Nouveau gouvernement : « Michel Barnier est en train de se rendre compte qu’il est impossible d’être le Premier ministre d’Emmanuel Macron »

Le Premier ministre s’est lancé ce jeudi dans une ultime consultation, devant à la fois satisfaire les exigences du chef de l’Etat, mais aussi celles des deux seules familles politiques susceptibles de le soutenir. Invité à réagir à la situation politique en marge de leurs journées parlementaires, les élus communistes estiment qu’une démission du locataire de Matignon avant la nomination d’un nouveau gouvernement est désormais envisageable.
Romain David

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Michel Barnier sous pression. Le Premier ministre réunit ce jeudi après-midi plusieurs formations politiques pour « une dernière journée de consultations », en vue de former un gouvernement, a fait savoir son entourage. Selon des informations du Monde, Emmanuel Macron aurait retoqué une première liste de ministrables, jugeant le poids des élus Les Républicains trop important. En parallèle, macronistes et LR menacent de lâcher le nouveau locataire de Matignon s’il introduit des hausses d’impôt dans le prochain budget pour faire face à la situation alarmante des finances publiques.

« Je crois que Michel Barnier est en train de se rendre compte qu’il est impossible d’être le Premier ministre d’Emmanuel Macron si l’on n’est pas à ses ordres, et cela ne correspond pas à sa personnalité », commente auprès de Public Sénat le député communiste Stéphane Peu, en marge des journées parlementaires de son groupe.

Pour cet élu de Seine-Saint-Denis, si la période d’attente avant la nomination d’un gouvernement venait à se prolonger, après plus de deux mois de flottement, « alors le débat finirait par se déplacer sur la responsabilité du président de la République et sa façon d’outrepasser son rôle ». Une manière de rappeler que le bureau de l’Assemblée nationale vient de juger recevable – une première dans l’histoire de la Cinquième République – une proposition de résolution de destitution du chef de l’Etat, portée par les insoumis. La commission des lois du Palais Bourbon doit désormais rendre son avis sur ce texte avant qu’il puisse être débattu dans l’hémicycle.

D’ici là, peut-on imaginer que le nouveau Premier ministre jette l’éponge avant même d’avoir pu nommer un gouvernement ? « Depuis quelques semaines, nous vivons des premières fois chaque jour, je crois que tout est encore possible, malheureusement », soupire Cécile Cukierman qui préside le groupe communiste au Sénat. « Sans surprise, le président, à vouloir se mêler de tout, à vouloir nier le résultat des législatives, amène les uns et les autres dans des impasses dont aujourd’hui lui seul est responsable », analyse l’élue de la Loire. À ses yeux, un hypothétique renoncement de Michel Barnier « serait le révélateur d’une crise profonde qui pourrait bloquer, demain, l’ensemble de notre pays. »

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