Paris : Vote au Senat pour le projet de loi immigration
On Tuesday evening, the Senate adopted the Immigration Act. The senators, dominated by an alliance of the right and centre, largely adopted this compromise text by 214 votes to 114. The Macronist group in the Senate voted overwhelmingly in favour, along with Les RÃ'publicains and the centrist group. The three left wing groups vigorously opposed it. Paris, 19/12/2023. Le Senat a adopte, ce mardi soir, le projet de loi immigration. Les senateurs, domines par une alliance de la droite et du centre, ont largement adopte ce texte de compromis a 214 voix contre 114. Le groupe macroniste au Senat a vote majoritairement pour, avec Les RÃ'publicains et le groupe centriste. Les trois groupes de gauche s y sont vigoureusement opposes. Paris, le 19/12/2023.//CEZARDGABRIELLE_GC_senatvoteloiprojetimmigration_54/Credit:Gabrielle CEZARD/SIPA/2312192213

Nouvelle-Calédonie : pourquoi Gérald Darmanin demande une seconde délibération sur le projet de loi constitutionnelle 

Mardi 2 avril, le Sénat se prononcera par un vote solennel sur le projet de loi constitutionnelle visant à élargir le corps électoral pour les élections provinciales de Nouvelle Calédonie. Mais lors de l’examen des articles, un amendement du rapporteur LR, Philippe Bas, a passablement irrité Gérald Darmanin qui a demandé une seconde délibération du texte.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

6 min

Publié le

Mis à jour le

Passé relativement inaperçu, l’examen du projet de loi constitutionnelle visant à élargir le corps électoral pour les élections provinciales de Nouvelle Calédonie s’est déroulé dans une ambiance plutôt tendue entre les élus de la chambre haute et le ministre de l’Intérieur.

Alors que le contexte politique néo-calédonien est tendu après le rejet des trois référendums sur l’autodétermination de l’archipel, le Sénat examinait mardi dernier un texte qui ouvre le corps électoral aux élections provinciales aux personnes résidant depuis plus de dix ans en Nouvelle-Calédonie. Des élections cruciales car les provinces détiennent une grande partie des compétences. La répartition des sièges dans les provinces conditionne la répartition des sièges au Congrès [le Parlement local], qui détermine ensuite le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Depuis la révision constitutionnelle de 2007, seules les personnes inscrites sur les listes électorales avant l’Accord de Nouméa de 1998 peuvent voter aux élections provinciales. Sans réforme, le gel du corps électoral depuis des années a pour conséquence d’évincer de ces élections près d’un électeur sur cinq, ce qui ferait peser un risque d’inconstitutionnalité sur le prochain scrutin qui doit se dérouler avant le 15 décembre 2024, selon une loi organique adoptée il y a quelques semaines.

Gérald Darmanin accuse le Sénat « d’empêcher » la tenue des élections provinciales

Le gouvernement comme les sénateurs s’accordent pour dire que ces élections provinciales sont un préalable indispensable à la poursuite des négociations locales sur l’avenir institutionnel de l’île qui sont au point mort depuis des mois. La gauche de l’hémicycle estime néanmoins qu’il n’y a pas « d’urgence institutionnelle » à faire évoluer le corps électoral, le Conseil d’Etat ayant donné jusqu’au 30 novembre 2025 pour organiser les élections provinciales. Elle dénonce « le passage en force » de l’exécutif et met en cause son impartialité au détriment des indépendantistes.

Gérald Darmanin pensait donc pouvoir compter sur le soutien de la majorité sénatoriale pour adopter le texte vite, c’est-à-dire avant le 1er juillet. Or, un amendement du rapporteur LR Philippe Bas, a compromis, selon lui, la possibilité d’un vote conforme des députés. Pour mémoire, un projet de loi constitutionnelle doit être adopté à l’identique à l’Assemblée avant d’être soumis à tous les parlementaires réunis en Congrès, où une majorité des trois cinquièmes sera nécessaire.

L’amendement de Philippe Bas supprime l’habilitation donnée au gouvernement de pouvoir organiser par décret le prochain scrutin provincial. « Soucieux d’éviter tout contournement du Parlement », l’amendement remplace le décret par une loi organique votée dans les conditions d’une loi ordinaire afin de conserver cet objectif de rapidité. « Il peut se passer des choses dans la vie d’une majorité relative ». « L’amendement du rapporteur empêche de convoquer les élections suffisamment à temps », a d’abord souligné le ministre évoquant la possibilité d’une nouvelle pandémie ou d’une motion de censure. « Si nous ne votons pas conforme avec l’Assemblée nationale, il n’y aura pas de révision constitutionnelle le 1er juillet », a-t-il tancé en faisant remarquer que le groupe socialiste soutenait l’amendement du rapporteur, ça « devrait vous poser un certain nombre de questions ».

« Le contexte national interfère sur le sujet calédonien »

L’amendement a bien été adopté mais Gérald Darmanin a depuis envoyé un courrier au président du Sénat, Gérard Larcher pour lui demander une seconde délibération de l’article amendé. Conformément à l’article 43 du règlement du Sénat, une seconde délibération doit être acceptée par le gouvernement et le Sénat. Gérard Larcher est actuellement en déplacement au Congo. « Nous en parlerons à son retour », indique un cadre de la majorité.

Le sénateur non-indépendantiste Georges Naturel (LR) s’inquiète « de voir le contexte national interférer sur le sujet calédonien ». « J’ai été élu en septembre dernier, j’ai vécu les débats budgétaires et la loi immigration et je comprends bien que l’élément principal de cette affaire, c’est la défense des prérogatives des parlementaires. Mais j’observe aussi que les indépendantistes et loyalistes sont en campagne électorale pour les élections provinciales, ce qui bloque tout accord sur l’avenir institutionnel ».

« C’est tout simplement une exigence démocratique »

Contacté par publicsenat.fr, Philippe Bas maintient sa position. « La commission des lois pourra en débattre bien sûr (de la demande de seconde délibération). Mais ce n’est pas possible sans contrevenir gravement à nos exigences constitutionnelles car ce qui touche au droit de suffrage des Français doit bénéficier de la garantie d’un vote de la représentation nationale et non dépendre d’un acte du gouvernement. C’est tout simplement une exigence démocratique. Cela n’empêche d’ailleurs pas d’aller vite et le Sénat est naturellement prêt à y contribuer, comme il l’a toujours fait ».

Deux questions restent en suspens. La demande de seconde délibération sera-t-elle acceptée par Gérard Larcher qui suit lui aussi le dossier calédonien de près. Et si c’est le cas, le retour à la version du gouvernement sera-t-il voté dans l’hémicycle ? « En commission, la majorité sénatoriale soutenait l’amendement de Philippe Bas. La pression du gouvernement est venue en séance. La demande de seconde délibération du gouvernement s’inscrit probablement dans le deal avec les députés pour avoir un vote conforme », esquisse la sénatrice écologique, Mélanie Vogel.

Ce n’est pas la première fois qu’un amendement de Philippe Bas perturbe la majorité sénatoriale. Il y a un an, c’est grâce à l’un de ses amendements que la Haute assemblée avait voté pour la première fois l’inscription de l’IVG dans la Constitution. Cette semaine, Gérald Darmanin a d’ailleurs pris soin d’appuyer sur les divergences qui peuvent exister au sein de la majorité. « Vous commandez le Sénat sans doute. Mais ça reste à voir quand on entend vos discussions avec vos amis centristes et parfois avec le président de la commission des lois ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Nouvelle-Calédonie : pourquoi Gérald Darmanin demande une seconde délibération sur le projet de loi constitutionnelle 
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

Nouvelle-Calédonie : pourquoi Gérald Darmanin demande une seconde délibération sur le projet de loi constitutionnelle 
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le

Nouvelle-Calédonie : pourquoi Gérald Darmanin demande une seconde délibération sur le projet de loi constitutionnelle 
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le