Nouvelle-Calédonie : l’Élysée décide de déclarer l’état d’urgence
Credit:NICOLAS JOB/SIPA/2405150831

Nouvelle-Calédonie : l’Élysée décide de déclarer l’état d’urgence

Le président de la République a annoncé que le gouvernement allait instaurer l’état d’urgence dans l’archipel, touché par des violences meurtrières, à partir de cet après-midi.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

2 min

Publié le

La réponse de l’exécutif est réhaussée d’un cran, face à la dégradation de la situation sécuritaire en Nouvelle-Calédonie, où l’on comptabilise désormais trois morts dans les violences qui ont débuté lundi. Au terme d’un conseil de défense, le président de la République a pris la décision de mettre en place l’état d’urgence. Le décret sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres convoqué à 16h30.

« Toutes les violences sont intolérables et feront l’objet d’une réponse implacable pour assurer le retour de l’ordre républicain », a indiqué la présidence de la République dans un communiqué.

Ce régime d’exception, figurant dans la loi du 3 avril 1955, peut être déclaré sur tout ou partie du territoire, en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public. Sa durée est de douze jours. Au-delà de ce délai, il ne peut être prolongé que dans le cadre d’une loi votée par le Parlement.

Il permet de renforcer les pouvoirs des autorités civiles et de restreindre certaines libertés publiques ou individuelles. Dans le cadre de l’état d’urgence, le ministre de l’Intérieur et les préfets sont notamment habilités à interdire des manifestions et rassemblements de personnes sur la voie publique, ou certaines réunions publiques, et à mettre en place de périmètres de protection pour assurer la sécurité d’un lieu. Les autorités peuvent également mener des perquisitions administratives, réquisitionner des personnes ou des moyens privés, ou encore prononcer des assignations à résidence.

L’état d’urgence déjà décrété pour la Nouvelle-Calédonie en janvier 1985

Depuis sa création, ce régime d’exception a été appliqué en particulier lors des attentats pendant la guerre d’Algérie, au moment des événements en Nouvelle Calédonie (1985), lors des violences urbaines en 2005 et à la suite des attentats terroristes de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Le couvre-feu mis en place à Nouméa ne nécessitait pas l’instauration de l’état d’urgence.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Iran Israel Usa : U.S. and Israeli Forces Strike Tehran as Part of Major Military Offensive
7min

Politique

Iran : « Les institutions iraniennes peuvent continuer de fonctionner quand bien même leurs dirigeants seraient éliminés »

Après la confirmation de la mort du guide suprême ce dimanche 1er mars, l’Iran rentre dans l’après-Khamenei. Que prévoient les institutions iraniennes pour remplacer le guide suprême ? Le régime peut-il tenir après avoir perdu son chef ? Qui pourrait émerger pour le remplacer ? La chercheuse Amélie M. Chelly, auteure de Iran : autopsie du chiisme politique (Ed. du Cerf), répond à nos questions.

Le

President Donald Trump Returns to the White House, Washington, District of Columbia, United States – 01 Mar 2026
8min

Politique

Guerre en Iran : comment Donald Trump peut-il justifier l’intervention auprès des Américains ?

En participant aux côtés de Israel à l’opération militaire en Iran, Donald Trump pourrait déconcerter son électorat qui a voté pour la promesse de la fin des guerres américaines au Moyen-Orient, coûteuses en hommes et en deniers publics. Depuis le début des frappes samedi matin, le président américain et son administration peinent à justifier cette opération tout en n’excluant pas l’envoi de troupes au sol. Rédhibitoire pour une bonne partie de la population américaine.

Le

Nouvelle-Calédonie : l’Élysée décide de déclarer l’état d’urgence
3min

Politique

Guerre en Iran : « La France est en guerre depuis ce matin », estime le général Vincent Desportes

Dans un contexte de contagion de la guerre à l’ensemble du Moyen-Orient après l’intervention israélo-américaine en Iran, la France a annoncé mener « des actions défensives proportionnées. » Une position qui implique de « prendre part » à cette guerre, explique le général Vincent Desportes, qui a aussi rappelé que les intérêts politiques et économiques poursuivis par Donald Trump dans cette intervention.

Le