Nucléaire iranien : « L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime le chercheur Thierry Coville
Invité de l’émission « On va plus loin », Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran, analyse la crise autour de l’accord sur le nucléaire iranien.

Nucléaire iranien : « L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime le chercheur Thierry Coville

Invité de l’émission « On va plus loin », Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran, analyse la crise autour de l’accord sur le nucléaire iranien.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un an après l’annonce du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne (accord sur le nucléaire iranien) et le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran, Téhéran a annoncé mercredi 8 mai renoncer à respecter deux clauses de cet accord international sur son programme nucléaire. En réaction, l’Union européenne a rejeté jeudi 9 mai, ce qu’elle appelle « l’ultimatum » de l’Iran, tout en rappelant son attachement à cet accord.

« L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran. « Un accord a été signé, validé par une résolution des Nations Unies, il faut qu’il soit appliqué. Donc il faut que l’Iran respecte sa part, ce qu’il faisait, mais en échange il faut qu’il y ait une levée des sanctions et que [les Iraniens] aient les bénéfices économiques de l’accord. Quelque part, l’accord n’est pas tenu puisqu’il n’y a pas les « récompenses » que l’Iran attendait. Là, les Européens sont conscients que le pire des scénarios est que l’Iran sorte de l’accord (…) Si on veut éviter cela (…) il faut absolument que l’Europe agisse vraiment. Il faut arrêter les beaux discours. »

Le chercheur, spécialiste de l’Iran, voit la réaction iranienne comme quelque chose de « très réfléchi » : « C’est très calculé (…) Il y a eu une déclaration hier du vice-ministre des affaires étrangères iranien qui a dit : « Notre décision c’est d’aller graduellement vers une sortie de l’accord ». Donc, ils sont sérieux. Il faut les prendre au sérieux. Par contre, pour l’instant, ils sont toujours dans l’accord. Donc l’idée [pour les Iraniens] c’est d’y aller graduellement pour donner une chance pour que l’Europe réagisse. »

« Depuis un an, il faut voir que, du fait des sanctions américaines, [les Iraniens] sont tombés dans une crise économique et sociale profonde. L’inflation a atteint fin 2018, d’après le FMI [fonds monétaire international - NDLR]) 50% en Iran. »

Quant à l’attitude américaine, Thierry Coville est catégorique : « Les États-Unis mettent une pression maximum sur l’Iran en dehors du droit international et il n’y a aucune perspective politique parce qu’on sait très bien (…) que c’est impossible que l’Iran accepte de négocier sur les douze points. Le risque maximum que voient bien les Européens, c’est qu’à un moment l’Iran commence à en avoir assez (…) et qu’il sorte de l’accord. Et ça, je pense que ça met sérieusement les États-Unis assez mal à l’aise. »

 

Vous pouvez voir et revoir cet entretien, en intégralité :

OVPL. Interview de Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran (en intégralité)
08:12

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le