Shops, supermarkets, bank branches and infrastrucutres at the Kenu-in shopping center in Noumea, burned during the first days of the riots.
Debris and burned cars used for blockades and now cleared from the roads, awaiting treatment.NOUMEA, NEW CALEDONIA - 07/06/2024//JOBNICOLAS_job.0089/Credit:Nicolas Job/SIPA/2406101456

Nouvelle-Calédonie : « 10.000 personnes sont bloquées depuis 4 mois, c’est inadmissible ! », dénonce le sénateur Georges Naturel

Alors que deux personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, le sénateur LR de l’île, Georges Naturel, pointe les conséquences du blocage par les autorités de la route de Saint-Louis, pour raison de sécurité, qui touche 10.000 personnes. Globalement, « on a une crise sociale et humanitaire qui se prépare d’ici la fin de l’année », alerte l’élu de Nouvelle-Calédonie.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La situation est toujours tendue en Nouvelle-Calédonie, où deux hommes ont été tués lors d’une opération des forces de l’ordre, dans la nuit de mercredi à jeudi, portant à treize le nombre de décès depuis le début de la crise en Nouvelle-Calédonie. Les deux personnes tuées faisaient l’objet d’un mandat de recherche délivré en juillet contre 13 personnes localisées à la tribu de Saint-Louis, a précisé le procureur.

« L’inquiétude, c’est que ça peut conduire à une escalade », craint le sénateur de Nouvelle-Calédonie, Georges Naturel, membre du groupe LR. Face au « verrou » de Saint-Louis, où les forces de l’ordre ont bloqué la route pour des raisons de sécurité, il appelle à trouver « une issue », alors que « plus de 10.000 personnes sont toujours bloquées depuis 4 mois ». Au moment où le premier ministre Michel Barnier termine ses consultations en vue de la nomination de son équipe, « on est impatient d’avoir un gouvernement et un ministre de l’Outre-mer pour prendre en charge le dossier calédonien », souligne Georges Naturel. Entretien.

Deux hommes de la tribu kanak de Saint-Louis ont été tués au cours d’une opération des forces de l’ordre au sud de Nouméa. Où on est la situation sur place ?

Au niveau sécuritaire, tout n’est pas totalement réglé. On parle de Saint Louis, où il y a toujours un blocage. Vous avez un peu plus de 10.000 personnes toujours bloquées depuis 4 mois au sud du Mont d’Or, car il n’y a pas de circulation possible à Saint-Louis. Les forces de police et les gendarmes sont sur le terrain. Mais le problème, c’est qu’il y a aujourd’hui entre 15 et 20 personnes qui font de la guérilla. Il y a eu une intervention de la gendarmerie, une riposte. L’inquiétude, c’est que ça peut conduire à une escalade.

Par ailleurs, vous avez encore des endroits où la sécurité n’est pas établie, notamment des communes de la côte est. On n’a pas encore une totale liberté de circulation en Nouvelle-Calédonie.

Les forces de l’ordre ont totalement fermé six kilomètres de route au niveau de Saint-Louis, créant un verrou. C’est un problème pour la population sur place ?

Oui, c’est un problème pour les populations. Essayez d’imaginer 10.000 personnes de l’hexagone bloquées pendant 4 mois. C’est quelque chose d’inadmissible. La seule solution pour aller au travail, au collège ou au lycée, c’est de prendre une navette maritime, avec des conditions météo parfois compliquées. Pendant deux jours parfois, on ne peut plus naviguer. Il n’y a plus de médecin sur place dans le sud de la commune, des problèmes d’approvisionnement des commerces. Tout ça arrive par barge alors qu’on est à 15 km de Nouméa par la route. Je considère que cette situation est inadmissible. Il faudra y remédier.

Le verrou vient d’un problème de sécurité. Il y a eu des car-jackings, la circulation ne se fait pas en toute sécurité. Donc le haut-commissaire a décidé de mettre ce verrou pour sécuriser les populations et la gendarmerie. Mais l’objectif est d’ouvrir ce verrou à un moment donné, mais en toute sécurité. Il faudra bien trouver une issue.

Sur le plan politique, comptez-vous sur la nomination du gouvernement Barnier pour débloquer la situation ?

Le contexte national fait qu’il n’y a que le président de la République qui suit le dossier calédonien. On est impatient d’avoir un gouvernement et un ministre de l’Outre-mer pour prendre en charge le dossier calédonien. Le Président, je l’espère, va laisser la main au premier ministre. C’est ce qui se passe habituellement pour le dossier calédonien. Le premier ministre est en train d’organiser son cabinet et il faut à tout prix un ministre de l’Outre-mer de plein exercice, en lien direct avec le premier ministre. Car derrière, on a une crise sociale et humanitaire, qui se prépare d’ici la fin de l’année. Il faudra traiter l’urgence et les financements énormes nécessaires pour la reconstruction. Après, il y a le projet politique, le projet de société à construire et quel statut on veut définir.

Partager cet article

Dans la même thématique

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le