Nupes : « Nous devons tranquillement et sereinement assumer nos différences », affirme Johanna Rolland
Invitée de notre matinale, Johanna Rolland est revenue sur les dynamiques actuelles de la gauche et du parti socialiste. La maire PS de Nantes ne rejoint pas Bernard Cazeneuve et ceux qui critiquent la participation du PS à la Nupes, tout en « assumant sereinement » des différences avec LFI.

Nupes : « Nous devons tranquillement et sereinement assumer nos différences », affirme Johanna Rolland

Invitée de notre matinale, Johanna Rolland est revenue sur les dynamiques actuelles de la gauche et du parti socialiste. La maire PS de Nantes ne rejoint pas Bernard Cazeneuve et ceux qui critiquent la participation du PS à la Nupes, tout en « assumant sereinement » des différences avec LFI.
Louis Mollier-Sabet

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La fronde, c’est presque un sport national au Parti socialiste. Loin des grandes heures de la fronde de l’aile gauche sous François Hollande, c’est aujourd’hui plutôt l’aile droite du parti qui gronde. Bernard Cazeneuve a publié à la rentrée un manifeste signé par 400 personnes défendant « une autre gauche » qui ne serait pas « sous la domination de Jean-Luc Mélenchon. » Un tacle à Olivier Faure et à la direction actuelle du parti, qui se sont fortement engagés dans l’accord qui a fondé la Nupes. Johanna Rolland, maire PS de Nantes n’a pas signé ce manifeste. Elle confie pourtant avoir « un profond respect pour Bernard Cazeneuve » et « se retrouver dans un certain nombre de valeurs » portées par l’ancien Premier ministre. « En revanche, certaines choses me manquent profondément », explique l’ancienne directrice de campagne d’Anne Hidalgo, qui détaille : « Ce texte est tellement animé d’une forme d’opposition à la Nupes et LFI, que Bernard Cazeneuve en a oublié de citer le combat contre le RN. La dimension écologique portée ne me paraît pas au rendez-vous des enjeux de notre temps, et on parle aussi trop peu des quartiers politiques de la ville. »

« Ma position sur l’Europe n’est pas celle de la LFI, c’est clair »

Dans le débat théorique qui agite la gauche depuis quelques semaines, autour de la valeur travail et des classes populaires, Johanna Rolland estime « qu’il y a un enjeu pour la gauche à renouer avec les classes populaires, qu’elles habitent dans la France périphérique ou dans les quartiers populaires. » D’après elle, le Parti socialiste n’a pas perdu ce lien « à l’échelle locale », mais « a du pain sur la planche » au niveau national. Elle ne fustige pas non plus la coalition de la Nupes : « J’ai soutenu l’accord avec la Nupes, parce qu’il y avait une aspiration très forte au rassemblement et c’est une coalition, pas une fusion. Je crois que ça appartient au PS de porter une voix forte dans cette coalition. Le rassemblement de la gauche et des écologistes est un impératif. La Nupes a globalement fonctionné d’un point de vue électoral. »

Tout en réaffirmant devoir « assumer sereinement et tranquillement » les différences politiques au sein de cette coalition : « Ma position sur l’Europe n’est pas celle de la LFI, c’est clair. Cela fait partie des lignes sur lesquelles nous ne transigerons pas. C’est une coalition. Un parti politique ne doit pas être monolithique, le PS a été fort à l’époque où les gens portaient des sensibilités diverses, cela a été une faiblesse quand ça s’est transformé en concurrence entre écuries. C’est sur le fond qu’on doit se positionner. »

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