Nouvelle-Calédonie: Mélenchon démissionne en mettant Valls en cause
Le chef de file des députés Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a démissionné vendredi de la mission parlementaire sur la Nouvelle...

Nouvelle-Calédonie: Mélenchon démissionne en mettant Valls en cause

Le chef de file des députés Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a démissionné vendredi de la mission parlementaire sur la Nouvelle...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le chef de file des députés Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a démissionné vendredi de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, présidée par Manuel Valls, dénonçant "un personnage extrêmement clivant" qui aurait une "proximité avec les thèses ethnicistes de l’extrême droite".

"Un accord d’origine inconnue a décidé de confier la présidence de cette mission à monsieur Manuel Valls (désormais député apparenté La République en marche, ndlr). On ne saurait faire choix plus inapproprié. Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l’extrême droite", écrit M. Mélenchon dans une lettre au président de l'Assemblée, François de Rugy, dont l'AFP a eu copie.

Il rappelle notamment ses propos sur les "white" et "blancos", saisis par une caméra en 2009, et pointe une "proximité" de l'ex-Premier ministre "avec les dirigeants de l’extrême droite israélienne".

"Corvée: siéger avec l'ignoble Valls à la commission Nouvelle-Calédonie. Ici, qui vient-il trahir?", avait tweeté mardi le député des Bouches-du-Rhône dès la réunion constitutive de la mission.

"M. Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant qu’une telle mission impose (...). Nous en voyons un signe supplémentaire quand nous l’entendons accuser notre groupe de complaisance pour les assassins islamistes", ajoute-t-il dans son courrier.

L'ex-chef du gouvernement a accusé récemment les députés LFI d'"un discours islamo-gauchiste".

Aux yeux de M. Mélenchon, l'accusation est "formulée dans les termes de l’extrême droite" et "confirme l'inaptitude du personnage à mesurer ses propos". Les parlementaires LFI "redout(ent) ce qu’il pourrait être conduit à dire à propos des personnes à qui ses préjugés ethniques ou politiques viendraient à l’opposer dans le dossier de la mission".

"A la veille d’un référendum décisif (d'autodétermination en 2018, ndlr), ce choix sonne comme un signe de manque d’intérêt qui relègue le sujet à une opération de repêchage d’un ancien Premier ministre", alors même que "celui-ci a déjà été désavoué de toutes les façons possibles dans un passé trop récent", d'après l'ancien candidat à la présidentielle.

M. Mélenchon souligne qu'il regrette de devoir démissionner après avoir "suivi personnellement chaque étape de la vie politique du territoire depuis avant même les accords entre ses protagonistes".

Dans la soirée, François de Rugy lui a répondu dans un communiqué adressé à l'AFP que "la création et la constitution de la mission" s'étaient déroulées "dans des conditions parfaitement conformes au règlement" de l'Assemblée, n'excluant "aucune force politique".

"Les divergences politiques que vous exprimez avec Monsieur Valls sont non seulement contestables mais par ailleurs totalement étrangères à la question de la Nouvelle-Calédonie, ou à son action passée et présente, notamment en tant que Premier ministre, en faveur de ce territoire et en lien avec ses élus de tous bords", a ajouté le président de l'Assemblée, déplorant la "nature des propos tenus" par le leader des Insoumis, et regrettant son "refus" d'apporter sa contribution à la mission.

"Nouvelle-Calédonie: JL. Mélenchon quitte la mission parlementaire car Manuel Valls la préside. L'archipel et le Parlement s'en remettront", a répondu de son côté dans un tweet le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand.

Partager cet article

Dans la même thématique

Nouvelle-Calédonie: Mélenchon démissionne en mettant Valls en cause
3min

Politique

Présidentielle 2027 : « J’ai toujours considéré que Jean-Luc Mélenchon était le vote inutile à gauche », souligne Patrick Kanner

Le président des sénateurs socialistes ne se montre pas surpris par les intentions de vote élevées, que recueille le leader de la France insoumise, dans notre baromètre Odoxa. L’ancien ministre des Sports rappelle qu’une campagne présidentielle est un « marathon » et que l’enjeu pour la gauche est de faire émerger un candidat capable de l’emporter face au Rassemblement national au second tour.

Le

Nouvelle-Calédonie: Mélenchon démissionne en mettant Valls en cause
3min

Politique

Deux TGV Paris-Nice immobilisés : le ministre des Transports plaide en faveur « d’un projet de loi-cadre » pour augmenter les investissements sur le rail

Deux TGV Paris-Nice immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après une rupture de caténaire, sont arrivés avec sept heures de retard dans la nuit. Sans électricité, les deux trains n’étaient plus climatisés. Au micro de Public Sénat, le ministre des Transports, Philippe Tabarot chiffre à 4 milliards et demi d’euros les investissements pour que le réseau fonctionne de « manière beaucoup plus optimum » lors de fortes chaleurs.

Le

Nouvelle-Calédonie: Mélenchon démissionne en mettant Valls en cause
5min

Politique

Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.

Le