Nucléaire : « Nous n’avons pas d’autre énergie aussi puissante et offrant une empreinte carbone neutre », estime Sophie Primas

Nucléaire : « Nous n’avons pas d’autre énergie aussi puissante et offrant une empreinte carbone neutre », estime Sophie Primas

Le groupe Les Républicains du Sénat propose ce mardi 23 mars, un débat invitant le gouvernement à préserver la place de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique français. Pour ces sénateurs, la décarbonation de l’économie doit passer pour une poursuite des investissements dans le nucléaire, mais aussi dans les énergies renouvelables.
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Par Joseph Stein

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40 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins d’ici 2030. C’est l’objectif du projet de loi Climat et résilience, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Pour faire face au dérèglement climatique, le gouvernement entend décarboner l’économie française. Toutefois, une centaine de sénateurs Les Républicains craignent que les moyens pour atteindre cet objectif soient insuffisants. Ils souhaitent que le gouvernement conserve, dans la production d’électricité, une place centrale pour le nucléaire.

C’est ce que le groupe LR du Sénat demande ce mardi, en présentant une proposition de résolution invitant le gouvernement « à mettre en cohérence sa politique énergétique avec ses ambitions écologiques ». Une résolution n’a pas de valeur contraignante mais exprime une préoccupation de la part des sénateurs. Cet appel, les élus le justifient par le fait que le projet de loi Climat et résilience aborde peu les questions énergétiques. « Nous sommes étonnés que le projet de loi soit muet sur la question nucléaire », déclare Sophie Primas, sénatrice LR des Yvelines, l’une des élues allant présenter le texte.

Le problème, pour les élus LR de la Haute Assemblée, c’est que la politique énergétique du gouvernement est peu crédible. L’exécutif s’est à la fois fixé comme buts de réduire la consommation d’énergies fossiles de 40 % jusqu’en 2030 et de diminuer la part du nucléaire dans la production électrique à 50 % d’ici 2035. Des ambitions difficiles à mettre en œuvre, analysent les sénateurs, dans la mesure où le gouvernement s’est basé sur l’hypothèse de la baisse de la consommation en énergie de la population à hauteur de 50 % à l’horizon 2050.

« Electrification massive des usages »

Un cap jugé « irréaliste » par le groupe LR. Il avance qu’entre 2012 et 2019, la consommation énergétique a peu diminué, passant de 154,4 à 152,2 mégatonnes équivalent pétrole. Avec l’électrification des moyens de transport et la 5G, les besoins en électricité devraient d’ailleurs augmenter. Sophie Primas évoque une « électrification massive des usages ».

Face à cette perspective, les sénateurs LR appellent à ne pas compter sur la baisse de la consommation en énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre. Ils recommandent plutôt de miser sur une production électrique plus propre. Pour cela, il convient d’en finir avec les énergies fossiles, mais les parlementaires LR espèrent aussi que le nucléaire conservera sa « prédominance au sein du mix énergétique ». D’après une étude des think tanks Agora Energiewende et Ember, le nucléaire était à l’origine de 67 % de la production électrique française en 2020.

« Nous n’avons pas d’autre énergie aussi puissante et offrant une empreinte carbone neutre que le nucléaire », estime la sénatrice des Yvelines, qui espère « remettre en question le programme de fermeture des centrales nucléaires ». Elle appelle également à continuer à investir dans cette source d’énergie, tout d’abord en finissant l’EPR de Flamanville, mais aussi en finançant des recherches pour améliorer la sécurité des centrales et le traitement des déchets nucléaires.

Assurer l’approvisionnement en électricité

Une idée qui ne va pas de soi, dix ans après la catastrophe de Fukushima et le débat sur la sortie du nucléaire. Néanmoins, les sénateurs LR voient dans cette source d’énergie un moyen d’assurer l’approvisionnement électrique du pays. Or cet apport en électricité court le risque d’être rompu, depuis la fermeture de la centrale de Fessenheim en juin 2020. Les élus LR du Sénat rappellent que pour satisfaire aux pics de demande en énergie durant cet hiver, la centrale à charbon de Saint-Avold a été mise à contribution plus souvent que les années précédentes. De l’électricité a aussi été importée d’Allemagne, où elle est issue à 40 % d’énergies fossiles.

« Nous devons prendre garde à ne pas tomber dans des situations de black-out, qui nous pousseraient à acheter sur le marché européen, où l’on produit l’électricité aussi avec des centrales à charbon », regrette Sophie Primas, pour qui une telle solution serait « mentir aux Français ». « Quand nous aurons des alternatives propres, alors nous pourrons fermer les centrales », affirme la présidente de la commission des affaires économiques du Sénat.

Investir dans les énergies renouvelables aussi

La sénatrice fait référence aux énergies renouvelables. Avec les autres sénateurs à l’origine de la proposition de résolution, elle considère que l’éolien, le solaire ne suffisent pour l’instant pas à compenser une baisse du nucléaire dans la production électrique, en ce que ces énergies sont « intermittentes et non pilotables ». Pour cette raison, les sénateurs LR soutiennent le nucléaire en arguant que c’est le « principal atout pour assurer notre souveraineté énergétique et décarboner notre mix électrique ». Le secteur nucléaire représente par ailleurs 2 600 entreprises et 220 000 salariés.

Pour autant, la sénatrice des Yvelines conseille de « ne rien écarter : tout ce qu’on peut faire dans les énergies renouvelables, notamment dans l’hydrogène, il faut le faire et il faut investir ». Et d’ajouter : « Mais il ne faut pas désinvestir dans le nucléaire ».

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