Nouvelle-Calédonie : « Renoncer au Congrès me paraîtrait extrêmement dangereux », avertit François-Xavier Bellamy

Rappelant que la réforme constitutionnelle sur le corps électoral en Nouvelle-Calédonie est le fruit d’un long processus démocratique, entamé par les accords de Nouméa, le député européen (LR) François-Xavier Bellamy estime que le gouvernement ne doit pas reculer malgré les violences meurtrières qui frappent ce territoire du Pacifique depuis une semaine.
Romain David

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« Le retour au calme se poursuit sur l’ensemble du territoire », indique dans un communiqué publié mardi matin le représentant de l’Etat en Nouvelle-Calédonie, le Haut-commissaire Louis Le Franc. Huit jours après une flambée de violences, déclenchée par l’adoption de la réforme constitutionnelle sur le corps électoral dans l’archipel, un texte que rejettent les indépendantistes, le gouvernement tente de reprendre la main sur « Le Caillou ». Plus de 2 700 effectifs de sécurité ont été déployés ces derniers jours, mais Nouméa et son agglomération continuent d’être le théâtre d’affrontements.

Plusieurs partis politiques d’opposition, comme La France insoumise et le Rassemblement national, appellent désormais à suspendre la réunion du Congrès qui doit entériner la révision constitutionnelle, et qui pourrait se tenir fin juin. « Renoncer au Congrès me paraîtrait extrêmement dangereux et je crois que, malheureusement, Emmanuel Macron l’a déjà trop fait dans le passé », a réagi l’eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy au micro de Public Sénat. « Il me semble qu’aujourd’hui, le grand danger serait de donner raison à la violence une fois de plus, une fois de trop dans notre pays, et de considérer que la violence peut avoir le dernier mot », avertit l’élu, qui appelle l’exécutif à mener la réforme « à son terme ».

« Nous n’avons pas le droit de créer un précédent »

« Cette réforme est nécessaire. Elle est le résultat de trois référendums successifs, de tout un processus entamé depuis des années dans le cadre des accords de Nouméa. Les Calédoniens ont dit que la Nouvelle-Calédonie était française et qu’ils voulaient rester français », rappelle celui qui mène la liste LR pour les élections européennes. « Le pire serait qu’après avoir soutenu une démarche comme celle-ci, nous finissions par faire marche arrière parce que la violence a sévi sur le territoire calédonien, parce qu’elle a conduit à des pillages, à des brutalités et même à des meurtres », avertit François-Xavier Bellamy. « C’est une situation terrible, mais nous n’avons pas le droit de créer un précédent. »

« L’apaisement consiste à montrer de la fermeté »

« Il y a toujours des discussions en cours entre les différents partis calédoniens et les autorités de l’État. Et je pense qu’il faut espérer que ces discussions permettent d’arriver à un consensus d’ici la période prévue pour le Congrès », relève notre invité. « Donc, la première chose : tentons de faire en sorte que tout ceci, effectivement, puisse se résoudre par le dialogue. »

« Mais si le dialogue ne devait pas permettre d’arriver à un consensus, il ne faut pas pour autant reculer. Parce que cela voudrait dire qu’en France, il suffit de mettre en œuvre la violence, le chaos et le meurtre pour pouvoir avoir raison », martèle François-Xavier Bellamy. « Je trouve irresponsable et révoltante la position de partis politiques comme le Rassemblement national qui a voté en faveur du dégel du corps électoral et qui, trois jours plus tard, au motif que la violence a frappé la Nouvelle-Calédonie, décide de changer de position, de considérer que ce dégel est irresponsable alors qu’ils l’ont voté eux-mêmes. »

« Que feront ces dirigeants demain si d’autres régions françaises – je pense à la Corse qui a été traversée elle aussi par des violences très importantes -, devaient s’embraser ? Est-ce qu’ils lâcheraient tout au motif qu’il faut apaiser ? Je crois que c’est le contraire de l’apaisement. L’apaisement consiste à montrer de la fermeté », conclut François-Xavier Bellamy.

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