Nupes : « Il faut éviter le social-populisme porté par une partie de LFI », estime Nicolas Mayer-Rossignol

Invité de notre matinale, le Premier secrétaire adjoint du Parti socialiste est revenu sur l’élargissement de la Nupes, en estimant que « le rassemblement de la gauche » devait se recentrer et inclure Bernard Cazeneuve. Le but pour lui, éviter le « social-populisme » porté par « une partie de LFI. » Sur les élections européennes, le maire de Rouen exclut une liste avec LFI, mais évoque une liste commune avec Place publique et les EELV.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors que Bernard Cazeneuve a réuni les membres de son mouvement « La Convention » et certains anciens éléphants du Parti Socialiste – comme Jean-Christophe Cambadélis ou François Hollande – Nicolas Mayer-Rossignol, le maire socialiste de Rouen, n’était pas présent à la fête de la gauche « sans décibels », pour des raisons personnelles assure-t-il. S’il « reste socialiste », il estime que la gauche « a besoin » de Bernard Cazeneuve.

« On ne peut pas dire que la gauche est faible et exclure ceux qui pensent différemment »

« On ne peut pas dire que la gauche est faible, que l’on doit avoir une gauche large, plus équilibrée et exclure ceux qui pensent différemment », affirme le Premier secrétaire délégué du Pari socialiste, concurrent d’Olivier Faure au dernier Congrès. Pour le maire de Rouen, Bernard Cazeneuve « porte le centre-gauche », et permettrait donc d’élargir « le rassemblement de la gauche », sous la forme « Nupes », qui est actuellement assimilée à LFI et Jean-Luc Mélenchon par les Français, estime-t-il.

« Il y a des changements à mettre en œuvre, on ne doit pas être dans un retour vers le passé, sur l’écologie notamment. Mais il faut aussi éviter le social-populisme, éviter l’outrance et les tabous », poursuit Nicolas Meyer-Rossignol. D’après lui, le « social-populisme », « c’est dire des choses pour flatter un électorat alors que vous ne le ferez pas demain. »

Une méthode politique « portée par une partie de LFI, qui domine le rassemblement de la gauche à l’Assemblée nationale. » Un diagnostic qui semble distinguer le Premier secrétaire délégué du Parti socialiste de son Premier secrétaire tout court. Une divergence qu’assume le maire de Rouen : « Le Parti socialiste est divisé en deux, parce qu’il y a un débat qui est sain. Je n’ai rien de personnel avec Olivier ou quiconque. »

« Faire une liste avec des partenaires, qui refusent jusqu’au drapeau européen, ce n’est pas possible »

Sur les élections européennes, notamment, Nicolas Meyer-Rossignol exclut toute alliance avec LFI, qui n’est pour le moment pas officiellement à l’agenda du Parti socialiste : « La direction du PS doit dire beaucoup plus clairement, comme l’ont fait Fabien Roussel, Marine Tondelier, que nous avons des valeurs, des convictions et que nous sommes pro-européens. Ainsi, faire une liste avec des partenaires, que nous respectons, qui ont d’autres idées, mais qui refusent jusqu’au drapeau européen dans leurs salles de meeting, ce n’est pas possible. Et ce n’est pas grave »

Nicolas Meyer-Rossignol ne ferme en revanche pas la porte à une liste commune avec Place Publique, de Raphaël Glucksmann, comme lors des Européennes 2019, et même avec EELV : « Raphaël Glucksmann est très proche de nous, cela aurait du sens que l’on soit ensemble. Les écologistes peuvent avoir des considérations stratégiques différentes, mais sur le fond, on est proche de qui ? Ils sont peut-être plus fédéralistes, mais on est beaucoup plus proches [d’eux que de LFI]. » Jusqu’à présent, EELV a toujours indiqué vouloir présenter une liste autonome.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
12min

Politique

Municipales : les sondages sont-ils fiables ?

Faut-il se méfier des sondages pour les municipales ? Durant la campagne, la question s’est posée après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le

Nupes : « Il faut éviter le social-populisme porté par une partie de LFI », estime Nicolas Mayer-Rossignol
5min

Politique

« Certains souhaitaient la fusion, d’autres non » : à Paris, le camp de Pierre-Yves Bournazel divisé sur le choix de rejoindre Rachida Dati au second tour

La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.

Le