Nucléaire iranien : « L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime le chercheur Thierry Coville
Invité de l’émission « On va plus loin », Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran, analyse la crise autour de l’accord sur le nucléaire iranien.

Nucléaire iranien : « L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime le chercheur Thierry Coville

Invité de l’émission « On va plus loin », Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran, analyse la crise autour de l’accord sur le nucléaire iranien.
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Un an après l’annonce du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne (accord sur le nucléaire iranien) et le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran, Téhéran a annoncé mercredi 8 mai renoncer à respecter deux clauses de cet accord international sur son programme nucléaire. En réaction, l’Union européenne a rejeté jeudi 9 mai, ce qu’elle appelle « l’ultimatum » de l’Iran, tout en rappelant son attachement à cet accord.

« L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran. « Un accord a été signé, validé par une résolution des Nations Unies, il faut qu’il soit appliqué. Donc il faut que l’Iran respecte sa part, ce qu’il faisait, mais en échange il faut qu’il y ait une levée des sanctions et que [les Iraniens] aient les bénéfices économiques de l’accord. Quelque part, l’accord n’est pas tenu puisqu’il n’y a pas les « récompenses » que l’Iran attendait. Là, les Européens sont conscients que le pire des scénarios est que l’Iran sorte de l’accord (…) Si on veut éviter cela (…) il faut absolument que l’Europe agisse vraiment. Il faut arrêter les beaux discours. »

Le chercheur, spécialiste de l’Iran, voit la réaction iranienne comme quelque chose de « très réfléchi » : « C’est très calculé (…) Il y a eu une déclaration hier du vice-ministre des affaires étrangères iranien qui a dit : « Notre décision c’est d’aller graduellement vers une sortie de l’accord ». Donc, ils sont sérieux. Il faut les prendre au sérieux. Par contre, pour l’instant, ils sont toujours dans l’accord. Donc l’idée [pour les Iraniens] c’est d’y aller graduellement pour donner une chance pour que l’Europe réagisse. »

« Depuis un an, il faut voir que, du fait des sanctions américaines, [les Iraniens] sont tombés dans une crise économique et sociale profonde. L’inflation a atteint fin 2018, d’après le FMI [fonds monétaire international - NDLR]) 50% en Iran. »

Quant à l’attitude américaine, Thierry Coville est catégorique : « Les États-Unis mettent une pression maximum sur l’Iran en dehors du droit international et il n’y a aucune perspective politique parce qu’on sait très bien (…) que c’est impossible que l’Iran accepte de négocier sur les douze points. Le risque maximum que voient bien les Européens, c’est qu’à un moment l’Iran commence à en avoir assez (…) et qu’il sorte de l’accord. Et ça, je pense que ça met sérieusement les États-Unis assez mal à l’aise. »

 

Vous pouvez voir et revoir cet entretien, en intégralité :

OVPL. Interview de Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran (en intégralité)
08:12

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