Nupes : « Il faut éviter le social-populisme porté par une partie de LFI », estime Nicolas Mayer-Rossignol

Invité de notre matinale, le Premier secrétaire adjoint du Parti socialiste est revenu sur l’élargissement de la Nupes, en estimant que « le rassemblement de la gauche » devait se recentrer et inclure Bernard Cazeneuve. Le but pour lui, éviter le « social-populisme » porté par « une partie de LFI. » Sur les élections européennes, le maire de Rouen exclut une liste avec LFI, mais évoque une liste commune avec Place publique et les EELV.
Louis Mollier-Sabet

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Alors que Bernard Cazeneuve a réuni les membres de son mouvement « La Convention » et certains anciens éléphants du Parti Socialiste – comme Jean-Christophe Cambadélis ou François Hollande – Nicolas Mayer-Rossignol, le maire socialiste de Rouen, n’était pas présent à la fête de la gauche « sans décibels », pour des raisons personnelles assure-t-il. S’il « reste socialiste », il estime que la gauche « a besoin » de Bernard Cazeneuve.

« On ne peut pas dire que la gauche est faible et exclure ceux qui pensent différemment »

« On ne peut pas dire que la gauche est faible, que l’on doit avoir une gauche large, plus équilibrée et exclure ceux qui pensent différemment », affirme le Premier secrétaire délégué du Pari socialiste, concurrent d’Olivier Faure au dernier Congrès. Pour le maire de Rouen, Bernard Cazeneuve « porte le centre-gauche », et permettrait donc d’élargir « le rassemblement de la gauche », sous la forme « Nupes », qui est actuellement assimilée à LFI et Jean-Luc Mélenchon par les Français, estime-t-il.

« Il y a des changements à mettre en œuvre, on ne doit pas être dans un retour vers le passé, sur l’écologie notamment. Mais il faut aussi éviter le social-populisme, éviter l’outrance et les tabous », poursuit Nicolas Meyer-Rossignol. D’après lui, le « social-populisme », « c’est dire des choses pour flatter un électorat alors que vous ne le ferez pas demain. »

Une méthode politique « portée par une partie de LFI, qui domine le rassemblement de la gauche à l’Assemblée nationale. » Un diagnostic qui semble distinguer le Premier secrétaire délégué du Parti socialiste de son Premier secrétaire tout court. Une divergence qu’assume le maire de Rouen : « Le Parti socialiste est divisé en deux, parce qu’il y a un débat qui est sain. Je n’ai rien de personnel avec Olivier ou quiconque. »

« Faire une liste avec des partenaires, qui refusent jusqu’au drapeau européen, ce n’est pas possible »

Sur les élections européennes, notamment, Nicolas Meyer-Rossignol exclut toute alliance avec LFI, qui n’est pour le moment pas officiellement à l’agenda du Parti socialiste : « La direction du PS doit dire beaucoup plus clairement, comme l’ont fait Fabien Roussel, Marine Tondelier, que nous avons des valeurs, des convictions et que nous sommes pro-européens. Ainsi, faire une liste avec des partenaires, que nous respectons, qui ont d’autres idées, mais qui refusent jusqu’au drapeau européen dans leurs salles de meeting, ce n’est pas possible. Et ce n’est pas grave »

Nicolas Meyer-Rossignol ne ferme en revanche pas la porte à une liste commune avec Place Publique, de Raphaël Glucksmann, comme lors des Européennes 2019, et même avec EELV : « Raphaël Glucksmann est très proche de nous, cela aurait du sens que l’on soit ensemble. Les écologistes peuvent avoir des considérations stratégiques différentes, mais sur le fond, on est proche de qui ? Ils sont peut-être plus fédéralistes, mais on est beaucoup plus proches [d’eux que de LFI]. » Jusqu’à présent, EELV a toujours indiqué vouloir présenter une liste autonome.

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