Numerus clausus, hôpitaux de proximité: la loi santé au Conseil des ministres mercredi
Suppression du numerus clausus et transformation des hôpitaux de proximité seront au cœur du projet de loi santé présenté...

Numerus clausus, hôpitaux de proximité: la loi santé au Conseil des ministres mercredi

Suppression du numerus clausus et transformation des hôpitaux de proximité seront au cœur du projet de loi santé présenté...
Public Sénat

Par Aurélie CARABIN, Gabriel BOUROVITCH

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Suppression du numerus clausus et transformation des hôpitaux de proximité seront au cœur du projet de loi santé présenté mercredi en Conseil des ministres par Agnès Buzyn, étape majeure dans la "réforme globale" du système de soins promise par l'exécutif.

C'est "une loi qui va favoriser l'accès aux soins partout en France", assure la ministre de la Santé, qui était en déplacement sur ce thème lundi avec le Premier ministre Edouard Philippe en Indre-et-Loire.

Le texte, qui arrivera au Parlement en mars et doit être voté d'ici à cet été, traduit une partie des mesures du plan "Ma Santé 2022" détaillées en septembre par Emmanuel Macron.

Parmi elles, la suppression, dès la rentrée 2020, du numérus clausus et du redoutable concours limitant le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine, sages-femmes, dentaires ou de pharmacie.

Le gouvernement doit encore préciser comment seront sélectionnés les futurs soignants. "Mettre fin au numerus clausus ne veut pas dire abandonner toute forme de régulation", donc "il y aura toujours une forme de sélection à la fin de la première année", a prévenu la ministre de l'Enseignement supérieur dans un entretien à L'Obs publié lundi.

"Préciser les critères de cette sélection fait partie des objets de la concertation à venir", ajoute Frédérique Vidal, qui doit participer mardi après-midi à une réunion sur ce thème à l'université de Reims.

La ministre précise toutefois que "les épreuves ne s'appuieront pas uniquement sur des batteries de QCM, comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui".

Il s'agit aussi de "diversifier les profils" des futurs docteurs en favorisant les passerelles entre cursus universitaires, tout en maintenant une sélection exigeante.

- "Concertation insuffisante" -

Autre gros enjeu, la révision de la carte hospitalière, avec d'un côté la labellisation de 500 à 600 "hôpitaux de proximité" à l'horizon 2022, de l'autre la fermeture de certaines activités à certains endroits, dans des conditions qui seront précisées par ordonnances, dans un délai de 18 mois après la publication de la loi.

Sans chirurgie ni maternité, les nouveaux hôpitaux de proximité se recentreraient sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, en lien avec la ville (les libéraux). Un moyen, selon Agnès Buzyn, "de redonner des investissements" à ces établissements souffrant "d'un manque d'attractivité".

Dans le même temps, le régime des autorisations des activités de soins (chirurgie, maternité, urgences...) et des "équipements matériels lourds" comme les IRM sera modifié "avec un double objectif de qualité et de sécurité", d'après le texte.

D'autres mesures visant à élargir l'accès aux données de santé, à régulariser des médecins diplômés hors d'Europe et exerçant dans des hôpitaux français ou encore à créer des actes de "télésoin" pour les infirmiers figurent au programme.

Ce n'est pas le cas d'autres volets du plan "Ma Santé 2022", comme la réforme du financement des hôpitaux, sur laquelle planche encore le gouvernement en vue du prochain budget de la Sécurité sociale.

Ou la création de 4.000 postes d'assistants médicaux pour redonner du temps de soins aux médecins, et le déploiement de 1.000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) censées favoriser le travail en équipe des libéraux et la prise en charge des urgences non vitales pour soulager l'hôpital, qui font l'objet de négociations entre l'Assurance maladie et les syndicats de professionnels de santé.

"Nous n'avons pas tous les éléments du puzzle", déplore auprès de l'AFP le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, qui dénonce par ailleurs, dans une tribune cosignée par les associations d'élus locaux, une "concertation insuffisante" en amont du projet de loi.

Le mois dernier, le président de l'Ordre des médecins, Patrick Bouet, avait également regretté que les "acteurs de terrain" ne soient pas associés à sa rédaction, fustigeant "un recours important aux ordonnances".

Interrogé sur ces critiques lundi lors de son déplacement en Indre-et-Loire, le Premier ministre a souligné qu'il y avait eu "beaucoup" de consultations depuis février 2018. "Et il va continuer à y en avoir énormément", a-t-il dit, en précisant que Mme Buzyn rencontrerait mardi les grandes associations d'élus.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le