Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
Crédit : ISA HARSIN / SIPA / 2410021553

Nouvelle-Calédonie : le Sénat vote le report des élections provinciales

Le Sénat a approuvé mercredi, dans l’urgence, le report au printemps 2026 des élections provinciales prévues en Nouvelle-Calédonie en novembre. Il s’agit de la première étape à la mise en place du fragile accord de Bougival sur l’avenir institutionnel de l’archipel.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La chambre haute a très largement adopté – 299 voix contre 42 la proposition de loi du Sénat transpartisane, soutenue par le gouvernement. Le texte examiné en urgence vise à reporter le renouvellement général des membres du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie afin de permettre la poursuite de la discussion sur l’accord du 12 juillet 2025 et sa mise en œuvre. Il est désormais transmis à l’Assemblée nationale qui l’examinera dès le mercredi 22 octobre.

Car urgence s’impose : celle de reporter les élections provinciales. Dans le calendrier actuel, les élections doivent se tenir avant le 30 novembre, mais l’accord signé le 12 juillet 2025 à Bougival, entre l’État et les délégations indépendantistes et non-indépendantistes calédoniennes, qui a permis de dégager un compromis politique sur l’organisation de ce territoire ultramarin, prévoit la création d’un Etat de Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution avec un corps électoral élargi. Le texte du Sénat fixe la nouvelle échéance électorale au plus tard le 28 juin 2026, un délai qui doit permettre à l’exécutif de donner une transcription juridique à l’accord. Sa mise en œuvre passera par l’adoption prochaine d’un projet de loi constitutionnelle, déposé mardi en Conseil des ministres.

« Reporter les élections, ce n’est pas différer la démocratie », pour le gouvernement

Car l’accord de Bougival prévoit d’élargir le corps électoral spécifique à ces élections locales. Actuellement, seuls certains habitants peuvent voter, notamment ceux établis sur le territoire avant 1998 et leurs descendants, ce qui ulcère le camp loyaliste. Le retard pris laisse craindre une tenue des élections avant le 30 novembre, tel que prévu initialement, et avec un corps électoral gelé. C’est d’ailleurs ce que réclament les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui ont rejeté l’accord de Bougival.

« Si reporter un scrutin est une décision lourde de conséquences sur le plan démocratique, la commission a en effet estimé que ce nouveau report était justifié par un but d’intérêt général. Elle a également souligné qu’un tel report permettra de poursuivre les négociations avec l’ensemble des parties prenantes de manière à aboutir au plus large compromis possible », fait valoir dans un communiqué la commission des lois du Sénat.

« Reporter les élections, ce n’est pas différer la démocratie, c’est lui redonner des fondations solides, c’est choisir la lucidité plutôt que la précipitation », a insisté, mercredi la nouvelle ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, qui faisait ses premiers pas devant le Sénat mercredi soir.

« Ce report est basé sur un accord qui n’existe pas ! », dénoncent les opposants au texte

Les opposants au texte estiment au contraire que le gouvernement veut passer en force pour faire appliquer l’accord de Bougival, alors que ce dernier a été rejeté depuis sa signature par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principale coalition indépendantiste.

« Ce report est basé sur un accord qui n’existe pas ! » a regretté l’écologiste Mélanie Vogel. « Il est dangereux que l’archipel « devienne l’otage de calculs politiques ou de décisions hâtives dictées par le calendrier parisien », a pesté le sénateur indépendantiste calédonien Robert Wienie Xowie.

Les groupes communiste et écologiste se sont opposés au texte, ainsi qu’une poignée d’élus ultramarins et Rassemblement national.

 

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le