Nouvelles routes de la soie : Macron avance « sur une voie étroite »
Les invités de l’émission « On va plus loin », débattent des relations entre la Chine et la France, alors que le président chinois est à Paris.

Nouvelles routes de la soie : Macron avance « sur une voie étroite »

Les invités de l’émission « On va plus loin », débattent des relations entre la Chine et la France, alors que le président chinois est à Paris.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le président chinois Xi Jinping est en visite officielle en France. Cette visite se déroule au moment où la Chine développe les « nouvelles routes de la soie », gigantesque programme d’investissements, qui suscite des craintes de la part de l’UE et des États-Unis.

« La France a refusé jusqu’à présent de cautionner « les nouvelles routes de la soie », comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni » explique Pierre Haski, le président de Reporters sans frontières, qui connaît bien la Chine pour y avoir été correspondant de Libération, pendant plusieurs années. « En fait, il y avait les grands pays européens qui s’étaient entendus, l’année dernière, lors du premier grand forum des « routes de la soie » à Pékin, pour ne pas signer un texte qui abaissait les standards internationaux, en termes d’endettement, de gouvernance etc. Et là, il vient d’y avoir un « coin » dans cette unité, avec la décision de l’Italie, de signer un protocole d’accords avec la Chine, sur ces « routes de la soie ». Je ne suis pas sûr qu’il faille dramatiser la décision italienne (…) Mais en ce qui concerne la France, Emmanuel Macron essaie d’avancer sur une voie étroite qui est de ne pas entrer en confrontation avec la Chine, en rejetant complètement la coopération avec ce pays dont on craint l’hégémonie et dont on ne peut plus se passer. Et de l’autre côté, il n’accepte pas de rentrer dans le jeu de Pékin. Cette voie est assez étroite. »

Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction de l’Express, spécialiste des questions internationales, estime qu’il « ne faut pas être pessimiste » : « La décision italienne est à relativiser parce que ce n’est pas une décision stratégique majeure, même si c’est une inélégance affirmée à l’égard de l’esprit européen (…) Le jeu d’Emmanuel Macron est de prendre la tête d’un mouvement européen (…) La Chine est un pays qui peut avoir besoin de l’Europe puisqu’[elle] est désormais à moins de 7% de croissance (…)  Il y a une espèce de terrain d’entente possible à condition de trouver le bon langage. »

A la question de savoir si l’Europe doit avoir peur de la Chine, Alain Frachon, éditorialiste au Monde, répond : « De toute façon, la Chine est là. La question qui se pose vraiment c’est « quel type de rapports, on entretient avec ? » (…) La Chine, à l’horizon 2050, représentera près de 20% du PIB mondial (…) Elle sera le pays qui produit le plus de richesse. L’Inde, 15%, les États-Unis, 12%, l’Union européenne 9% (…) A ce jour, nous (l’UE) sommes le principal partenaire commercial de la Chine. Donc cela veut dire que nous avons des moyens de pression, des moyens de négociation. Et cette négociation, naturellement, la Chine préfère la mener de manière unilatérale. Parce que c’est beaucoup plus facile, pays par pays. C’est là où la démarche de Macron est (…)  très très importante. C’est de dire « vous voulez une relation bilatérale avec nous ? Eh bien non. Moi, je vais vous imposer une relation multilatérale, même si elle n’est pas prévue au départ. Je vais inviter Juncker, le patron de la Commission et je vais inviter Madame Merkel en tant que principale puissance économique de l’Union ». »

 

Vous pouvez voir et revoir ce débat, en intégralité :

OVPL. Débat en intégralité sur les rapports entre la France et la Chine
26:41

Partager cet article

Dans la même thématique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron a-t-il tiré un trait sur sa promesse d’une application d’ici la fin de son mandat ?

Après la censure par le Conseil constitutionnel, au mois d'août, d'un texte visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé, lundi, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'avancer sur un texte européen en la matière. Mais l'harmonisation de cette interdiction au niveau des 27 pourrait prendre du temps et contrecarrer le calendrier du chef de l'État, qui en avait fait un engagement de son dernier quinquennat.

Le