Paris: End of the crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority

Nouveau gouvernement : les oppositions se déchaînent sur le retour de Bruno Le Maire, « l’homme aux 1 000 milliards de dette »

La composition du gouvernement de Sébastien Lecornu s’est attiré les foudres des oppositions, de l’extrême gauche à l’extrême droite, en raison, notamment, du maintien de nombreux ministres aux mêmes portefeuilles. Par ailleurs, le retour de Bruno Le Maire, nommé aux Armées après avoir passé sept ans à Bercy, semble cristalliser la colère de l’ensemble de la classe politique au-delà du bloc central.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Quelques minutes après la nomination du nouveau gouvernement, les critiques se sont multipliées dans les rangs des oppositions pour dénoncer la reconduction d’une douzaine de ministres, malgré les appels à la rupture. « Ils perdent les élections mais ils gouvernent. Ils n’ont pas de majorité mais refusent les compromis. Ils se font renverser mais restent en poste. À quoi jouent les macronistes ? Leur obstination plonge chaque jour un peu plus le pays dans le chaos », a commenté sur X Boris Vallaud, le chef de file des députés socialistes. Même consternation du côté de Patrick Kanner, son homologue du Sénat, qui cite la célèbre phrase du Guépard de Lampedusa : « Il faut que tout change pour que rien ne change », soupire-t-il.

Moins littéraire, la réaction du sénateur communiste Ian Brossat, candidat à la mairie de Paris : « Comment osent-ils prendre à ce point les Français pour des cons ? Écœurement absolu. Ils sont battus, honnis, vomis, et ils continuent… Que la gauche se retrousse les manches et prépare la suite. Basta ! », a-t-il posté sur son compte X. « Tout ça pour ça ? Le gouvernement Lecornu est un cortège de revenants à 80 % de LR et anciens LR embauchés pour continuer une politique qui a provoqué tant de souffrance populaire et de dégâts écologiques », déplore Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de La France insoumise.

À l’extrême droite, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national raille « les derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse. » « Nous l’avions dit clairement au Premier ministre : c’est la rupture, ou la censure », tonne l’eurodéputé.

La nomination de Bruno Le Maire, surprise de dernière minute

Mais c’est surtout la nomination au ministère des Armées de Bruno Le Maire, patron de Bercy pendant sept ans, qui a concentré les critiques des oppositions contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. « Le choix de ce gouvernement à l’identique, assaisonné de l’homme qui a mis la France en faillite est pathétique. Les bras nous en tombent… », a réagi Marine Le Pen.

Le choix de l’ex-ministre de l’Economie (2017-2024) est la principale surprise d’une équipe qui compte essentiellement des reconductions. Après avoir « totalement exclu » d’entrer au gouvernement il y a seulement quinze jours, Bruno Le Maire a justifié son revirement par « les circonstances exceptionnelles que traverse la France ». « Je viens pour servir les Français. Je viens pour servir nos soldats », a-t-il déclaré sur le réseau X dimanche soir.

Selon une source au fait des tractations, il a été approché une première fois par le secrétaire général de l’Elysée Emmanuel Moulin, qui l’a contacté à deux reprises vendredi, puis par le Premier ministre samedi et par le président Emmanuel Macron dimanche. Après avoir réitéré son refus, il a finalement accepté le poste-clé en temps de « réarmement » du pays.

« La prime à l’incompétence »

Mais les opposants, qui le considèrent comme l’un des responsables du dérapage budgétaire de la France, ont aussitôt attaqué cette nomination. Éric Ciotti a déploré « le retour de l’homme aux 1 000 milliards de dette «, estimant que » ce gouvernement est un bras d’honneur aux Français ».

A gauche, Patrick Kanner a ironisé sur le retour du « Mozart de la finance qui a ruiné notre pays », tandis que la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a dénoncé « la prime à l’incompétence ». « Cela pourrait faire sourire si ce n’était pas gravissime », réagit Guillaume Gontard, le président du groupe écologiste, auprès de Public Sénat. « Nous sommes sur des marqueurs. Bruno Le Maire est comptable de la situation financière du pays. Son bilan, c’est 3 000 milliards de dettes ! », pointe-t-il.

Son nom a également mis le feu aux poudres chez les LR, qui avaient fini par accepter de rester au gouvernement et qui pourraient désormais revenir sur leur position, comme nous vous l’expliquons dans cet article.

Du côté du bloc central, François Patriat, chef de file des sénateurs macronistes, hausse la voix pour défendre l’ancien locataire de Bercy : « Les LR lui en veulent parce qu’ils le considèrent comme un traître, mais le procès qui lui est fait est très injuste. Pendant le covid-19 et la crise de l’inflation, l’argent qui a été dépensé, a été dépensé pour répondre aux besoins des Français », souligne ce proche d’Emmanuel Macron qui appelle la droite et les oppositions « à sortir du bal des ego et des agendas politiques ».

(avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le