Edouard Philippe a poursuivi lundi son déplacement en Nouvelle-Calédonie avec une longue étape en province du Nord, territoire indépendantiste...
Nouvelle-Calédonie: Edouard Philippe défend le « rééquilibrage » économique
Edouard Philippe a poursuivi lundi son déplacement en Nouvelle-Calédonie avec une longue étape en province du Nord, territoire indépendantiste...
Par Cécile AZZARO
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Edouard Philippe a poursuivi lundi son déplacement en Nouvelle-Calédonie avec une longue étape en province du Nord, territoire indépendantiste où il a insisté sur les efforts menés depuis l'accord de Nouméa pour un rééquilibrage économique et social.
Au troisième jour de son déplacement sur le Caillou, le chef du gouvernement s'est rendu sur la tombe du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, assassiné en 1989, un geste symbolique à moins d'un an d'un référendum historique sur l'indépendance.
Dans la tribu de Tiendanite, dans une nature luxuriante non loin de Hienghène (côte est), il a aussi planté un arbre, et salué la mémoire de dix indépendantistes kanaks tués en décembre 1984 dans une embuscade tendue par des métis "caldoches".
M. Philippe s'est vu remettre, par l'un des fils de Jean-Marie Tjibaou, un drapeau kanak, "parce que c'est ça à quoi on aspire".
A Tiendanite, "on est forcément indépendantiste du fait de notre histoire", a estimé son frère Emmanuel, rappelant qu'en 1917, l'armée avait "maté à la mitrailleuse" l'insurrection des hommes de la tribu qui refusaient de s'engager.
"Ici, on n'a pas de nickel, pas de tourisme, juste notre identité. C'est notre patrimoine", a-t-il ajouté.
Dans cette province dirigée par Paul Néaoutyine, chef de file de l’UNI-Palika (Union nationale pour l’indépendance), la population s'est longtemps considérée comme la grande oubliée de l'archipel, notamment face à la province du Sud qui concentre 80% du PIB calédonien et 75% de la population.
Mais peu à peu, depuis les accords de Nouméa (1998) qui prévoyaient un rééquilibrage territorial en faveur des zones majoritairement peuplées par les Kanak, "le développement économique est au rendez-vous", a souligné le Premier ministre, qui a visité l'un de ses emblèmes, l'usine de nickel KNS (Koniambo Nickel SAS), à Koniambo.
- 'Se préparer à gérer le pays' -
"Cette usine constitue un des éléments importants du dispositif de rééquilibrage de l'économie et de la production vers la province du nord", a insisté Edouard Philippe, soulignant l'effort de la société, co-détenue par Glencore et la SMSP, société minière de la province Nord gérée par les indépendantistes, pour employer en majorité des Calédoniens.
Au total, 85% des 813 salariés sont Calédoniens. Un accord spécifique pour l'emploi des populations locales priorise l'emploi des habitants de la Province Nord.
Edouard Philippe (c) répond aux journalistes au coté du président de la province du Nord de la Nouvelle-Calédonie Paul Neaoutyine (2è g) et la ministre des Outre-mer Annick Girardin, lors d'une visite dans une mine de nickel le 4 décembre 2017
AFP
"Ca fonctionne, de plus en plus de salariés sont originaires de Nouvelle-Calédonie et ont vu leur compétence évoluer", a salué le Premier ministre. "Le projet avance en dépit des difficultés liées au prix du nickel" et de problèmes techniques. "La deuxième ligne de production fonctionnera dans quelques semaines".
Autre symbole de ce rééquilibrage, les prémices de la création d'une antenne nord de l'université de Nouvelle-Calédonie, à Baco, qui accueillera 3.200 étudiants d'ici 2020.
"Le taux d'accès des jeunes de la province Nord à l'université est actuellement deux fois inférieur à celui de la moyenne de la Nouvelle-Calédonie", selon le directeur de l'université, Gaël Lagadec.
Paul Néaoutyine a appelé les jeunes à "se saisir de l'opportunité pour se préparer à gérer le pays".
Edouard Philippe a aussi rencontré des recrues du service militaire adapté (insertion professionnelle via les armées), installé également en province Nord, et a visité à Baco une zone d'activités située sur des terres coutumières, longtemps dévalorisées économiquement car "inaliénables, insaisissables, incommutables et incessibles".
Désormais, un montage juridique et bancaire spécifique, via la création d'un Groupement de droit particulier local (GDPL) permet de donner des garanties aux investisseurs et aux banques.
"Tout ça, c'est une réponse de fond à l'avenir", a consiédéré Edouard Philippe, pour qui la "question institutionnelle et juridique (du référendum) ne doit pas faire oublier le reste".
Mais pour Patricia Goa, indépendantiste et membre du GDPL du clan Bako, "on a été colonisé. Il faut qu'on retrouve notre souveraineté, c'est dans l'ordre des choses. C'est un sentiment qui ne se négocie pas".
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