Nouvelles routes de la soie : Macron avance « sur une voie étroite »
Les invités de l’émission « On va plus loin », débattent des relations entre la Chine et la France, alors que le président chinois est à Paris.

Nouvelles routes de la soie : Macron avance « sur une voie étroite »

Les invités de l’émission « On va plus loin », débattent des relations entre la Chine et la France, alors que le président chinois est à Paris.
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Le président chinois Xi Jinping est en visite officielle en France. Cette visite se déroule au moment où la Chine développe les « nouvelles routes de la soie », gigantesque programme d’investissements, qui suscite des craintes de la part de l’UE et des États-Unis.

« La France a refusé jusqu’à présent de cautionner « les nouvelles routes de la soie », comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni » explique Pierre Haski, le président de Reporters sans frontières, qui connaît bien la Chine pour y avoir été correspondant de Libération, pendant plusieurs années. « En fait, il y avait les grands pays européens qui s’étaient entendus, l’année dernière, lors du premier grand forum des « routes de la soie » à Pékin, pour ne pas signer un texte qui abaissait les standards internationaux, en termes d’endettement, de gouvernance etc. Et là, il vient d’y avoir un « coin » dans cette unité, avec la décision de l’Italie, de signer un protocole d’accords avec la Chine, sur ces « routes de la soie ». Je ne suis pas sûr qu’il faille dramatiser la décision italienne (…) Mais en ce qui concerne la France, Emmanuel Macron essaie d’avancer sur une voie étroite qui est de ne pas entrer en confrontation avec la Chine, en rejetant complètement la coopération avec ce pays dont on craint l’hégémonie et dont on ne peut plus se passer. Et de l’autre côté, il n’accepte pas de rentrer dans le jeu de Pékin. Cette voie est assez étroite. »

Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction de l’Express, spécialiste des questions internationales, estime qu’il « ne faut pas être pessimiste » : « La décision italienne est à relativiser parce que ce n’est pas une décision stratégique majeure, même si c’est une inélégance affirmée à l’égard de l’esprit européen (…) Le jeu d’Emmanuel Macron est de prendre la tête d’un mouvement européen (…) La Chine est un pays qui peut avoir besoin de l’Europe puisqu’[elle] est désormais à moins de 7% de croissance (…)  Il y a une espèce de terrain d’entente possible à condition de trouver le bon langage. »

A la question de savoir si l’Europe doit avoir peur de la Chine, Alain Frachon, éditorialiste au Monde, répond : « De toute façon, la Chine est là. La question qui se pose vraiment c’est « quel type de rapports, on entretient avec ? » (…) La Chine, à l’horizon 2050, représentera près de 20% du PIB mondial (…) Elle sera le pays qui produit le plus de richesse. L’Inde, 15%, les États-Unis, 12%, l’Union européenne 9% (…) A ce jour, nous (l’UE) sommes le principal partenaire commercial de la Chine. Donc cela veut dire que nous avons des moyens de pression, des moyens de négociation. Et cette négociation, naturellement, la Chine préfère la mener de manière unilatérale. Parce que c’est beaucoup plus facile, pays par pays. C’est là où la démarche de Macron est (…)  très très importante. C’est de dire « vous voulez une relation bilatérale avec nous ? Eh bien non. Moi, je vais vous imposer une relation multilatérale, même si elle n’est pas prévue au départ. Je vais inviter Juncker, le patron de la Commission et je vais inviter Madame Merkel en tant que principale puissance économique de l’Union ». »

 

Vous pouvez voir et revoir ce débat, en intégralité :

OVPL. Débat en intégralité sur les rapports entre la France et la Chine
26:41

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