Nouveau gouvernement : la gauche s’engage à renoncer au 49.3 si Emmanuel Macron nomme un Premier ministre issu du NFP

Reçus par Emmanuel Macron ce mardi, avec d’autres formations politiques à l’exception de LFI et du RN, socialistes et écologistes se sont engagés, s’ils accèdent au pouvoir, à ne pas utiliser le 49.3 à condition que les oppositions renoncent à la motion de censure. « Ça a été repris par Horizons, par le MoDem », a assuré Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les discussions auront duré un peu moins de trois heures. Emmanuel Macron a réuni ce mardi 10 décembre les chefs des principaux partis politiques à l’Elysée, à l’exclusion du Rassemblement national et de La France insoumise, annonçant son intention de désigner un nouveau Premier ministre « dans les 48 heures ». Autour de la table, la gauche a réaffirmé sa volonté d’accéder aux responsabilités, mais dans le cadre d’un pacte de non-agression avec les autres formations politiques.

« Nous avons suggéré le fait que le gouvernement renonce au 49.3, à tout passage en force, en échange de quoi les oppositions renonceraient à la motion de censure », a expliqué Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste, à sa sortie de l’Elysée, précisant qu’il ne s’agissait pas d’une réunion programmatique mais d’un échange sur la méthode. « Sur cette chose simple, nous avons l’impression que les choses ont avancé », a-t-il indiqué. « Il y a peut-être là une piste d’atterrissage » qui permettrait de « rechercher à la loyale des compromis ».

« Nous ne sommes pas venus chercher une nouvelle alliance ni une grande coalition mais la possibilité de la stabilité », a résumé Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

« Il y a une personne que j’ai peu entendue pendant cette réunion, c’est Gabriel Attal »

« C’est un exercice de reconnaissance de la démocratie parlementaire. Cela veut dire aussi que cela nous oblige, car il faudra travailler en équipe à l’Assemblée nationale », a fait valoir Marine Tondelier, la patronne des écologistes. « Quelques personnalités autour de la table, qui n’étaient pas de notre camp politique, ont pu trouver l’idée intéressante. C’est une idée qui doit infuser. »

« Ça a été repris par Horizons, par le MoDem », a encore assuré Olivier Faure. La gauche attend désormais que l’ensemble du bloc central se positionne sur ce scénario. « Il y a une personne que j’ai peu entendue pendant cette réunion, c’est Gabriel Attal », a pointé Cyrielle Chatelain, la cheffe de file des députés écologistes, estimant que la position du nouveau patron de Renaissance reste « extrêmement vague ». « Je pense que c’est l’un des points d’immobilisme », ajoute-t-elle.

Sur le volet programmatique, socialistes et écologistes attendent la nomination du nouveau chef de gouvernement avant d’entamer des discussions sur ce sujet. « Le Président de la République a lui-même admis qu’il n’était pas celui avec qui négocier les questions de fond », rapporte Olivier Faure. « Maintenant, on demande au président de la République de revenir à son rôle et de nommer un Premier ministre. En tout cas nous, nous ne travaillerons qu’avec un Premier ministre et l’on souhaite qu’il soit issu du Nouveau front populaire », martèle Guillaume Gontard, le président du groupe écologiste au Sénat.

« Nous voulons considérer que cette rencontre est peut-être le début d’une réponse à la montée, qui semble inexorable, de l’extrême droite en France », a néanmoins salué Patrick Kanner, le chef de file des socialistes de la Chambre haute.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le