Nouvelle-Calédonie : le Sénat n’envisage pas de « coupure irrémédiable » avec la France
En déplacement en Nouvelle-Calédonie, une délégation de la commission des Lois est revenue sur les travaux menés en insistant sur l’importance d’une « écoute » pour recréer de la « confiance », après la fin du cycle ouvert en 1988 par les accords de Matignon. La commission des Lois publiera un rapport pour commencer à mettre de nouvelles orientations sur la table, avant l’examen probable d’un projet de loi au Sénat.

Nouvelle-Calédonie : le Sénat n’envisage pas de « coupure irrémédiable » avec la France

En déplacement en Nouvelle-Calédonie, une délégation de la commission des Lois est revenue sur les travaux menés en insistant sur l’importance d’une « écoute » pour recréer de la « confiance », après la fin du cycle ouvert en 1988 par les accords de Matignon. La commission des Lois publiera un rapport pour commencer à mettre de nouvelles orientations sur la table, avant l’examen probable d’un projet de loi au Sénat.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Depuis 4 jours, la commission des Lois est en déplacement en Nouvelle-Calédonie afin de travailler sur « l’avenir institutionnel » de la collectivité calédonienne. Représentée par son président, François-Noël Buffet (LR), son ancien président, Philippe Bas (LR), et le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, elle a diligenté une mission d’information qui a mené 36 auditions sur place en plus de celles conduites à Paris, afin de rédiger un rapport qui devra être validé unanimement par les membres de la commission des Lois. « C’était la volonté du Président du Sénat et de l’institution sénatoriale de mener ce travail d’écoute. Nous avons beaucoup écouté et peu parlé, ce qui est difficile pour des parlementaires », a ainsi détaillé François-Noël Buffet pour expliquer la démarche du Sénat.

Un nouveau projet de loi sur la Nouvelle-Calédonie sera d’abord examiné au Sénat

Après trois référendums qui n’ont pas validé l’indépendance, dont un dernier en décembre 2021 avec une faible participation (43,87 %) et un score contre l’indépendance (96,50 %) qui interroge sur la participation des indépendantistes au scrutin, dont les leaders avaient appelé au boycott. Les deux référendums précédents en 2020 avaient aussi vu le « non » s’imposer, mais avec 53 % à 56 % des voix et plus de 80 % de participation. « Le boycott du 3ème référendum fait que les indépendantistes ne souscrivent pas à ce stade au processus » a précisé Jean-Pierre Sueur, qui a réitéré la volonté des sénateurs « de renouer les fils du dialogue. » Pour ce faire, les sénateurs sont restés très prudents sur les préconisations sur la marche à suivre après la fin du cycle ouvert par les accords de Matignon en 1988, « dont les acquis doivent être préservés » pour Philippe Bas. Pour eux, « le travail doit continuer », en préservant une part d’autonomie, tout comme un partenariat, qui sont tous deux « nécessaires » d’après François-Noël Buffet, Philippe Bas et Jean-Pierre Sueur. Une chose est sûre pour le sénateur du Loiret, qui « n’envisage pas qu’il ne reste pas quelque chose de commun entre la Calédonie et la France », ou de « coupure irrémédiable. »

« C’est impossible matériellement », ajoute-t-il, « même les indépendantistes le savent. » Le sénateur socialiste assume un « rapport d’étape », selon les mots du président Buffet, qui ne peut pas encore préconiser de solution précise : « Nous sommes francs, il y a des choses que l’on ne peut pas vous dire, parce que si on le faisait, on pourrait tuer le travail pour lequel on est là, c’est-à-dire élaborer un document de travail qui sera soumis aux sénateurs. On fait très attention à ce que l’on dit pour ne pas obérer ce que l’on pourrait dire au nom du Sénat et qui l’engagera. » Dans un verbe plus feutré, François-Noël Buffet explique aussi cette retenue sur le fond et la focalisation sur une mission d’écoute et « de confiance » : « Pour nous l’enjeu est, dans un climat d’inquiétude, de reconstruire un lien de confiance, et à l’égard du Sénat en particulier. » Et notamment, parce que lorsque le gouvernement aura établi une stratégie et déposera un projet de loi, c’est au Sénat, la chambre des collectivités locales, qu’il sera examiné en premier, a expliqué le président de la commission des Lois. « Ce n’est pas neutre dans une situation où l’Assemblée nationale présente une configuration qui a ses particularités », ajoute sobrement Jean-Pierre Sueur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le

Nouvelle-Calédonie : le Sénat n’envisage pas de « coupure irrémédiable » avec la France
4min

Politique

Jeux vidéo : chez Ubisoft, les dirigeants prônent désormais la « tolérance zéro » vis-à-vis des comportements toxiques

Dans la poursuite de leurs travaux sur les jeux vidéo, la délégation aux droits des femmes du Sénat auditionnait, ce jeudi, les représentants du géant Français, Ubisoft. Une entreprise marquée par la vague Metoo en 2020 avec des révélations sur des comportements toxiques au plus haut niveau. Depuis, de nombreuses mesures ont été prises pour faire de la lutte contre le harcèlement « une priorité fondamentale » de l’entreprise, assure Cécile Russeil, vice-présidente exécutive.

Le