaires de gauche, cette investiture fait grincer des dents. Les socialistes ont émis des « réserves » sur ce candidat : ils ne lui donneront pas leur logo, souffle-t-on dans l’entourage des négociateurs, mais sans pour autant présenter quelqu’un contre lui. Cette circonscription a pourtant été attribuée à la France Insoumise, qui révélera ses candidats dans l’après-midi. « On ne fera pas d’ingérence dans les choix des partis », affirme-t-on du côté du parti à la rose.

Les Ecologistes reconduisent les sortants

Les Ecologistes, alliés à Generation. s au sein du Pôle Ecologiste, ont investi leurs sortants, dont la lyonnaise Marie-Charlotte Garin ou encore la Val-de-marnaise Sophie Taillé-Polian. L’ancienne ministre Dominique Voynet sera candidate dans le Doubs, et l’ex-député européen fondateur du parti Nouvelle Donne, non réélu dimanche, sera candidat dans la cinquième circonscription de l’Essonne face au sortant Renaissance Paul Midy. Hier, le député Hubert Julien-Laferrière, qui avait été exclu du groupe les Ecologistes après avoir été mêlé à une affaire d’ingérences étrangères, a annoncé se retirer de la vie politique. Enfin, le député sortant du Val-d’Oise Aurélien Taché, élu en 2017 sous l’étiquette En Marche, puis passé à EELV pour enfin intégrer le groupe des Insoumis, est pressenti pour être réinvesti. C’est la France Insoumise qui a récupéré sa circonscription.

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